‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 55 sur 74 · CHAPITRE LVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIII

Encore le vUux cordelier, — Arrestation de madame Fontenay. — Coalition contre Maximilien.

Mes propres dangers ^ ceux que couraient les seuls hommes qui pouvaient encore délivi'er la France de ses tyrans, la lutte qui allait s'engager , la grande et importante catastrophe que nous méditions , ou peut-être la ruine de nos es« pérances, et alors le sanglant avenir d:ô la patrie, tout contribuait à tenir mon esprit dans une longue et cruelle perplexité.

H était enfin venu, le moment décisif. Il fiai-

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lait frapper où nous soumettre à ce Néron que nous-mêmes avions élevé en aveugles sur les ruines du trône de Louis XVI et du temple de la Liberté. Qudle distance nous avions parcourue en peu de temps! que nous avions vu de belles journées sans pouvoir nous y arrêter! Les crimes qui les suivirent ne peuvent les eSà» cer de notre histoire. Que de grandeur, que de simplicité dans l'assemblée du Jeu de Paume! Se retracera-t-on jamais sans enthousiasme le jour où un Montmorency immolait sur l'autd de la philosophie et des lumières , les titres anciens de sa famille pour n'être plus noble que par spn mérite et son patriotisme ! On calomnie souvent les anciens seigneurs^ de la France , et on oublie que parmi eux les plus héroïques vertus furent payées par Fexil ou la mort; qu'on les ruina, qu'on les persécuta au nom des idoles auxquelles ils avaient fait de si g;rai}ds et si beaux sacrifices*

Le loaoùt avait décidé du sort delà révolution; là commencent les fautes et les crimes de ceux qui la dirjgereplij ^eur conduite cesse d^être noble et ju$t^ j ils entrej3[t (]^a^s la voie de l'iniquité. Quek fruits avait portés cette première erreur? Je laisse ici les réflexions, aujourd'hui sans intérét^que

D^JN PRÊtRE HÉGiClDE. '^S';j

je (ai$aisàlors, reportant sur le passé un regard scrutateur.

Quelques jours auparavant^ j'avais vu Giénier, et sans lui découvrir nos projets, pour lesquels je necraignais pas d'ailleurs une trahison de sa part, j'avais cherché à savoir quel pajrti il prendrait dans le cas d'une attaque ouverte contre le joug dont nous accaUaitRobçspierre. («Je ne sais^ me » disait-il, carie tempsn'est pas venu. Maximilien n a encore pour lui la Commune et les septem« » briseurs. Il faudrait commencer par lui enlever » par la séduction ou le maire de Paris ou le gé- » néral de l'armée parisienne. Henriot i;ant qu'il >i occupera ce dernier poste ne sera point emw l>arrassé d'amener encore une fois des milliers » de révoltés et de furieux au château des Tuin leries. À la moindre démonstration hostile » contre Robespierre, à un signe de son maître^ » il détruirait la Convention comme eUe a ren« )) versé Louis \\î. >» Chénier était pour les demi-mesures, pour la prudence, en tout il voulait temporiser. Ce n'était pas possible ; Ro*i bespierre avait soupçonné de la résistance dan^la Convention , ^t ses desseins sur nous étaient ar^* rétés. Peut-être n'avions-nous pas assez bien employé l'instant de repos qu'il nous avdit laissé;

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