LES MOUTONS
Paresseux moutons, je vous prie, dites-moi pourquoi vous restez dans les champs joyeux, broutant Therbe et les blanches marguerites, du matin jusqu'au soir?
Tout être peut faire quelque chose : mais vous, à quoi
ètes-vous bons?
Tout doux, mon petit monsieur, tout doux! Ne me traitez pas de la sorte, je vous prie; ne voyez-vous pas a laine qui croît sur mon dos? Oh ! comme vous auriez froid,- et bien froid, si je ne vous la donnais pas !
De vrai, cela me semble amusant de tondre les marguerites au printemps; mais que de fraîches nuits je passe sur l'humide et froid gazon ! ou quel maigre dîner je ronge sur la lande aride et sombre!
Puis le fermier arrive enfin, quand le gai printemps est passé, et il coupe toute ma jaquette Laineuse pour vous chauffer au temps d'hiver. Petit monsieur, voilà pourquoi je reste dans les gaies prairies.