‹ Mémoires d'un prêtre régicideChapitre 16 sur 63 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

U mai Ctafafor.— I* léte de Srfrt-J et Robeapiewe- — Ari&r afatf f«f Cnk, Itérai* PkiGppean et Dnta.

£e* dieux ont soif!... Telle avait été la dernière phrase du Vieux Cordelier, et j'étais convaincu que l'on en pouvait dire autant de nos dieux de la terreur ; ils avaient soif mainte» nant du sang de leurs plus anciens amis , des partisans les plus dévoués de cette république , dont ils osaient encore se dire les fondateurs et les pères. Personne ne lui avait fait d'aussi grands sacrifices que Camille-Desmoulins. Si quelque chose peut excuser la part qu'il prit i

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» faut!....

n dit-il , jt»

i) Eh bien !

» fait! »

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^ *,]** f^cun autre, il jpUigne ,• la liberté était ^«pensées, toute son

le seul désir de voir

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La veuve de bv ^ JW^rét ^-~ «vus JU i pur»

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d'un prêtre régicide. io5

lA'iir visite avait les mêmes motifs que la -Mienne, et ils ne furent pas moins éloquents à supplier Camille de mettre plus de modération dans ses écrits. Attaqué ainsi par une force véritable, il ne répondit plus par des plaisanteries, mais par des raisons. Je savais bien moi-même qu'il n'en pouvait manquer pour justifier une conduite noble et réparatrice des plus grands torts * Je t'admire, lui disais-je ; mais avec plus m de modération tu ferais un bien véritable , et » en te livrant, tu te perdras toi-même , tu ne >j sauveras rien. » Ses deux amis étaient de mon avis : « — Vous croyez donc , dit-il , qu'ils » oseront m' attaquer , me déclarer traître, mot » et mon Vieux Cordelier, et cela pour avoir » demandé un comité de clémence et de jus- » tice ; pour avoir voulu achever et consolider » l'œuvre de notre révolution? J'ai toute la ») France pour moi : Desenne ne peut suffire à » la vente de mes .numéros ; je suis lu-, entendu » partout. — Tu es lu aussi de Barrère, qui se » reconnaît; de Saint-Just , qui a promis de te » faire porter ta tête comme un saint Denis. — » (Test vrai, répondit - il ; je me le rappelle ; » c'est une bien mauvaise réponse , et rua plaij> sauterie valait beaucoup mieux. » Et alors

loti MÉMOIRES

«■se tournant vers ses deux amis : « Avez-vous lu » ma lettre à Wilson : — Dans la démarche et le » maintien de Saint- Just , on voit qu'il regarde » sa tête comme la pierre angulaire de la repu* » blique, et qu'il lq porte sur ses épaules avec » respect comme un Saint-Sacrement. Qu'en » dites-vous? n'est-ce pas bien l'homme? Et » croyez-vous que pour une aussi bonne plai- » santerie il me ferait mourij ! Je ne lui demande » qu'une grâce, c'est d'attendre pour cela qu'il *> y ait fait une réponse qui la vaille. »

Madame Desmoulins nous avait invités à partager son déjeûuer de Camille; nous avions accepté , et la conversation continua en attendant. Camille alors s'échauffent par degrés, nous développa le bel avenir qu'il préparait à sa patrie. « Croyez -moi, nous disait-il, je suis m l'homme de la révolution. Quand il l'a fallu , >» je me suis fait brigand pour l'établir. A cette » époque-^là les modérés avaient le pouvoir , on » voulait m'inquiéter comme vous le faites au» » jourd'hui; mais la nation marchait avec moi, h etj'étais tranquille. Je suis sûr eucore, avec i> niojt Vieux Cordelier, de la conduire sur » mes pas , de répondre à ses vœux , à ses be- » soins : l'opinion publique sera encore ma force.

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» — Si die laisse à tes ennemis le temps d* » frapper. — J'ai des appuis plus voisins. N'a» >• vez-vous pas entendu la voix éloquente de » Philippeaox* Danton dort ; c'est le sommeil » du lion, mais il se réveillera pour défendre » ma cause. Robespierre perd de son crédit; s'il » est assez fort pour me nuire encore, c'est que » je l'ai ménagé jusqu'ici ; mais je soufflerai » aussi contre le dictateur : je montrerai l'or- » gueil intraitable du citoyen ; il m'est connu » depuis long-temps. Je renverserai son écha- » faudage de gloire , je le forcerai i songer un m peu moins à la postérité , et à achever bien » vite le bonheur de ceux qui ont fait la repu* » blique pour en jouir. Et croyez -vous que » l'Assemblée ne sera pas de mon avis ? Ro»

» bespierre s'est fait aux Jacobins une puis- » sance inattaquable, mais la Convention ne » sera-î-elle pas plus forte que cette société » terroriste. Crois- tu donc, citoyen collègue, » qu'elle ne nous entendra pas? Toi, qui as » voté avec Robespierre , dans presque toutes » les circonstances , qui as si souvent proscrit le >» modéra ntisme , ne seras-tu pas pour moi » quand je proscrirai l'exagération? Je parlerai » à l'Assemblée : mon journal prépare les es*

HT

^r- bientôt jusque dans

^ j^orsions; tu as une

» e bonheur de te faire

r iris mon discours, nous

rvTBZ&*'* car, sois en bien

^tc-ment convaincu et je imiile de suivre l'exemple

jji.'iîW» ma * s sa femme, qui

^^ ^ ibrt sensible à nos inquié-

*n»«fes» partageait maintenant

^g^ie. et remarquant aussi que

^ discussion fatiguaient soi)

.4*%? tout-à-fait de sou avis , et

** ^^..jaelui pour le défendre : « Lais-

**... :*n» criait-elle , il doit sauver

a«£**2~le remplir sa mission » ;

i i nous distribuer un choco*

..sv uue grâce tout athénienne :

» Cornus , ajouta Camille, crus

,„ «*/-. » Etait-ce uue simple cita-

, .^^gjlfcnsait-il en effet comme nous,

A aHiieuu sa thèse qu'à cause de

Je l'observai lorsqu'il eut pro-

^ croies de mort , et un air de gravité

eu effet à la vivacité, à la causticité

d'un prêtre régicide. 109

habituelle de son visage. Si réellement il avait eu le courage de s'imposer ce noble devov, de le continuer à côté de sa femme et 900 enfant sur ses genoux, avec la pensée qu'il s'exposait è une mort prochaine, Camille était un grand homme.

Il dut s'apercevoir bientôt lui-même combien les appuis sur lesquels il avait compté étaient faibles. Danton se réveilla bien dès le de l'arrestation de Fabre ; le taureau avait pris le bourdonnement de l'ennemi qui le naçait lai-même. Sa voix tonnante demanda que Fabre fut entendu à la barre de l'assemblée, mais Vadier répondit que , pour un salarié de Pitt> la barre c'était l'échafeud ; et la majorité fat d? son avis. Camille ne dut pas douter alors qu'il ne se fut trop bâté ; il avait compté sur une force qui n'avait pas assez grandi ; la terreur n'avait pas encore fatigué la majorité, ou plutôt Camille s'était trompé enattaquantles satellites, c'était le chef qu'il fallait abattre. Un grand nombre aurait voté sa mort avec plaisir , qui s'osaient s'éloigner de lui on sauver un seul de ceux qu'il avait désignés, tant que son œil si* nistre errait encore, sur l'assemblée; tant que sa voix perfide avait la tribune des Jacobins pour se

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