‹ Mémoires d'un journaliste (volume 4)Chapitre 11 sur 20 · M. OUDARD · texte numérisé non relu

M. OUDARD

« Il nous est démontré que le corps de ce billet et v< la signature P. L*** dont il est souscrit, et les mots y € En cas de déménagement^ payable chez M. J, Le- « comte.,, sont émanés de la main de l'inculpé; qu'il « les a tracés sans déguisement^ et sans imitation de « la signature L***. »

« Eh bien I dites, à présent, y a-t-il un crime ? y avait-il une intention frauduleuse? Est-ce que cet homme a démontré autre chose que son étourderie ? C'est ce qu'a bien vite reconnu M. L***, lui-même, dans une lettre que voilà, et daiis laquelle il déplore ce qui a été fait :

« Si j'avais bien connu l'intention du coupable, (t dit-il, intention clairement exprimée par la note « sur le lieu de payement, je n'aurais rien dit, <ar « cette note témoigne mieux l'embarras et Télourderie « que rintention de frustrer. »

Quoi qu*il eu fût, Jules Lecomte se vit condamner. Parti en Belgique avant les poursuites, il revint à Paris pour purger sa contumace et fut acquitté.

Mais le coup était porté, tous les ennemis qu'il s*élait faits se mirent à éplucher son passé, et, comme sa jeunesse avait été assez orageuse, les arguments ne manquèrent pas contre lui.

• Au lieu de se faire oublier, Jules Lecomte, irrité contre tous, fut encore plus agressif qu'il n'avait jamais été. Même quand on ne pensait pas à lui, il croyait voir des allusions à ses antécédents.

Gomme le pamcide de la fable, il supposait qu'il était en butte à l'attention de tout le monde et, comme lui, eût dit eu montrant ceux-là mêmes qui ne pensaient pas à sa personne :

Ces oisillons menteurs^ que confonde le ciel, Me reprochent d'avoir assassiné mon père !

Jules Lecomte, convaincu qu'on ne s'occupait que de lui, que de ses mésaventures, se retira du monde, bien que continuant à écrire. Au lieu de dédaigner les plaisanteries, qu'on faisait sur ce procès d'où, en

résumé, il était sorti aoquitté, il s'assombrit et regarda tout le monde avec soupçon.

Entrait-il dans un endroit où étaient réunies plusieurs personnes de sa connaissance, il était persuadé qu'on n'y parlait que de lui et qu'on changeait de conversation à son arrivée. Il hésitait à partir, convaincu qu'on s'occuperait de son passé dès qu'il serait sorti. Gela est si vrai que lorsqu'il donna le Luxe au Théâtre- Français (une pièce récompensée par le ministère), on disait dans les couloirs, le soir de la première représentation : « 11 paraît qu'il n'y aura pas d'entr'actes à cette pièce. — Pourquoi? demandaient les plus naïfs. — Parce que Jules Lecomte a peur qu'on ait le temps de parler de lui entre les lever et baisser de rideau ! »

On racontait aussi que, doutant du succès de ira pièce, il s'était écrié dans un moment d'expansion :

— Je me contenterais d'un succès d'estime !

— Vous n'êtes pas dégoûté! lui avait soi-disant répondu un autre homme de lettres.

Les plaisanteries s'amoncelèrent contre lui, et ce qu'il y a de plus triste, c'est qu'elles étaient moins motivées par ses faiblesses que par la jalousie qu'excitait son talent. C'était à qui le prendrait pour cible, es uns par légèreté^ les autres par méchanceté.

Par exemple : on supposait que Lecomte, à la recherche d'un logeaient, était monté dans une maison :

— Cet appartement me convient parfaitement, disait-il au concierge; sur quelle rue donnent ces fenêtres ?

— Rue Duphoty répondait le portier.

Et Jules Lecomte se sauvait.

Un autre jour, U était en voyage et à la recherche d'un hôtel. Très-difficile pour la question de logement, il ne pouvait se décider pour aucune chambre. L'hôtelier, à bout d'offres et de propositions, se frappait tout à coup la tête en disant :

— J*ai ce qu'il vous faut; conduisez monsieur à la sixième chambre !

J'en oublie et de plus terribles encore.

On comprend aisément dans quel état de rage continue vivait Jules Lecomte quand ces plaisanteries lui tombaient sous les yeux. Au lieu de paraître les ignorer, il y répondait presque toujours directement ou indirectement, et quand il eût dû se retirer, rentrait encore plus acharné dans la lutte. D'un autre côté, ses adversaires, convaincus qu'il ferait un jour quelque

éclat, accumulaient notes sur notes pour les lui jeter au visage.

Bien que je ne fusse pas des amis de Jules Lecomte, qui gardait rancune au Figaro de n'avoir pas pris son parti dans certaines occasions et même d'avoir accueilli quelques mots piquants sur lui, la persécution organisée contre sa personne le rendait presque intéressant.

Un jour, passant rue Vivienne, je rencontrai Bala» thier, qui déjà à eette époque dirigeait le journal le Voleur.

— Savez-vous, me dit-il, la nouvelle sottise que fait Jules Lecomte : il va poursuivre devant les tribunaux M. Soubiranne, directeur du journal de modes la Pénélope. •

— Pourquoi ? lui demandai-je.

— Parce que, dans une polémique engagée entre eux, il a vu des allusions à son passé et qu'il veut en finir avec toutes les piqûres d'épingles qu'on lui adresse depuis longtemps.

— Soit, mais quel inconvénient voyez-Vous à cela ?

— Quel inconvénient ! mais il est perdu s'il fait ce procès ! Ses ennemis profiteront de l'éclat de la publicité des tribunaux pour mettre au jour toutes les suppositions diffamatoires qu'ilsiont amassées contre lui, pour

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tourner sous un certain jour des actes blâmables, mais bien loin de la gravité qu*on cherchera à leur donner. En un mot, comme il a blessé tout le monde, jusqu'aux gens de justice, tout le monde sera contre lui et, entrant comme accusateur au tribunal, il aura l'air d*y comparaître comme accusé, il m*a été donné de parcourir le dossier, il est formidable I

— C'est bien terrible, dis-je à Balathier, mais il n'y a rien à faire à tout cela.

— Si! me dit-il, si un ami voulait lui donner le conseil de retirer sa plainte, tout serait fini.

— Je n'y puis rien, dis-je à Balathier. en le quittant.

Je n'ai jamais, je l'ai dit plus haut, été des amis de Lecomte; il voyait des gens plus sérieux que moi, des hommes politiques, etc., etc ; il était des rares qu'on admettait au foyer du Théâtre-Français, et nous n'avions que fort peu de relations.

En quittant Balathier, je pensais à toutes ces choses, et je me demandais, connaissant plus intimement Lecomte, si j'oserais lui donner le conseil de ne pas poursuivre.

Presque en même temps que je faisais ces réflexions, je me trouvai, au coin d'une rue, nez à nez avec lui.

En le voyant; je ne pus m'euipécher de pousser le cri de surprise que provoque la réalisation immédiate

et inattendue d'une idée qui est dans votre cerveau.

— Comment! vous voilà! lui dis-je,

— Mais oui, me répondit-il, et je suis dans tous mes tourments.

Je pensai d'abord qu*il faisait allusion à sa situation ; mais je fus vite détrompé.

— Figurez-vous, me dit-il, que je donne un grand dîner ce soir; j'ai tel, tel et tel et aussi Lacbaud.

Quelque petite rancune que j'eusse contre lui, à cause de nos demi-polémiques, le cœur prit le dessus, et je ne pus m'empécher de lui dire :

— Ma foi tant mieux, si vous avez Lachaud, il vous donnera un bon conseil, celui de ne pas plaider.

— Pourquoi ? fit-il avec étonnement.

— Écoutez, lui dis-je, parlons franchement; je ne suis pas, moi, un juge d'instruction, je n'ai ni le droit ni le désir de fouiller dans votre vie, mais puisque le hasard fait que je vous rencontre aujourd'hui, ce ne doit pas être sans raison. Vous intentez en ce moment un procès qui va attirer l'attention de tout le public parisien ; le hasard qui me fait vous trouver au coin de cette rue a voulu aussi que je sache une chose irèsimportante pour vous.

— Laquelle?

. — C'e&t que vos ennemis ont recueilli des renseigne-

ments terribles pour vous ; qu'il n'est pas de légèreté de jeunesse qui n'y ait pris sa place, et que l'action que vous avez intentée ne peut que faire dégénérer en un scandale dont vous serez la victime. C'est fen vain que vous pouvez avoir de bonnes raisons à donner, que Lachaud est un avocat de premier ordre, vous êtes perdu, car vous avez la Cour contre vous ! Tout naturellement vous êtes le plaignant, vous gagnerez votre procès, mais vous n'obtiendrez qu'une réparation qui vous coûtera cher.

Pendant que je lui disais tout cela avec la conviction que m'avait donnée le récit de Balathier, je n'avais pas quitté des yeux le visage de Jules Lecomte. Il était devenu sérieux, triste même.

— Mais que faire? se demanda-t-il comme à luimême.

— Retirer votre plainte, vous n'avez pas le choix.

Il resta près d'une minute sans me répondre, paraissant en proie à mille pensées.

— Eh bien? lui dis-je.

— Eh bien... eh bien, non; je ne puis plus reculer à présent! il le faut ; il le faut, vous dis-je ; je veux en finir, il arrivera ce qu'il arrivera !

Nous nous quittâmes.

Je me demandais en m'en allant quelle raison pou-

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vait pousser ainsi cet homme à courir au-devant de sa perte. J'ai su depuis que la direction de l'Indépendance belge, où il écrivait, comme je Tai dit, lui avait fait signifier qu'il eût à prendre un parti dans cette affaire et que, s'il ne poursuivait pas^ il ne devait plus compter au nombre de ses rédacteurs.

Le procès eut donc lieu.

La défense de M. Soubiranne fut présentée par M* Desmarets, celle de Jules Lecomte par M" Lachaud. Le tout Paris du monde des lettres et des arts était à l'audience. Surexcités par l'opinion publique, les notes des journaux, etc., les^ juges eux-mêmes considéraient comme un acte bien osé à Jules Lecomte d'amener quelqu'un devant eux. 11 faut lire la Gazelle des Tribunaux de l'époque pour savoir avec quel dédain la défense et le tribunal traitèrent Jules Lecomte ; entré à l'audience comme accusateur, il y fut traité comme accusé dès là première question.

Pour donner idée de ce procès, qui fit scandale, je citerai d'abord lé premier interrogatoire de Jules Lecomte. On verra, au ton du président, que la Cour était loin d'être prévenue en sa faveur.

Je copie :

A deux heures, l'un dos huissie'rs annonce lé tribunal.

M. LE Président. Appelez la cause Soubiranne contre Legomte.

M* Lachaud, se levant brusquement. Je prendrai la liberté de faire observer au tribunal que nous sommes demandeurs originaires...

H. le Président. Oui, mais le premier article dont se plaint M. Soubiranne étant le premier en date, c'est à M* Desmarets de s'expliquer le premier.

M" Lachaud, visiblement contrarié. Cette forme inusitée...

M. le Président. Le tribunal Ta ainsi décidé. — S'adressant aussitôt à M.Soubiranney il l'interroge sur ses nom, prénoms, âge et motifs de la plainte reconventionnelle qu'il a cru devoir porter. — Se tournant vers Jules Lecomte, D. Votre nom? — R. Jules Lecomte.

D. (Après avoir jeté les yeux sur l'un des dossiers qu'il a devant lui.) Vous n'avez pas d'autres prénoms? — R. Je ne m'appelle que Jules.

(M. Marie, avocat impérial et le tribunal semblent se regarder avec étonnement.)

D. Votre âge? — R. 44 ans...

D. N'êtes-vous pas né le 27 juin 1810?— B. 45 ans, si vous voulez.

JULES LEGOMTë. â2.i

M. LE Président. Non... vous avez 46 ans révolus.

(M. le greffier écrit 46 ans, d'après un document arrivé de Boulogne, qu'il semble consulter en ajoutant au prénom de Jules celui de François.)

D. Quels sont les rubans que je vois à votre boutonnière? — R. Celui de la Couronne de Chêne de Hollande et celui de Parme. L'un est vert et jaune, Tautre rouge et blanc...

D. Vous êtes autorisé à porter l'un? — R. Oui.

D. Le rouge domine dans l'autre, qui ne peut être que celui d'une médaille de sauvetage de Parme. (Vivement.) Ce n'est pas le ruban de la Légion d'honneur? — R. (Très-bas.) Non.

M. LE Président. M^ Desmarets, vous avez la parole.

Le fond du débat était une suite d'articles dirigés par Jules Lecomte contre madame Ristori pour défendre RacbeU On pourra juger d'après un des articles incriminés de l'aigreur qu*avait prise la question et du talent mordant que Jules Lecomte avait déployé. Jusqu'aux compliments, tout était perfide dans ces articles qui resteront comme les modèles du genre.

Voici l'article qui avait attiré ce funeste orage sur la tête de Jules Lecomte ; mes lecteurs constateront que son auteur savait avoir la dent aiguë quand il le voulait.

âi6 SCfeNKS INTIMES.

On parle dés libertés delà presse d'aujourd'hui; il y aura intérêt à la comparer avec celle d'il y a vingt ans.

Je prends seulement les passages principaux :

« Madeinoiselle Rachel pai tit pour r Amérique , laissant dédaigneusement madame thstori s'enveloppei^ d'une de ses ehlamydes oubliées.

« La femme dont elle venait troubler la gloire ainsi éloignée^ madame Ristori, eii habile Italienne qu'elle est^ ne perdit pas de temps. La Comédie-Française avait commis la haute inconvenance de laisser l'étrangère venir débiter un rôle de mademoiselle Rachel sur le théâtre de mademoiselle Rachel; madame Ristori abdiqua peu à peu les premières modesties de son attitude et résolut de s'emparer des rôles de son aînée en gloire, sinon en âge. Non contente de jouer Marie- Stuarty elle se fit traduire Phèdre, elle chercha à obtenir 3/^df>, elle conçut bien d'autres projets encore!

« Il était temps pour madame Ristori de trouver ce rôle! son pâle et vide répertoire italien laissait pour ainsi dire affamées sa passion et a^on ardeur. Le public dtvenait indifférent aux appels de Myrrha, de la Pla, de Rosammida, des œuvres oh l'horreur lutte avec t ennui profond. Encore quelques semaines qi madame Ristori était traitée en France comme en Italie ; M. Legouvé

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Ta sauvée d^ceplmgrafidpérilqui soitpouru7i artiste: V indifférence. Avec Médée^ le théâtre tragique italien vena probablement revenir tous ceux qui avaient précé' demment vu la tragédienne étrangère dans Vun de ses cinq ou six rôles déjà usés.

« ... Mais madame Ristori a de puissantes qualités naturelles qu'elle a largement répandues sur cette œuvre qu'elle peut considérer comme un bienfait dans sa carrière déjà avancée.

« Ces qualités sont une vive sensibilité qui touche magnétiquement lorsqu'elle n'arrive pas à l'afféterie, et une chaleureuse passion qui émeut lorsqu'elle ne s'égare pas jusqu'à Vexagération. L'afféterie dans les sentiments doux, l'exagération dans les passions violentes, tels sont les écueils de ce grand talent, qui s'est, l'autre soir, sauvé d'un voisin abandon par une créatioyi superbe ; madame Ristori est bien cette actrice de proie qui remue la foule! Pour les gens de goût il lui manque évidemmeîit les dons acquis d'une bonne éducation tragique^ l'élégance, la pureté, la sobriété, la distinction, toutes choses qui éclatent si uniquement dans Rachel. Madame Ristori^ c'est Dorval! Dorval passionnée, déchaînée, impérieuse, avec des élans magnifiques et des manques de goût absolus; une ardente enfant de la nature, une bohémienne ! Elle a passé vingt ans de sa carrière, cette Ristori, à cabotiner dans son

pays, de foire en foire, apprenant un rôle par semaine, pour satisfaire un public à quinze sous par paire d'oreilles. Sa jeunesse et sa beauté se sont usées dans ce métier pénible, et Dieu sait combien, avant de se revêtir *de cette tunique orange dessinée par Ary Schefjfer, elle a endossé de haillons mébdramatiqiLes pour attirer un peu de ce public transalpin^ affolé de musique I Elle les a joués par centaines, ces rôles iradmts par un pître, ces pièces emportées de nos boulevards et consommées ensuite, sans façon, par les librettistes italiens, insultant dans leurs préfaces les auteurs qu'ils détroussent... .

c La soirée a donc été superbe, et une assistance brillante a accepté avec toute sympathie le délire que la Ristori a causé à ses nombreux compatriotes entassés à toutes les petites places de la salle. On Ta rappelée à Titalienne, sept ou huit fois. Des bottes de ileurs sont tombées des hauteurs amies ou domestiquées, de toutes les avant-scènes.

c C'est un succès moitié naturel pour la France, moitié artificiel pour Tltalie, qui restera assez bruyant pour attirer la foule. Nous l'enregistrons en conscience comme une émotion de la semaine et comme le salut très-opportun de madame Ristori. Nous sommes même persuadé qu'aux représentations suivantes, elle y sera plus belle encore, car la fièvre du premier soir a dû

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ajouter encore à l'exagération qui est le penchant naturel de la grande artiste italienne. Madame Ristdri a, entre autres, une pose, une attitude qu'elle fera bien de surveiller. C'est aux instants de fureur haineuse, alors quelle rentre sa tête dans sa poitrine, arrondit le dos, se penche en avant et les bras étendus plus avant encore, qu'elle semble vouloir déchirer et mordre en montrant je ne sais quelles griffes qui s'emmanchent au bout des longs bras. Elle fera bien aussi de mieux dessiner ses mains, un peu grandes, et dont^ elle fait souvent un usage disgracieux. Quant à la continuelle cantilène de son débit, nous n'en parlons plus; c'est l'école italienne qu'il faut accuser de cette déclamation chromatique, de cette mélopée câline qui serait intolérable dans noire langue, tout en étant souvent fort agaçante dans Tidiome qu'on parle à Ventadour. Mais, ce qui rachète fort ces défauts, les uns italiens, les autres tout personnels à l'artiste, c'est sa passion, sa flamme, sa vive intelligence des détails, même lorsqu'ils sont trop puérilement cherchés;- c'est enfin quelque chose de communicatif, de sympathique, qui se dégage de son jeu, de sa voix, et qui agit fortement sur les masses. Je le répète, c'est là un grand succès pour madame Ristori. )»

On juge de l'effet d'un tel article sur les enthou-

siastesdela tragédienne italienne ; les polémiques s'engagèrent. M. Soubiranne, ami de la Ristori, prit sa défense dans son journal; Lecomte répondit comme il savait répondre, avec autant de sous-entendus injurieux que d'esprit. Entre autres articles, il en publia un intitulé :

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