LÉ PAYSAN
II- y a deux heures que j^ai quitté la ferme j le spectacle deses maux me fendait le cœur*
ROBESPIERRE à Couthon.
Ce gaillard-là parle bien bon français^
COUTHON
Elle mourra demain ta mère.
LE PAYSAN i
Que dites-vous? ma pauvi'e inère!.... et il fondait en larmes *
COUTHON
Tranquillise-toi ; l'immortalité de l'ame est décrétée ; tu la rejoindras un jour.
ROBESPIERRE
Quelle est ta deîmeure? Tu as Vaàx pauvre; * je veux te faire porter des secours.
Le paysan indiqua sa chaumière ; on devine quel fut le dénouement Me cette triste bis-
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toire. La personne qui me Fa racontée , ajouta qu'en effet leur victime était réellement, ainsi qu'avait paru le croire Robespierre , un proscrit déguisé. Uinstinct du tyran le trompait rarement.
Un jour jç fus invité à une de ces réunions extra --muros. Depuis le supplice de Camille Desmoulins , j'évitais le plus possible de me trouver avec Maximilien. Celui-ci au contraire, semblait vouloir se rapprocher de moi ; je refusai. Je prévoyais tout ce que cette réunion aurait de dégoûtant pour moi , sous le double rapport de mon caractère ineffaçable de. prêtre et sous celui d'homme honnête et humain. Le lendemain, je reçus de Lecointre la lettre suivante»
« Citoyen ,
fi Je vous connais peu, mais je vous esttme,
j^ et il est temps de nous réunir. La Convention
» renferme un dictateur qu'il faut abattre. Je ne
» crains pas que vous me trahissiez ; vous êtes
» vous-même sur une liste de proscription.
)» Je suis décidé à partager le sort de Brissot et
H de Camille , ou à être plus heureui qu'eux.
>• De tous nos collègues je n'ai vu que vous à
d'un pnèfiii: nBGiciciE. (1^9
» qui je voulusse m'oi4vrir;vQU8 m^avez tou^ » jours paru républicain et courageux.^ youa » ne flattez pas le tyran; c'est lui qui vous » flatte. Vous n'avez pas voulu vous tirotuvec » av€c nous à Maisoqs; ce refus. Ta déoidé à » vous inscrire sur une de ces listes fanèbre&v M Sans cette circonstance vous auriez encore M pu voir deux cents personnes mourir avant » vous. .
» Me suis -je trompé à votre égard? r||||n-p. » drez-vou8 à ma confiance? Je le crpis, et je » n'ai pas hésité un instant. Yoicji donc ce » qu'il convient de foire ; je vous en avertis » dès ce soir, parce qu'il arrivera içl^mâin » une chose à laquelle vo^s ne vous attendes » pas. Robespierre, ne veut point avoir l'air » de vous frapper lui-mêm.e. Vous serez dé- » nonce aux Jacobins, ^yez-y; résistez, in- » voquez le témoignage de Maximilien ; foites » qu'il parle de vous. Forcez le ensuite à vous » accuser ;cela commencera à foire penser quel» » ques-uns de nos coUëgues dont nous avons n besoin. J'irais bien joindre mes efforts aux » vôtres , mais Robespierre sait que je suis in- » stroît; il devinerait tout en me voyant. Vous, » du reste> que j'ai entendu dans l'affoire de Ga-^
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» mille^ vous n'avez pas besoin d'un second pour n' I vous défendre , et pour faire entendre à Maxi-* »!• milieu- le langage de la vérité. Nous lui porii^iteroils plus tard des coups qu'il essayera en » vain de parer* Après demain vous me verre* ihexL vous*
aîn;-.'.: '♦/
Salut et fraternité^ Lecointre. )^