CHAPITRE UX
Le 8 thermidor. — Nouveau conciliabule. — Barras, Fréron^ Cour^ fois. Bourdon ( de l'Oise ). — Gamicr ( de TAube ).— Je rédifa la proclamation au peuple.
Tout le monde fiit exact au rendez-vous^ aucun de ceux sur qui nous avions compté ne nous manqua.
Tallien arriva le dernier à notre conciliabule. c( Eh bien ! nous dit-il en entrant^ que faisons-* » nous? qu^avez-vous décidé? »
MOI
. Nous vous attendions.
TALLIEBI.
Réservez-moi pour Texécution ; c'est à la Con»
ventiou que je veux paiim*. Si je m'y étais trouvé àujoordliui*...
MOI
Vous auriez peut-ôtre commis quelque împrudence.
TALLIEN
Bourdon , je te félicite ; tu as bien com« mencé Fœuvre. Nous avons déjà remporté une victoire , mes amis , et c'est à JBourdon q^ë nous la devons. Tu as porté l'inquiétude et la fureur dans l'ame du dictateur ; il est allé puiser de nouvelles forces aux Jacobins , et la pierre angulaire de sa république, vient d'arriver de l'armée y sur les épaules de Saint-Just.
BARRAS
Trêve de plaisanterie, ce n'est point le mo»
ment. •
MOï,
Ce que Taliien nous apprend rend plus urgent, plus nécessaire que jamais l'accomplissement du dessein que nous avons formé.
FRÉRON
Taliien nous a mis au fait de ce qui se trame ^
/ ^O HÉMOIRES.
citoyiens c6llëglle^^ et ikms sommes to|is prépa-o rés à prendre part à votre généreuse entrepriseé Nous n'avons pas hésité un instant. Mais il importe d'examiner ks feits , d'établir notre accusation et d'en fixer l'époque.
Demain !
LECOINTRE
Impossible.
BARRAS-
Demfii^ l plus tar4 il ne lierait plus temps* C'est demain que SaintTJust <^t lire à la CjOUf^ vention , son rapport nationicidfs ; s'il l'achève nous sommes tous perdus.
TALLIEN
Il ne l'achëvera pas.
FRÉRON
Mais comment pourrons-nous^ d'ici là , réunir assez de forces ?. .. •
COURTOIS
Rappelonsrriious combien il s'en est fallu pe,«ji que l'atroce discours du tyran ne fût imprimé aujourd'hui et envayé à toutes les municipalitési :
d'un prêtre |lkgicide. 271
Oui, mais nous Ta vons emporté; et nepas^ feirç suivre un triomphe d'ua autre succès , c'est ne pas savoit* profiter àe la victoire^
BOURDON
Fort bien réplicjué, citoyen collègue; notre avantage d'aujourd'hui rie peut être considéré que comme une déclaration de guerre , ne nous y trompons pas. C'est pour chaque parti le signal du combat!.... Je vois lés forces du tyran ; où sont les nôtres ?. . .
TALLIEN
If
Dans nos courages ; dans la haine publique qui nous soutiendra.
BOURDON
La Convention nous condamnera, et le peuple nous lais^^ra nuircher à la guillotine; il y est habitué
FRÉRON
Il est impossible de songer à engager avec Robespierre une bataille rangée.
BARRAS
Eh bien l donc^ une attaque imprévue.
TALLIEN
Swi9 dqute y et pas de reurd.