V' MOI
Il me semble que de ce côté-là on nous a feit d'assez grands sacrifices.
ROBESPIERRE
C'est ce qui nous sauve , mon cher , aux yeux ,
d'une partie du peuple. On a eu beau proscrire 1^ çv^lte p fermer les églises , avilir autant qije possible les prêtres y les évêque^ et leur Dieu j les pauvres ignorants y tiennent encore, et il nous faut ménager ce qui en reste ; car ils nous sont d'un grand secours. Vous ne sauriez croire combien les membres du clergé qui attachent leurs noms à quelqu'un de îios actes , contribuent aies rendre populaires. ^
Et c'est justenaent a cause du peu qu'ils ont conservé de cette gothique influencé, que je voa>» drais détruire tous ceux qui ne sont pas avec nous, ou 4opt Qous ne sommes pas s^rs.
ROBESPIERRE
Gela viendra.
MOI
Mais êteis-vous donc certains de faire approuyer <}e semblables dçssein^ par l'assemblée ?
i 1 MÉMOIRES
ROBESPIERRE
Notre majorité est toute faite; ce sont ceux qui ont condamné le roi; en les ménageant, en les menaçant par la conviction ou par la crainte, pas un seul ne nous abandonnera. Ils condamneront tout ce que je voudrai* Ils feront des lois pour nos Jacobins , que nos Jacobins exécuteront; ils se débarrasseront eux-méme§ des collègues qui nous gênent. Ils nous élever ront. Alors je leur donnerai un nouveau dieu , une nouvelle religion, etie leur aurai donné, peut-être avant deux ans^ un....
SAINT-JTTST t interrompant.
Attends deux ans, et nous sommes tous perdus; un autre profitera de ton ouvrage.
Arrive vite au beau côté de ton rôle, si tu te sens la force de le jouer. Hâte-toi de pouvoir être généreux , , clément , parce que tu seras fort. . , Sans cela ...
ROBESPIERRE , ai^ec méfiance.
Eh bien î . . . sans cela ?
SAINT- JUST
Allons, je\ais te devenir suspect?:. Mais je te quitte , et j'engage notre collègue à rentrer^ car,
d'un prêtre régicide. i3
pour un convalescent , l'air commence à devenir glacial^ le soleil perd de sa force. Adieu, meilleure santé. Revenez bientôt vous joindre à nous. Nous avons besoin d'être en force., ^ Je vais aux Jacobins...
A la dernière phrase près, c'était l'adieu de Lanjuinais. J'essayai de profiter du conseil de &iint- Just, pour me séparer de Robespierre ; mais il prit mon bras, et voulut que je l'accompagnasse jusqu'au Palais de Justice, où il avoit un ren« dez-vous avec Fouquier-Tinville. Nous atteignîmes enfin la demeure de l'accusateur public , et Maximilien me quitta. Mon agitation et oit extrême. Confident de projets sanguinaires, quels secrets m'avoient été révélés ! Je me flattais ce» pendant que Robespierre n'avait jamais compté sur la conformité parfaite de mes sentiments avec les siens ; mais je trouvais l'explication de sa conduite à mon égard, dans son intention de flatter les membres du clergé, qui s'étoient rangés de son bord. Rentré chez moi , lorsque je calculai la portée criminelle des desseins du dictateur, et cette fatale précipitation de l'élève, que le maître appelait impétuosité de jeune homme , et ces affreuses promesses , et cette association hideuse , je fus tenté d'aller dénoncera
l4 MÉMOIRES
la Convention Robespierre et ses complices. Le temps n'était point encore venu; une antre tâche m'était imposée. Ils me comptaient au nombre des leurs ^ j'avais une part dans, leurs secrets, je devais dono rester au milieu d'eux; défenseur occulte , ma mission était désormais de secourir le faible, dé tendre une main amie à l'opprimé. La suite de ces Mémoires prouvera si j'ai été fidèle à cette détermination.
d'un prêtre régicide. i5
CHAMTRE XXXVIII.
J'accuse Marat. — Le tribnnsd réTolutionnaire. — Triomphe de F Ami du peuple. -^ Le tabouret et la cooroone cÎTÎque.
La révolution , malgré le caractère eiïrayant qu'elle prenait chaque jour, ne marchait pas assez vite au gré de quelques cannibales. \JAmi du peuple fomentait les désordres , provoquait les haines , le meurtre et Finçendie, et ne tendait qu'à mettre les armes à la main aux divers partis. Marat dans un de ses numéros eui l'infemie de rappeler le pillage de la maison Réveillon, et de proposer le renouvellement de pareilles scènes , comme un moyen certain de prévenir la cherté
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des denrées. Docile aux conseils de son a/ni, le* peuple s'assembla dans la même journée , se forma en différentes masses sur les places publiques y et procéda au pillage de plusieurs bou-^ tiques d'épiciers. Les plus graves excès furent commis , avant que la générale eût rassemblé les sections pour y mettre un terme. La populace fut comprimée, mais déjà quelques marchands avaient été ruinés et maltraités par elle.
Il était urgent d'arrêter de pareils désor*»
dres^ et d'appeler la justice sur la tête de celui qui les provoquait. C'était le devoir de la représentation nationale. J'avais d'ailleurs, ainsi que quelques-uns de mes collègues , l'in«» time conviction que ces rassemblements et ce tumulte n'avaient pas seulement pour objet celui que Marat semblait demander. La faction dont il était l'organe , espérait probablement amener le peuple à marcher contre l'assemblée, et peut-être à en demander la dissolution , ou chercher à lui arracher les décrets convenablés au but des factieux. Il fallait donc prévenir l'accomplissement de ces coupables espérances»
Pénétré de cette nécessité , le lendemain du jour dont je viens de parler , je montai à la tribune de la Convention pour peindre les scènes
D*UN PAÊraE RÉGICIDE. f^
qui venaient de se passer, et dont V^mi dupeum pie provoquait encore le renouvellement. Jefinis par demander la mise en accusation de Slarât. Barrère ^ qui prit la parok après moi , appuya ma motion avec force ; quelques autres députés parlèrent dans le même sens. Cependant sur la depiande ^nn de nos collègues , il fut passé à Tordre du jour. « Il suffit , dit ce représentant, M que la France sache qu'hier matin Marat a w prêché le pillage, et que le soir on a pillé, m Je ne m'étais pas trompé sur les projets des anarchistes : peu de jours après la séance dont je viens de parler , les tribunes de la Convention nationale furent encombrées d'une foule d'hommes armés , pour la plupart en guenilles, et que le hasard ne pouvait avoir réunis. Cette visite était dc^ sinistre augure. A peine la séance fut-elle ouverte, que cette horde interrompit à plusieurs reprises nos délibérations par ses cria et ses vociférations. Hle se retira ensuite pour se rendre aux Jacobins et aux Cordeliers , ' où elle fut admise aux honneurs de la séance.
Elle se p©rt» de nouveau dans la soirée , contre la Gon^ventio»; Mais une partie des députés de la Gnron^^ ^^ ^'étaient pas rendlis à cette séance et quelques autres y étaient ^enns armés et
TOHK II. 2
l8 MEMOIRES
disposés à se défendre vigaureusemeat : dé ce nombre étaient Louve t et Barbaroux« Les conspirateurs renoncèrent à leurs projets dès qu'ils parent s'apercevoir qu'ils auraient non pas à assassiner ^ mais à combattre.
Il était impossible de méconnaître l'auteur de ces machinations y et , d'autant plus , que loin de les désavouer, il s'en iaisait gloire. Je montai de nouveau à la tribune pour dénoncer Marat, et cette fois je fus secondé par la grande majorité de l'assemblée, Guadet fit lecture d'une adresse à la société des Jacobins y dans laquelle Yj^mi du peuple prêchait l'insurrection contre la Convention et l'assassinat de ses membres* Cette pièce suffisait pour motiver ma demande et la faire appuyer par les hommes de tous les partis qui n'étaient pas les fauteurs de l'anarchie. Le comité de législation fut chargé d'examiner les charges qui pesaient sur Marat , et son arrestation provisoire fut ordonnée.
Pendant les événements dont je viens de rendre compte y et durant la séance où la représentation nationale fut menacée par les hordes que les t'^rroristes avaient suscitées y la Montagne avait remporté un triomphe qui devait être la source d'innombrables calamités y. et
dVn prêtre régicide. îf)
coûter à la France des torrents de sang : je venx parler de Tinstallation du tribunal révolutionnaire. Marat mis en accusation , malgré les cris de ses complices , y fut renvoyé. Il sot, jusqu'au jour de son jugement, se soustraire auir recherche» que Ton fit de sa personne^ ne fut point incarcéré , et continua lu publication de sa coupable et dégoûtante feuille. Il n'y diminua rien de ses provocations , de ses insultes à la représentation nationale , et annonça à différentes reprises , le jour où il comparaîtrait devant le tribunal qui devait le juger*
Ce moment arrivé , il ne fut pas bien difficile de Voir quelle allait être la nature du jugement. La composition du tribunal l'indiquait assez, et les cris de wi^e Màraty prononcés avec fureur par les vils instruments de la faction dont il était un des meneurs, ne laissaient aucun doute à cet égard. Ces cris le saluèrent dans sa marche et le suivirent jusque dans l'enceintedu tribunal qui devait prononcer sur son sort. Il daigna à peine répondre aux questions qui lui furent adressées par le président , qui d'ailleurs n'avait pas besoin de l'entendre pour prononcer son absolution. Elle lui avait été dictée par le parti qui avait, oi^nisé le tribunal , et dont, la puissance
90 MÉMOIIies
commençait; à ^ nuioifester d'une manière in^ quiétunte*
I^'acquittemeot et le renvoi furent annoncés par ks cris qui avaient suivi l'accusé et qui ^ dans ce moment , retentirent de toutes parts. Aussitôt sa tête hideuse fut couronnée de fleurs et de lauriers. On le posa sur un tabouret^ et il fiit promena triomphalement dans plusieuirs rue» 4e Paris ; puis on le porta à la société des Jacobins qui s'était assemblée à cet effet. Il y reçut les hommages et les félicitations de tous les membres présents. Citait à la Convention que devait se terminer cette indécente et ridicule eé* téfî^onie^ Maratp fut déposé comme -une châsse à ^ place qu'il «oecupait ordinairement. Il y resta jusqu'à la fin delà séapce, conservant la càum ^onne qu'on: avait placée sur sa tête ^ et dont le^ feiuilleâ fiétiâes et pendantes retombant' sur ù figure en^oavraient là f^us grande partie. L'as^ éemblée qui-rarvait repouisé 4^ spn sein et qu'il cabi^niait- jotiraellement ^ f ut ' ain6|i eontraint|& de subir le dé^Ât«t Tairont de cett^ iddiottl^ mfBÙonk :•:.'■' ■ *'-..:.
' 'Des ce momenf je prévis le triomphe assuré dela^Mqnfiagae. Tous lea bons esprits en ju>» ^brent ieomihe» moi^^ et ke hommes dé' bÀeû^ 06tf s
dVb PRÊtRB RÉGICIDE. «ai
qui auraient désiré employer leur pouvoir ou leur influence à faire rétrograder la révolution, durent voir désormais tjue leur rôle était fini, et que celui de victimes dévouées au fer des anarchistes allait être le seul qu'ils auraient à remplir. La chute de Ténergique et généreuse Gironde ne tarda pas à confirmer ce pressentiment. Nous allons voir les nouvelles démarches y les nouveUes machinations des ennemis de la France pour amener ce résultat et les^ attentats dont il pe devait être que l'avapt^ coureur.
^^^ MÉMOIKBÇ
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CHAHTRE XXXIX.
Le 3i mai et le 2 jain. — Marat dénonce les Girondins. — Lanthe^ nas, Faucfaet, Dussault et Isnard remettent leurs poaroîrt. -*- Iianjainais et Barbaroux prolestent. — Les ministres Roland , Le^ f>nm ^ Glayière et les Qircn4ins sont nais en éta^ d'arrestatioq.
J'ai déjà exprimé , à l'égard des Girondins , une opinion que je, crois partagée par tous ceuî^ qui jugent sainement la révolution. Leur répu«? blicanisme , qui se serait assez accommodé d'un gouvernement constitutionnel , semblable c^ celui qui fut donné à la France à la chute do l'empire , devait les rendre suspects au parti qui avait voté la mort du roi , sans appel , sans sursis , et qui voulait fonder sur les échafeuds^j
D^UN PRtrrRE AÉÛICIDE. a 3
son système républicain . Aussi eurent-dis bientôt à lutter contre la Montagne, et dès les premiers pas de cette lutte, il fut- aisé de s'apercevoir qu'elle devait entraîner leur perte. Chaque jour la Montafjne prenait un nouveau degré de popu-. larité, et les Girondins perdaient, danslia même proportion, la considération dont ils avaient joui jusqu'alors. Marat fut le premier qui , en sa qualité deprésident du club des Jacobins, appela par une circulaire envoyée daps les département^, le tonnerre des pétitions contée les traîtres et les délégués, infidèles qui avaimt voulu sauver le tjran^ en votant V appel au peuple ou Iqréclum. sion. Cet énergumène et llobespierre , dont les projets ultérieurs ne tendaient rien moins qu'à envahir la Convention , et à dominer ta France , ne pouvaient se promettre une marche assurée j^ tant qu'il existeraîtau sein de l'Assemblée un parti que ses talents et ses vertus semblaient rendre le gardien de la constitution du i juin ; aussi , la perte de la généreuse Gironde fut-elle jurée.
Apres avoir préparé les voies contre les Girondins , par Je sourdes menées, des calomnies et des accusations de royalisme , on pensa cpi*il était temps d'en venir aux grands coups , et Von se détermina à employer les moyens que
5l4 MÉMOIRES
les diyet^s partis avaient mis en nsage aux époques les plus remarquables de la révolmioir^ Je veux parler des insurrections populaires qui ont toujours semblé à la disposition de la fao tian qui tendait à la domination»
Dans la soirée du i^^ juin , Marat se rendit â l'Hôtel-de-Ville et fit «onner le tocsin. Il réunit epsuite une poignée de misérables qui vinrent à 1^1 Convention demander l'expulsion desreprésentants dont la présence arrêtait les afireux projets des dominateurs. Mais le crime ne detait pas triompher ceA^e fois^ et les pétitionnaires furent éconduits par l'indignation de l'assemblée entière.
Dès le lendemain l'insurrection; s'annonça avec une nouvelle fureur. La générale parcou« rant les rues ^ rassembla la force-*armée , dont Jes différents corps igi^oraient certainement ce qui allait se passer , et les mesures qu'ils étaient appelés à seconder. La Convention ne connaissait que trop bien le projet qui tendait à la désorganiser. L'énergique Gironde avait dans les séances précédentes fait les derniers efforts qui devaient signaler encore son existence.^ La plupart des membres proscrits , ne crurent pas devoir se rendre à 1^ séance ; d'auti^s vinrent
d'ui9 prêtjus régicide. a 5
y c|éfeo(Ue pour, ta dernière fois , les. droits (k leur luaDdât. Quant à moi ^ je n'avais jamais exercé av«c plus de dégoût^ les fonctions qui m'étaient idévolues. Bien convaincu de l'inutilité des eiforts qu'on pourrait faire pour Bpvt^ tenir l'inviolabilité de l'assemblée , et par conséquent du danger sans g^loirè et sans ré^ sultats qu'on s'exposerait à courir en défendant les députés qu'on voulait proscrire ; décidé cependant à ne jamais prêter ma voix et mon vote au parti que je voyais marcher à grands pas vers l'anarchie^ je me ti*ouvais occupant à l'assemblée , un poste où je n'avais aucun but à poursuivre ; dans cet ^^t de dios^ss, mon )?ole devait se borner à celui d'observateur /tôùjoui^ prës cependant à secourir individuellement c^eux de mes coUëgues ou de mes compatriotes • que mes fonctions et mon caractère de député pourraient me mettre à même de soustraire à la proscription ou à la mort.
La séance s'était ouverte au milieu du ()lus affreux tumulte. II ne fit que s'accroître d'instant en instant. Il était au dernier période , lorsqu'une députation de la commune se présenta et fut admise à la barre. Un de $es niembres prit la parole en ces termes. << Oélégués du
» peuple , les citoyens de Paris n'ont pas quitté » les armes depuis quatre jours ; déduis quatre )» jours ils réclament auprès de leurs mandatai- » res, leurs droits indignement trahis ; et depuis w quatre jours^ ces mandataires rient de leur cal- » me et de leur inactive passibiiité. Le flambeau » delaliberlé a pâli;les colonnes de l'égalité sont » ébranlées; les contre-révolutionnaires lèvent » leur tètejinsolente; qu'ils tremblent! la foudre » gronde ; elle va les pulvériser. Représentants, n les crimes des factieux de la Convention vous » sont connus; nous venons pour la derniëre » fois vous les dénoncer. Décrétez à l'instant » qu'ils sont indignes de la confiance publique : » Metteaf-les en état provisoii'e d'arrestation ; » nous en répondons sur nos têtes à leurs dépars » tements. Citoyens, le peuple est lasd'ajourner » sans cesse l'époque de son bonheur , il le laisse )) encore un instant dans vos mains; sauvez^ » le , ou nous vous déclarons qu'il va se sauver » lui-même. »
^La Montagne 9 c'est-^à^ire les membres qui avaient dicté cette insolente pétition l'accueil* lirept par des applaudissements et des bravos prolongés , qui prouvaient la persévérance qu'ils étaient déterminés à mettre dans leurs coupables
d'un PliâTRE RÉGICIDE. H'J
ilesseins; Cependant l'assemblée eut encore assez d'énergie pour la rejeter, et refuser aux pétitionnaires, les bonneurs.de la séance. Ils sor^ tirent de la salle, et aussitôt on entendit au dehors , un ^^ffreux tumulte dont leur présence semblait le signal. Du milieu des vociférations d'un peuple en délire , sortaient ces mots qui venaient retentir jusqu'au sein de la représen^ tation nationale : les vingt'-deux hors la loi ^ la mort des vingt-^ux ! Les députés montai gnards ne tardèrent pas d'appuyer au dedans, ce voeu sanguinaire , auquel s'opposèrent avec énergie , la droite et le centre. Âpres une dis* cussion des plus animées, Barrëre proposa comme un moyen de conciliation , aux repré« sentants devenus suspects an peuple, de se démettre de leurs pouvoirs. Quelques -p uns adoptèrent généreusement cette mesure ; parmi eux étaient Lantenas , Fauchet , Dussault , et ce député du midi , que les écrivains royalistes ont appelé l'éhergumène et ceu:^^ du parti contraire, le fougueux Isnard. Mais d'autres députés, Lanjuinais et Barbaroux, protestent avec une courageuse énergie contre cette proposition. « J'ai » juré de mourir à mon poste j s'écrie le repré« ^1 sentant deMarseille; je tiendrai mon serment, »
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Cependant^ la députation de la Colâmune ajprës aYoir an dehors ameuté et réani de^ flots de peuple qui devaient appuyer les projets de la journée , aprës avoir harangué les différents corps de la force armée qui se trouvaient sous les armes , rentra dans Tenceinte des séances y pour y présenter de nouveau sa pétition qui fut de nouveau repotissée. A cette preuve d'énergie de la Convention , les instruments que Hobeâ-i pierre et Marat faisaient agir , répondirent par des actes d'une audace et d'une insolence inouïe. En un instant l'assemblée est investie ^ sa garde est diassée et remplacée pai* le peuple , dés canons sont braqués sur toutes les issues de lé saUe > et nous ne tardons pas à nous aper^ revoir que la sortie nous est interdite. Je ne redirai pas les tentatives que nous fîmes pour prouver à la horde qui nous entourait > que nous avk>ns encore le sentiment de notre diguité^ et comment Marat et une poignée de factieux nous déinontrërent que nous avions cessé d'être les représentants de la nation , et que nous devions désormais nous disposa: i ne reconnaître d'au* très lois que la volonté du peuple souverain. Âpres s'être montrée au dehors y ayant en tête son président Hérault de Sechelles^ pour faire
d'un pRÈTiœ RéGiaDE. âg
parade d'une indépendance à laquelle elle ne croyait; pas eUe^aaème ; après s'être vue en butte aux outrages de la populace, la Convention^ $ur rinjoAction de Marat y rentra dans le lieu de SQS séances y ^t proclama qu'elle était libre l I^ lors y )a pisrte des Girondins fuit^issurée ^ et $pr U depaande de Couthon , un décret , réudu sur-^-leH^h^flip , déclara que ^ingtrdeux repré* s^ntaQf^ ftl; les ministres Roland y Lebrun y et ÇUvière, $eraient mis en état d'arrestation* chët çux. J^ listes de proscription furent dressées séance tenante ^ et le décret de proscription fut exécuté aussitôt sur quelques-uns des infortunés qui en étaient l'objet. D'autres avaient déjà su s'y soustraire par la fuite.
Il serait curieux de rechercher quelles eussent été les destinées de la France y si le parti de la Gironde eût triomphé de la Montagne. Certainement, on aurait vu s'ouvrir une carrière différente et toute nouvelle. Peut-être, assise -sur d'autres bases , la république se fut-elle conso- Udée de manière à ne pas laisser au conquérant qui devait la renverser , l'espoir de réussir dans ce projet qui n'eût pas été tenté; peut-être les vertus et les talents qui eussent présidé à son gouvernement l'auraient réconciliée plus tôt et
plu» ëûrement avec lesEkats de rEuro|)e, dont lefs destinées auraient nécessairement reçu Tin-* flueiice de celles de la France* Dans tous lès cas, on peut assurer, avec certitude , que l'afireux régime de la terreur n'eut point promené sur le sol de la patrie son niveau sanglant ; des milliers de Français n'auraient point porté leur tète sur récha&ud, et un peuple généreux et loyal ne . se fut point vu décimer. Les antécédents de là Gironde et le caractère connu de la plu|>art de ses membres, semblent ne laisser aucua doute à cet égards
d'vH P&ÊTRE aÉGICIDE. 3t