Tome ii
4 1 8 ÉCiLÀIRClSSEMÈHtS
Les papiers de cette section renferment une péti* tion du citoyen Bauvallety membre de la commune. Cet artiste connu par les talents <)u'il annonce, s'était retiré dans les combles de la Maison-Commune , pour se soustraire et à la complicité de la rébellion et à la poursuite des rebelles. Il y a passé plusieurs jours sans boire ni manger, après y avoir partage, pour ainsi dire^ avec les rats Ses commensauit^ quelques bouts da chandelle qui étaieiit dans les voûtes y et les graisses des pots à feii avec lesquels on éclairait l'èxténeur du bâtiment dans diverses circonstances. Sa boisson avait été l'eau croupie qu'il avait trouvée dans un vieul sabot de remouleur , abandonné dans CCS lient. Une des preuves de son idnocence est un billet que j'ai tenu^ billet adressé à sa femme pendant la durée de la séance criminelle des conspirateurs , et d^ns lequel il lyi annonce qu'elle soit tranquille, que jamais il ne participera à la rébelliou de ses collègues , et qu'il guette le moment de les tuir. Mais la commune fut cernée; les consignes sévères l'avaient retenu , et l'on vient de voir comment il est parvenu à échapper à la mort qu'une apparence de complicité eût pu lui causer.
Section Pcûssoniiièr«.
La commune conspiratrice usait de tous les moyens pour grossir soù parti. J'ai dit^ dans Mue ttote^ ce qu'elle aV ait fait au èujèt d'iine lettre de Belleviticy «lie u^a cessé de te conduire de même k l'égard des sections. Suivant s^ proCès-vcrbaux , la section Poissonnière aurait assuré, par ses commissaires , qu'elle
ET PIÈCES JtJSTIFlCATiVES. ^19
étâil debout pour sauver la patrie 5 et leurs pouvoirs lie portaient pas autre chose , sinon qu^ils devaient être de simples observateurs tenus de rev«enir successivement rendre compte de la position des choses» D'autres commissaires envoyés aux Jacobins n^étaient chargés que de semblables observations. C'est ainsi que les nouveaux arrivants, trompés par beaucoup de signatures et par le bruit que la majorité des sections s'unissait à la commune ^croyaient devoir les imiter»
Au surplus^ la section Poissonnière ^ quoiqu'elle ait envoyé des commissaires à la commune et aux Ja^ cobinS; qui en ont fait mention dans leur procès-verbal ; en a envoyé à la Convention ^ et n'a pas tardé à se prononcer pour elle.
Le comité civil envoya à la commune et aux comités de gouvernement, pour prendre des éclaircissements et des instructions. Ses commissaires à la commune
sont spécifiés au procès-verbal comme y ayant prêté serment. Cependant il se rallia à la Convention à la nouvelle de la rébellion municipale ; et jura de maintenir la liberté^ l'égalité^ et de défendre au péril de sa vie l'unité^ l'indivisibilité de la République^ la représentation nationale^ et l'exécution delà loi.
Je ne trouve rien sur la conduite du comité révo» lutionnaire avant le 10. Il annonce à cette époque, le ' lendemain conséquemment des grands dangers^ que tout est tranquille, et l'on doit remarquer cette phrase: a Que les esprits commencent S* revenir de l'éton- » nantë révolution qui vient d'avoir lieu , et que tous » les bons citoyens vouent à l'exécra tiofi les au* » teurs dé l'horrible complot qui a failli perdre It'
420 ÉCIiAIRCISSEMEI^TS
» liberté en ADéan tissant la représentation nationale.»
Section Rëvolatipnnaire
Cette section^ qui avait dans son enceinte la mairie et un des noyaux de la conspiration^ l'administration de police, s'est conduite d'une manière à mériter des éloges.
Elle n'a pas voulu se réunir en assemblée générale d'après l'arrêté de la commune criminelle, et cette assemblée ne s'est fprmée que le lendemain ^ pour confirmer toutes les mesures prises contre les rebelles. Les citoyens avaient passé la nuit 90us les armes.
Je ne saurais résister au plaisir de citer un trait que l'assemblée de la section a cru devoir indiquer au comité d'instruction publique. Dans la nuit du 9 au 10, un citoyen vit le jeune Charbonnier qui , à une heure du matin , n'était pas couché, et lui demanda pourquoi, si tard, il ne reposait pas. « Quand la patrie est » en danger, lui répondit le jeune homme, je ne dors » jamais. »
Je u'ai rien trouvé sur les papiers qui annonce
quelle a été la conduite du comité civil ^ mais aussi je
ne vois aucun reproche contre lui : et conune cette
section a tenu la conduite la plus pure, son silence
- équivaut, pour ainsi dire, à l'approbation.
Quant au comité révolutionnaire, il s'est parfaitement comporté. Son procès-verbal, très intéressant, contient mille détail sur cette nuit mémorable.
On y voit la manière franche avec laquelle tous les membres se sont prononcés en faveur de la représentation nationale , et tous les actes de vigueur qu'ils
ont faits^ tant pour exécuter les lois , que pour arré^ ter les rebelles; la lutte que le» proclamateurs de la Gonventiou out eu à opposer aux proclama te iirs de la commune; comment ^erfiar^i, dont la tête coupable est tombée sous le glaive de la loi^ a osé mettre la majn sur Tarreauy qui proclamait les décrets, au nom du peuple dont il profanait le nom^ et comment Chemin l'arrêta courageusement au nom de la Convention , contre laquelle il était rebelle.
J^ai vu avec plaisir dans ce procès-verbal du comité révolutionnaire; Minier, Siltans et Caillot ; les deu^ premiers s'unir aux membres du comité pour s'opposer à leurs collègues rebelles et conspirateurs^ et le dernier fuir l'antre de ces scélérats aussitôt qu'il en a re-' connu la rébellion, et ne laissant que son nom psCfmi eux sur la liste de présence, rapporter dans sa section les sentiments qui l'animaient et qui l'attachaient à la. représentation nationale.
J'ai vu encore avec une douce satisfaction Avril ^ ce patriote de 1789, ce patriote qui s'était conduit loyalement dans les premiers temps de là révolution,^our ver qu'il avait paru au sein de la commune conspiratrice, il y avait parlé contre les (ft)nspirateurs^ et en était sorti avant l'arrivée triomphale de Robespierre. Cinq ou six jours avant ces grands événements , il avait fait demander à Robespierre un rendez-vous pour^ lu dénoncer les intrigants qui compromettaient le comité de salut public , qui les avait nommés, et en avait été très mal reçu.
Ce fait était, dit-il , à la connaissance de Merlin (dct Tionville).^
4^ 2 ÉCXiA IRCISSEMENTS
Ceux qui aiment k voir cesser le rëgne du crime (et se trouverait-il un de mes lecteurs dont ce ne serait pas le sentiment?) verront avec joie la force armée de la section Révolutionnaire attirera elle les gendarmes de la mairie , et saisir avec eux, en présence de Mer- Un (de Thionville ); les insolents et vains administrateurs de la police, qui se gorgeaient de vin, et da l'espoir de régner avec leur idole.
Enfin je dois dite, en terminant cet article , que ' parmi les eitoyens de la section Révolutionnaire qui se sont conduitsd'une manière si énergique et si républicaine, on doit distinguer les citoyens Chemin , Tarreau , Bodson , SUlans y Baltasar^ Càchois^ Minier, Renaud et Til^.
Cette section a quitté le nom de section Révolutionnaire, et a pris celui de section du Pont-Neuf qu'elle portait auparavant*
SecUon de la CUé.
D'après toutes les pièces de la section de la Cité, il paraîlique les comités de l'assemblée générale se sont bien conduits. La réception que l'assemblée a faite à la ^ section de Popincourt , qu'elle regardait comme trop favorable aux rebelles^ en passant à l'ordre du jour sur l'arrêté que celle-ci avait adressé, prouve combien elle était éloignée de participer à la rébellion des municipaux. Elle avait eu dans son sein quelques membres qui avaient parlé en faveur des conspirateurs^ mais elle n'avait répondu que par des protestations d'union à la représentation nationale. Pq)ran avait écrit à cette section pour ou'elle fit ^
ET Pièces JUSTIFICATIVES. ^^^
soimer le bourdon en signe d'alarme. Sa lettre a été méprisée^ et le tocsin n'a pas sonné.
Section des Invalides.
11 résulte de l'examçn des pièces de la section des Invalides^ que cette section n'est bien comportée dans les journées orageuses de^ 9 et iq theriaidor.
Les arrêtés dçs d^MX cop^ités de gouvetnenient, et les lois de la Convention QPt ét,é ponctueUemeot exécutés.
Les lettres et arrêtés de h commune rebqlje ont été brûl es.
Le$ comités m'ont paru s'êtr? conduits danft. I^s mêmes principes que l'assemWfiÇ g黫îr^le. ,
* Il paraît qu'un nommé Roussel ^ qui ^taiV alors cm*ployé au secrétariat de la commune, e\ président de l'assemblée générale > s'est déclaré çUirement etfo»'t,er ment en fayeur des conspirateurs contre la Convention. ^
Je suis bien éloigné, sans doute, d'appbudîr à cette espèce de complicité j mais je frouve qu'employé par la commune, il a peut-être cru devoir, sans exav mendia défendre, bien différent de ces petits messieurs qui , payés par la Convention dans les comités oii iU étaient attachés, n'ont pas hésité de se rallier içofltre elle dans les journées de vendémiaire > ont suivi l'étendard de la rébellion suscitée contre la repréaeiin tation nationale,^ et salariés paîr la nation j ont f$illi^ lui déchirer le sein par une guerre civile.
Section de Bratos.
L'assemblée générale de la section de Bru tus ne s'est réunie que sur les neuf heures et demie. Elle allait envoyer des com^missaires à la commune , quand elle a connu sa rébellion ^ et son premier acte a été de révoquer l'aiTété qfuî \^s nommait. Elle s'est dè»-lors prononcée dan» le sens de la Convention ^ et n'a cessé de communiquer avec les comités de salut public et de sûreté générale^ et la Convention elle-même.
J'ai remarqué avec intérêt un arrêté pris par cette section dans la séance du lo thermidor : elle fit chanter \ hymne à'l*Etr€^ suprême , en réjouissance dé la tyran* nie abattue-, et cette conduite me fournit une réflexion toute natur^le : comment se fait-^jl queles évéques^ les prêtres , autrefois si ardents chanteurs de Te Deum h>rsque leurs rois avaient échappé à quelques maladies g|iaves>^ ne chantent pltts le moindre psaume lorsq-vb^il arrive quelque événement heureux & la République? Les voûtes dés églises de Vienne ont retenti de chants d'allégresse quand nos troupes se sont rétirées de devant Mayence , et lorsqu'un gouvernement stable s'établit^ quand nos armées remportent des victoires , quand les complots contre la liberté se découvrent et se dissipent y quand là Providence, à chaque moment , prouve qu'elle veille pour les Français , toutes le» bouches des dévots dé l'ancien temps restent muettes^ ei les prêtresi amis de la république, n'ouvrent pas même les leurs. Leur silence semble être une appro^ bation de celui de leurs ennemis jurés ^ les fanatiques amis des rois. Je ne fais cette observation que par
ET PIÈCES JUSTICATIVeS. ^^6
amour pour la chose publique. S'il est vrai que le culte ci-devant dominant soit encore le plus suivi , les prêtres de ce culte éerviraient la patrie en intéressant leurs fidèles à consacrer les événements qui lui seraient heureux. Ils ne doivent pas ignorer combien les prêtres royalistes font servir leur culte à l'appui du trône. Le comité civil de la section de Brutus a protesté , dès dix heures du soir^ le 9 thermidor^ centre les opérations de la comlnune. •
Parmi les faits que nous a conservés le comité révolutionnaire de cette section^ on doit distinguer ce que Chol et* Goberty membres de ce comité^ ont été déclarer aux comités de gouvernement. Leur déclaration porte : <t Que le citoyen Simar^ homme de con- » fiance de Fleurîot^ a dit que ce dernier avait rédigé » des lois et préparé un greffe pour /a dictature ^ue » Robespierre des^ait exercer. Simar a ajouté que les » clefs des prisons étaient préparées pour relaxer ceux » qui étaient de la conspiration »•
Section des Tuileries.
Il parait que le comité civil de ra section des Tuileries a prouvé son attachement à la représentation nationale dès neuf heures du soir^ et que toutes les nouvelles défavorables aux traîtres et favorables à la Convention y ont été reçues avec des transports de joie et au milieu de tous les signes de l'allégresse.
Le comité révolutionnaire s'est conduit dans le même sens pi annonce aux comités de gouvernement, l'arrestation de toute la famille Duplay.
Quant à l'assemblée générale , aucune pièce ne
4^6 éCUilRClSSENBIlTS
prouve qu'elle se soit tenue le g thermidor^ quoique Ton voie qu'elle. ait fait publier la proclamation de la ConvM^tioQ nationale fumais les citoyens qui eompo. saieot la force armée de cette section se sont réunis pour la défense de la représentation nationale, et leur présence soi:|8 lès drapeaux de la liberté a bien pu les dispenser d'assister à des discussions auxquelles peuvent efficacement suppléer les actes utilea des comités civil et révolutionnaire.
Section des Ards.
Tout ce qu'4 fait la commune conspiratrice pour édaMvr, disail^elle, la section 4csi Arcis sur les véritéblés ixK^ér^ts du peuple et survies dangers de la patrie^ prQuve combien peu cette section était -d'accord avec les couflipirs^teurs» Eu effet ^ il résulte deTe^ameQ de^ pièces qui concernent celte section, que l'assemblée général^ s'est parfaitement conduite à l'époque du 9 thermidor.
Malgré les efforts de Damour et de Monnoyer >-, malgré les déput^^ns faites par les conspirateurs municipaux et la ^^ence de Mercier y de Jaultyàe Dasuirdj que le glaive daia loi a fra[^és depuis ^ cette
X En disant que Monnoyer a été sëduit au j^c^t de prendre la défense de la commune , je dois dire aussi que c^ëtaît par aven^ glement de reconnaissance ; il confondait cette commune pçrverse avec les respectables représentants de la commun de 89, qui rayaient récompensé pour avoir éteint , dans la nuit du 5 au 6 octobre , les flambeaux mis à dessein dans les Ueux cachés pour Incendier le lieu de leur séances.
ET PIÈCES JUSTICATXVES. 4^7/
section est restée fidèle , et les apôtres do. la como^une rebelle sont arrêtés par ses ordres.
Quelques-uns de s'ea membres ont été mis en arrestation par les conjurés, auipoment où ils publiaient la proclamation de la Convention; ilsontétéenvoyésà la commission d'exécution; et sans la victoire de la Convention sur les traîtres, ils eussent été victii^es. Parmi ces défenseurs des lois se trouvent les citoyens Deshureaux et Rimbau, et j'aime à cite? Deshureaux pour prouver que les commissaires des section^ envoyés près de la municipalité ne partagaient pas ses crimes. Deshureaux ^ en effet, a signé la listé de • présence à la maison commune, et peu d'instants
après il est arrêté par cette commune coupable comme
proclamateur des décrets de la Convention '. '
I3n fait qui ne dbit pas être oublié » c'est que e^te section a arraché aux conjurés le représentant Pe^^^iM^^res qu'ils emmenaiept , et l'a jfait recoiiduire k . la Convention^ à qui elle a déclara qu'elle était prête à la défendre de toutes ses forces*
La section des Jirçis avait envoyé aux Jacobins pour connaître leurs sentiments* Je vois par les procèsverbaux qiv'ello fut indignée de ce que ces prétendus amis de la liberté étaient .les complices des pevfidés municipaux, et j'ai admiré la sévérité avec laquelle elle a r^çu le citoyen Maire ^ membre de cette société mère, qui n'feût jamais été accueiUi s'il n'eût prouvé par témoins qu'ail y avait combattu des motions liberticides. •
* Deshureaux , Tugot et Goin^ ont été condaits devant le; tribunal rëvoktiokinahre , qal les a acquitta*.
. l.es comités révolutionnaire et civil se sont bien
conduits.
Section. des Piques.
Le comité civil de la section des Piques paraît s'être prononcé dans le sens de la Convention nationale dès neuf heures et demie du soir.
Je ne saurais juger la conduite du comité révolutionnaire : il ne produit que des pièces insignifiantes.
Quant à l'assemblée générale, si l'on en croit ce qui se trouve dans les papiers des Jacobins^ et un billet sfgné Moulin y cette section aurait promis de frateri^iser avec cette société devenue complice dès rebelles. A n'en croire que le procès-verbal de l'assemblée, elle s'est conduite tout à la fois avec délicatesse et énergie, mais en rapprochant tous les faits, et malgré l'assertion du comité révolutionnaire, démenti par le procès-verbal même de la section , il est constant qu'elle ne s'est réunie qu'à deux heures du matin , et qu'elle a pris toutes les précautions possibles pour ne se prononcer qu'avec la certitude des événenients favorables à la Convention , à qui elle s'est ralliée.
La force armée a été se ranger près de la Convention.
13 n nommé Moutonne t'y membre du comité révolutionnaire , m'a paru jouer, dans cette journée, le rôle le plus équivoque.
Section da Faubourg Montmartre.
Je ne trouve aucune pièce qui puisse m'indiquer comment précisément se sont conduits les comités do la section de Faubourg-Montmartre^ je trouve seulement qu'avant sept hçures di^ soir les corps constitués
de cette section se sont réunis pour délibérer en * commun.
L^assemblée générée , sur l'invitation de la commune ^ y a envoyé deux commissaires pourj^ prendre les renseignements nécessaires , et lui en rendre compte. Ces commissaires ont figuré dans les procès- verbaux des rebelles y sans avoir fait peut-être autre chose que de paraître au milieu d'eux sans connaître leur rébellion y et s'inscrire sur la liste générale.
Ce qu'il y a de certain , c'est que l'assemblée générale dès neuf heures du soir , et après une courte discussion , ne s'est pas rendue à une invitation de la commune^ c'est qu'elle a fait venir dans son sein toutes les autorités constituées^ pour y prononcer ce serment : « Nous jurons le maintien de la République » un^et indivisible^ un dévouement absolu à la re- » présentation nationale^ et de nous réunir à elle » pour sauver la patrie. » C'est qu'elle a non^mé une Réputation pour exprimer son vœu et ses senti me;nts à Ja Conveution^ et qu'elle a envoyé des commissaires à la commune pour inviter ses officiers municipaux à i^ntrer dans son sein , et -a se séparer des traîtres.
Enfin , cette section a eu l'avantage de ne pas compter parmi les n^uuicipaux rebelles ceux qu'elle avait portés à la municipalité. L'un^ nommé Tonnellier^ est venu lui annoncer qu'il n'avait point voulu participer à la rébellion^ l'auire^ malade depuis longtemps n'avait pas même paru à la commune ^ et n'en pouvait même pas connaître les projets.
43o ÉCLAIRCISSEMENTS
Section de Montreail.
<'ettB sêctioù , qui est une dés plus éloignées du liea des séances des représentai! ts du peuple et de toutes les autorités constituées, ue paraît pas avoir dévié dés bons principes» Elle a cependant envoyé des commissaires à la ^oraiiiune , qui les a compris parmi ceux qui ont prêté le Serment^ mais , parmi le petit nombre de pièces qui sont parvenues au comité de gouvernement) il en est qui prouvent que les proclamations de la Convention ont été publiées aussitôt que connues; que le fotceârmée a marché àhs que left ordres du comité de saint public lui ont été annoncés ; qUe l'assemblée générale a adfaéi'é à un arrêté de la section des Droits^e^rHomme , qui déclare he rallier à la Convention nationale , et que le serment de maintenir l'unité de la République et la Convention , a été répété quand l'un des commissaires , envoyés près de la conimune , est revenu faire part des délibérations des rebelles.
La crainte d'être surpr^iée par les ennemis du peuple lui a Sait suspendre Tordre d'ouvrir les barrières , qui lui étaient adressé au nom du comité de saint public , et qui ne paraiijsait pas revêtu du timbre né* cessaire ; mais elle en a fait part au comité lui-même, pour avoir les retiseignëments d'après lesquels elle puisse agir.
Le comité révolutionnaire a fait arrêter lïtrlot , Cietly et Queluiard^ membres de la commune rebelle.
Les comités civil et de bienfaisance se sont réunis
ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. ^5l
pour agir de concert ; et leur conduite m*a paru louable et sage.
Je doiâ , eâ pariani des membres de la commune^ arrêtés dans cette section et punis de mort , donner quelques regrets k la perte que l''on a faite des talents de CîetPjr 9 peintre très habile dans son genre. C'était lui qui avait poussé le plus loin la composition des arabesques et de tous les charniants paysages qui embellissaient les 4>apier8 de nos meilleures manufactures. Et quand je vois un David figurer parmi les anfiis des assassins ; entre les fournisseurs habitués de leurs tueries^ un. Châielet , ua Bigan$y et tant d'atltrés peintres el dessinateurs, s'asseoir avec les jurés sanguinaires de ces tribunaux affreut que poursuivra la haine de la postérité y ou partager les travaux d'une municipalité rebelle^ je ne sais si l'on ne doit pas accuser l'imagination naturellement exaltée des artistes en peinture, plutôt que leur cœur*
Cette réflexion qui m'échappe n'est pas Une excuse que je leur fournis; et s'ils ont mis du sang* froid dans les atrocités qu'ils ont occasionées ou partagées , ils n'en sont que plus coupables à mes yeux. Je dis plus: si leurs talents sont très grands dans leur art, si leur genre «st le premier, comme il suppose la coniiaissance de l'histoire et des passions des hommes, et une éducation plus cultivée, ils me paraissent doublement atroces et cent fois plus justement haïs que les siutres.
Section du Contrat-Social.
Le comité révolutionnaire de cette section , dontia
conduite particulière lui a mérité une procédure si longue et de» châtiments applaudis de tous les ^mis de la probité et de la justice , s'est bien conduit dans la circonstance délicatede la rébellion thermidorienne. C'est à lui que l'assemblée générale de la section du Contrat- Social, égarée par un nommé Lepauvre , officier municipal, doiten grande partie d'être r evenue de son erreur. Elle avait envoyé des, commissaires k la commune; deux d'entre eux y avaient prêté le serment. Elle paraissait ébranlée en faveur des rebelles. Les discours d'un des membres du comité révolutionnaire , et les nouvelles certaines qu'elle reçoit de Fétat vrai des choses, la frappent j elle revient de son erreur, et envoie des députés à la Convention pour l'assurer de son attachement ^ le comité civil s'est adjoint à la députation. Depuis ce moment la «section du Contrat-Social , ralliée aux principes, ne s'en est pas écartée , et l'on voit la force armée de la section se porter à la Convention pour la défendre, avant même d'en avoir reçu l'ordre.
Section de la Fidélité (ci-devant de la Maison-Commune).
Parmi les papiers qui concernent la section de la Fidélité, j'ai trouvé plusieurs pièces intéressantes: le procès-verbal concernant la chute de Robespierre jeune du haut de la commune, d'où il s'était précipité, que j'ai placé au n° XXXVIII des pièces justificatives; des consignes du maire de Paris , des arrêtés de Bercy y des lettres du comité d'exécution , et des ordres de Hanriot. J'ai cru devoir consigner ici les pièces.
ET 'pièces justificatives. 433
Consigne du maire de Paris,
a Sur-le-champ quarante citoyens armés se renîi dront au bas de l'entrée de Télat-major, avec une ii pièce de canon , et efnpécheront qui que ôe soit^d'V » entrer ni sortir y excepté Jes officiers de Tétat-major. D Vingt gendarmés se rendront au troisième y dans lé » même couloir^ et auront la même consigne; »
Signe j LÉscôT-FlETjRiriT , maire de Paris.
Ordre dé HanrioU
Du 9 thermklor , Tan a de la rëpùbltqoe.
Etat- MAJOR ciéiréRAi..
« Les citoyens Legirandy commandant en second! i> de la commune de Bercy ^ et Hugot j coinmissaire » de ladite commune , sont chargés ^ par le conseil » général de la commune^ d'employer tous les moyens » de ramener l'ordre, la tranquillité ^ et dé comman- » der en conséquence ce qui sera nécessaire à la bar- » rière de Charenton.
D Signé y le général Hanriot. »
Lettre de la commune de Bercy^
Bercy, le 9 thermidor, Fan 3 de là répobliqae française nne et indivisible , à dix heures du soir.
a Citoyens du conseil général de la conimune de 1^ Paris, nous vous prions de nous instruire si votre 1^ ordre de ce. soir , donné aux barrières^ doit empé- » cher nos concitoyens de la commune.de Bercy de TU rentrer dans leurs foyers. Plusieurs d'entre cuic