‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 49 sur 74 · LÉ PAYSAN · texte numérisé non relu

LÉ PAYSAN

II- y a deux heures que j^ai quitté la ferme j le spectacle deses maux me fendait le cœur*

ROBESPIERRE à Couthon.

Ce gaillard-là parle bien bon français^

COUTHON

Elle mourra demain ta mère.

LE PAYSAN i

Que dites-vous? ma pauvi'e inère!.... et il fondait en larmes *

COUTHON

Tranquillise-toi ; l'immortalité de l'ame est décrétée ; tu la rejoindras un jour.

ROBESPIERRE

Quelle est ta deîmeure? Tu as Vaàx pauvre; * je veux te faire porter des secours.

Le paysan indiqua sa chaumière ; on devine quel fut le dénouement Me cette triste bis-

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toire. La personne qui me Fa racontée , ajouta qu'en effet leur victime était réellement, ainsi qu'avait paru le croire Robespierre , un proscrit déguisé. Uinstinct du tyran le trompait rarement.

Un jour jç fus invité à une de ces réunions extra --muros. Depuis le supplice de Camille Desmoulins , j'évitais le plus possible de me trouver avec Maximilien. Celui-ci au contraire, semblait vouloir se rapprocher de moi ; je refusai. Je prévoyais tout ce que cette réunion aurait de dégoûtant pour moi , sous le double rapport de mon caractère ineffaçable de. prêtre et sous celui d'homme honnête et humain. Le lendemain, je reçus de Lecointre la lettre suivante»

« Citoyen ,

fi Je vous connais peu, mais je vous esttme,

j^ et il est temps de nous réunir. La Convention

» renferme un dictateur qu'il faut abattre. Je ne

» crains pas que vous me trahissiez ; vous êtes

» vous-même sur une liste de proscription.

)» Je suis décidé à partager le sort de Brissot et

H de Camille , ou à être plus heureui qu'eux.

>• De tous nos collègues je n'ai vu que vous à

d'un pnèfiii: nBGiciciE. (1^9

» qui je voulusse m'oi4vrir;vQU8 m^avez tou^ » jours paru républicain et courageux.^ youa » ne flattez pas le tyran; c'est lui qui vous » flatte. Vous n'avez pas voulu vous tirotuvec » av€c nous à Maisoqs; ce refus. Ta déoidé à » vous inscrire sur une de ces listes fanèbre&v M Sans cette circonstance vous auriez encore M pu voir deux cents personnes mourir avant » vous. .

» Me suis -je trompé à votre égard? r||||n-p. » drez-vou8 à ma confiance? Je le crpis, et je » n'ai pas hésité un instant. Yoicji donc ce » qu'il convient de foire ; je vous en avertis » dès ce soir, parce qu'il arrivera içl^mâin » une chose à laquelle vo^s ne vous attendes » pas. Robespierre, ne veut point avoir l'air » de vous frapper lui-mêm.e. Vous serez dé- » nonce aux Jacobins, ^yez-y; résistez, in- » voquez le témoignage de Maximilien ; foites » qu'il parle de vous. Forcez le ensuite à vous » accuser ;cela commencera à foire penser quel» » ques-uns de nos coUëgues dont nous avons n besoin. J'irais bien joindre mes efforts aux » vôtres , mais Robespierre sait que je suis in- » stroît; il devinerait tout en me voyant. Vous, » du reste> que j'ai entendu dans l'affoire de Ga-^

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» mille^ vous n'avez pas besoin d'un second pour n' I vous défendre , et pour faire entendre à Maxi-* »!• milieu- le langage de la vérité. Nous lui porii^iteroils plus tard des coups qu'il essayera en » vain de parer* Après demain vous me verre* ihexL vous*

aîn;-.'.: '♦/

Salut et fraternité^ Lecointre. )^

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