‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 71 sur 74 · Tome ii · texte numérisé non relu

Tome ii

434 ÉciAiiass&iieiiTS

» sont aux barriferee^ et nous vous expédions les cU 9 toyensJDegramf; commandant en second , etffugQtj » l'un de nos concitoyens , pour nous rendre votre » décision ; nous l'attendons et nous y conformerons » en républicains.

» Salut et fraternités»

nioipal; Cuvillier | municipal) Dvfloc, notable) TusTEL f notable ; Coulon y membre du conseil y DAROPTDEAir , sécrétaire-greJjfieK

Sur le dos de cette lettre ^ qui y à côté des signatu-» res I porte le cacbet de la commune de Bercy, le comité d'exécution de la commune conspiratrice à mis ta réponse suivante :

• Les habitans de la commune de Bercy . pour sau- » ver la patrie , sont invités , au nom du salut public, » de venir au conseil de la commune de Paris .^ avec » leurs armes, pour sauver la patrie. Le tocsin sonne. » La liberté a été un instant en danger^ majs Robés^ » pierre Tainé et le jeune, Saint-Just y et tous les » autres députés qui avaient été mis en arrestation » par des conspirateurs , sont en liberté. Triomphe,

» vive la République I A nous^« frères et amis; la pa- » trie edt sauvée ! »

Signe' y kfiTnvBi y LonvxT^ Legrand, Chatelet,

De^BOISSEAUX j CoFFIXirBAL.

Il parait que pendant que le comité d'exécution faisait à la commune de Bercy cette réponse, le conseil général profitait de la présence de Legrand et Bu§^ pour leur faire prêter le serment ; car une ex-

ET PI^ES JtJSTIFlCiTlYES. 43^

{>éditioki de cette prestation de serment te trouve jointe à ces pièces* La voici :

COMBfUVE !>£ PABIS.

I^ 9 tliermidor » Fan a de la rëpablique fri^iiçaisf ane et

indivisible.

JEpctNià Al TMgUWe des ddièéraHônê du conseil Qénérai,

« Le coiîimaodant en second de Bercy, nommé » Legrandf et le citoyen Hu^tj commissaire de » cette même commune, prêtent le serment de fidé- » lité au peuple ; et le conseil général leur en donne » acte.

» i5'/gn^, Char^emagne ^ vice président; Bujif ^ » secrétaire-générai-adjainU » Pour copie conforme.

» Signé y Blin^ secrétaire-^effier.^

La section de la Maîsofi4^inmiin« était plus exposée qu'aucune autre , à raison de la proximité du foy^r de la conspiration ^ à recevoir les inBuencesdes rebielles* Cependant oia ne peut trouver dans sa con* doite rien qui puisse la compromettre, quoique le <x»mité civil ait envoyé des commis^saires à la commune, et que deu;^ d'entre eux y aient prêté le serment. Ces commissaii^s > en effet , ainsi que le porte le procès« verbal du comité ^ n'ont été envoyés que pour can^ n^tre ce qui se passait ; mais il était dit qu*ils ne participeraient ni directement ni indirectement à €UiCf4n4fS délibérations f et que leur mission se réduis rmit à une pure surveillance»^

L'assemblée générale passe à Fordue <4u jour sur

456 ÉCtAlIiqiSSEMENI^

FmviUtion de ^a commune de venir prêter dn sérment dans son sein , et déclare que tout le peuple doit se rallier auprès de la Com^ention, gui est le point central de l'unité républicaine.

Le comité révolutionnait^ m*a ^aru ne s'être point écarté de l^attachement dû à là Convention nationale, quoique de ses membre3 aient prêté le serment à la commune. 11 paraît en effet que ces membres ^ envoyés uniquement pour j" surveiller ce gui s*y passait et pour y exécuter V ordre d'arrêter les sonneurs de tôcèinj se'sont trouvés , pour ainsi dire^ entraînés à apposer leurs noms à la liste des autorites qui avaient paru dans la commune , et à prêter le serment ambigu (^ùë leé conspirateurs n'avaient* imaginé qiie pour séduire par l'expression et grossir le nombre de ses partisans par cet engagement extérieur. Combien ^ en effet, de jpatriotes se sont ^ sans le savoir ^ unis aux traitrics ! Combien d'hommes surpris ! et , parmi ces déruiers, qui ne mettrait pas un nommé Janniot , membre. du comité révolutionnaire de la section ChaUier» que le désespoir d'avoir signé des pouvoirs » ses coliques, pour se rendre au conseil à l'effet d'y connaître ce qui s'y passait ^ a réduit à l'extrémité de tenter de se npyer^ et qui y recueilli par le comité révolutionbatre de la Maison-Commune y est renvoyé à sa section ? Une des précautions sages de ce cotmité Jetait ^e feire avertir par dc^ patrouilles les dépirtations qui^ pouvaient se rendre à la commune^ des dangers qu'elles allaient courir. Ce ne fut malheureusement qu'à son retour que l'on arrêta celle de Bercy , dont on saisit- Jcs papiers que je viens de

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. ^ty

ftnre connaître ; mais il est. vrai semblable, que. les tir* structibnç reçues à cette section par Jes commissaire^ de Bercy , qui parurent de bonne foi, influèrent beaucoup sur la démarche de cette commune quand, elle se détermina à rapporter à la Convention la lelire criminelle des traîtres qui lui demandaient ses hom^ mes, sans armes et ses canons.

La force armée a prêté secours, ^ux proclamations des décrets delà Convention. ,

Il eut été étonnant que cette section , si yofisine d^ là commune , nViût pas eu des orateurs di,9posés k la défandre* 11 s'y en est trouvé qàelqu^tSriins : s^is toute leur peine a été perdjue, et. les citoyens de ia section de la Maisoti-Commune sop^: r^tés fidëjl!^ ià la Convention f ce qui, vraiâemblablement^ les à portés à donner à la section le. nom .de scotipn de 'ia fidélité.

Sçctloa des Gardes-Fràiiçaises,

Rassemblée générale de la sc^ctien des Gardesr Françaises a constamment ;narché.4ans les boas priu; cipe (ce qu'ejle^ fait encore à l'époque ^u i3 vendémiaire dernier). ElJe ne connaît d'autre point de ralliement quels^ CquvenfRu ^ elle appelle dans spQ jseia^ pour le désapprouve^ le comité civil, qui^ (mtrainé dans l'erreur, avait plusieurs de sesmçmbrç^ qui venaient de prêter le, serment, à la commune , e^ ramène à la bonne cjsiuse ce comité y qui s'empres^ç (ie réparer ses crimes et d'aller à laConventioo juv^jç' de s'uuir à jaipais à elle. . , ,, .^.^

Un nommé Burgubùru /gérait jouer ut\ rôle df|i)|^

438 «CLAmassEMBirA

cette nuit en favieur de la commune. Nommé président j W refuse , parce qu'on avait proposé de frap» per le traître Hanriot mis hors la loi* Revenu des Jacobins^ il espère tout de leur réunion à la^ oràio mune; et quand là trahison des municipes et des Jacobins est reconnue publiquement ; il sevol^ obligé d'avouer que son ancienne amitié pour Sifat^ qu'il regardait comme patriote et comme incapable d'agir contrôles principes des républicains^ Pavait induit eil eireuf <

Des membres que celte section avait fournis i la commune^ Dtttatd , arrêté par la section des \rcls ^ et qui avait pris une part très active k la rébellicm mu* nicipale, a été fhippé du glaive de la loi.

Le comité révolutionnaire Wa paru ^ètre bidu conduit^ etn^avoiff pas un seul moment dévié des

principes,

Section de rHomme-AniM^.

A la nouvelle de la rébellion de la conimune , l'assemblée générale de la section de lHomme-Armé déclare S][>ontanément qu^elIc ne reconnaîtra point' les arrêtés d'une commune conspiratrice^ et qu'elle leS fera passer au comité de ^lut public. Elle arrête en^ suite à l'unanimité qjïejmKie aux serments qu'elle a faits de vivre ou de mourir libre^ il sera envoyé quatre commissaires à la Convention , pour l'assurer de son dévouement , et lui déclarer qu'elle maintiendra de tout son pouvoir la .République une et indivisible , qu'elle sera toujours prête à servir de rempart à la représentation nationale, et que ses décrets seront tbujouri la boustole de ^ condiiiie.

ET Ptk€M% PByiiWKkTlYES, 4^

La Gonomunîcatkin de oet arrêté ^miL quAraotchSépI autre» seclions n'a pas peu contribaer à en 4<^cider plusieurs eu faveur de la Coaventron y on peut s'en cou* vaincre p^r ce qui s'eat passe dans les faubourgs ^ qui ^ éloignés du théâtre des événements ^ ont appris par la députatÎQn de cette seciion, les dangers de la patrie^ V la perfidie de la commune ^ et ont trouvai dans soot arrêté une marche toute tracée pour se conduira.

Le comité révolutionnaire s^esi réuni de bonne heure à la section^ et a suivi eu tout le vœu qu'elle n pronoii/eé^

La fbrce armée s^est rassemblée pour défendre* l^ Convention^

• La commune trouva néanmoins encore quelques , partîsants dans cette section , notamment un nommé (C^uilendok f,^\fï iivail été lié singulièremen|t are^ç Robespierre,.

Section déBonnerNoavelle.

Le «omîté révolutionnaîr0 de la section de Donner Nouvelle a refusé d^envoyer des commissaires à Ija commane^ pour y prêter le serment de. ftdélité, et je ne trouve rien ensuite qui puisse instruire de sa conduite ultérieure; mais comme après ce premier acte^ qui est louable y il ne se trouve aucune inculpation contre lui y il esta présumer qu'il a continué à se bien conduire.

L'assemblée générale a débuté par arrêter qu'elle ne correspondrait point avec le corps municipal. Elle approuve ensuite la conduite du comité, qui a résolu de ne point satisfaire à l'invitation de la commune ,

44o ÉCLAIRCISSEMENTS

et les proclamations de la Convention sont faites avec ■^^oniptitude et solennité. Elle fait haranguer la force armée ^ qui partage ses sentiments. .

lées efïbr^de Cochois auprès des comités, pour les porter à se réunir à la communj^ n^ont produit aucun effet sur eux y et n'ont fait que prouver sa complicité avec les conspirateurs ; qui lui a mérité de périr avec eux, frappé du glaive de là loi.

Seclion def Dirpits-derl'Homme.

Cette section a eu le plus de mouvements dans son sein. On* peut se rappeler ce que * j'ai dit^ dans ce rapport , sur les canon niers de cette sectiori. Ils en ont long-temps influencé l'assemblée générale, qui s'est enfin cependant prononcée pour la Convention, quoiqu'elle fût présidée par le notable DucloSy regardé comme un des grands partisans de Aobeâpierre,

Le comité révolutionnaire dans cette circonstance critique, s'est conduit de la manière la plus loualïle. U s'est constamment opposé de toutes ses forces aux intentions perfides des canonniers qui partaient pour la commune^ et fi manifesté son attachement à la Convention.

La force armée a offert deux tableaux différents : celui des ç^nqnniers^ qui étaient en pleine rébellion , et dont les chefs paraissaient avoir été de cemplicité avec la commune conspiratrice; ce qui surprendra moins quand on saura que leur capitaine était frère 4'uji certain Eude, tailleur de pierre ^ officier munipip^l , qpi vint à la section vpciférer en faveur de Içi

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. - 44l

commune; assaillir à coups de poings ceux qui lui résistaient /et qui périt enfin comme il le méritait^ sur Técliafaud de. Robespierre y dont il était la créature.

Je crois devoir dire^ après avoir mûrement examiné la conduite des canonniers de cette section ^ que tous i^çsQDt pas coupables également^ qu'il en estdeu^/' l'un npmmé^. ffaudety et l'autre JFrançois Devaux , qui n'ont pris aucune part à la rébellion ^ et que Eude, capitaine y Picard y lieutenant > ^au/io/r^ sergent-major ^ Chaffarony et quelques autres ^ ont eu le, plus de part à la démurche rebelle de leurs camarades qui ont prêté serment à la commune j au milieu des applaju- ■disscments des traîtres. ^

X.e reste œ la force armée présente le tableau opposé. Contmue par le commandant de la* section, Lasne ^qm niérite les plus grands éloges , et qui a failli être vicime de> sa courageuse résistance aux çonspirateursegents de la commune, elle paraît s'être conduite d'Eure manière irréprochable.

Section de TObservatoire. ^

O'aprèses pièces qui sont réuies aux comités de iTouvernerent sur cette section , il me paraît démontré que de totés les sections de Paris, celle de l'Observatoire étdt dans les plus mauvaises dispositions à l'époque d 9 thermidor.

L.ê comii révolutionnaire, malgré la connaissance qu'il àvaiticquise des événements qui s'étaient passés , à la Convélion , et des décrets rendus dans la journée, a ^ par deu arrêtés, nommé trois c«»m mi ssa ires auprès

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