CHAPITRE LU
St.-Just à la tribune de la Contention. — TaUien Vinterrompi et accuse Robespierre. — Billaud le dénonce à ton tour. —Robespierre se défend mal. — Tallien l'accuse de nourean. — Barrère et Bourdon de l'Oise. — Je demande l'arrestation du noureauCroa^ ▼eL— Le décret est prononcé. — Legendre : le sangdeDmMo*!
Après avoir pris un peu de repos,et avoir ajouté quelques notes au discours que m'avait remis Billaud '- Varennes , je retournai au comité de sûreté générale pour attendre Saint-Jast.
Il n'était pas encore arrivé ; tous les membres n'étaient pas non plus réunis; on s'attendait que les absents formeraient l'escorte de l'orateur. Nous nous entretînmes de la situation des choses, mais l'instant décisif était maintenant trop rapproché pour que nous eussions le loisir de faire des phrases. Nous nous serrions la main.
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nous parlions à voix basse de nos espérances , des événements de la nuit, de nos craintes. Nous nous disions quels auxiliaires nous avions rattachés à notre cause. A leurs phrases précipitées on jugeait de l'importance et de l'anxiété des uns ; sur d'autres figures , un calme et une tranquillité rares en semblable circonstance, attestaient le courage, le sang-froid, la' fermeté nécessaires à nos projets.
Onze heures étaient sonnées, et Saint-Just ne paraissait point. L'impatience augmentait ; on s'agitait; on parlait avec véhémence; les vociférations de Vadier et de Vouland annonçaient quel était l'état des esprits. Barrère discutait avec Lecointre et Billaud. C'était bien le député le plus adroit. Il avait évité de se réunir i nous la veille ; mais ce matin il nous croyait les plus forts, et la séance annoncée lui donnait un motif plausible, pour venir au secours de ceux qui croyaient devoir être bientôt les vainqueurs. Billaud le quitta quand j'approchai. « Croyez- » vous, dis-je , que nous puissions compter sur » lui ? — H nous suivra si nous avançons. »
Saint-Just n'arriv«it pas, et la Convention ouvrait sa séance. « Je crains quelque perfidie « de la part de Saint-Just , me dit Billaud ,
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Nous sortîmes un instant de la salle. Midi sonnait. Plusieurs membres se promenaient encore. Nous aperçûmes Bourdon de l'Oise avec Durand, Maillane et Rovère. Tallien vint à nousjil était rayonnant de joie. — Oh l les braves gens , me dit-il, que les gens du côté droit ! Puis il nous apprit que Saint-Just venait d'entrer. Il nous sembla être de trop bonne heure pour qu'il parlât d'abord à l'assemblée. C'était donc pour remplir sa promesse qu'il s'était hâté. Nous rentrâmes précipitamment au Comité de salut public, et Tallien nous quitta pour aller savoir ce qui se passait dans l'Assemblée.
Nos collègues attendaient encore l'orateur; mais à la nouvelle que nous annonçâmes , chacun pensa qu'on allait le voir paraître. En effet, tant à cause du rôle influent qu'il jouait, qu'à cause de l'importance que lui-même 'attachait à ses paroles toujours pesées, le sententieux tribun ne montait jamais à la tribune qu'au milieu d'une séance, après toutes les petites discussions secondaires. Nous étions tous assis, lorsque la porte s'ouvre précipitamment : Bourdon de l'Oise paraît. « Alerte, s'écrie-t-il ! alerte ! St.- » Just est à la tribune. — Comment ? — C'est » une trahison. — Il n'est que midi. — Est-ce
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» bien possible? — C'est la vérité , ajouta Bour- » don; j'ai profité, pour vous avertir, du j» temps qu'il lui faut pour dérouler et dis* » poser son cahier; mais à son air hypocrite et » traître, à l'œil sinistre qu'il promenait sur » l'assemblée, nul doute que maintenant il » ne demande déjà nos têtes. — Allons les >» lui porter , s'écria Yadier ; et ce vieillard » trop souvent sanguinaire, mais dont le cou- » rage avait alors quelque chose d'inspiré , » sortit à notre tète. »
Nous courûmes à nos bancs. Sain^-Just ne parlait plus. Tallien, impatient de ne pas nous voir arriver et indigné de l'entendre , s'était élancé à la tribune , et déjà des acclamations unanimes répondaient à ses paroles : — « Je » demande, s'était-il écrié, que le rideau soit en - » tièrement déchiré. — Il le fa ut, il le faut, répé- » tait-on de toutes parts. — Parlez ! Que la vérité » brille enfin. — Dénoncez-lesl — Que les traîtres » soient connus! — Courage , Tallien ! . . .
— i» A vous l dis-je alorsàBillaud-Varennes, » en lui remettant son discours; à vousl la » route est mafhtenant préparée, vous frappe- » rez plus juste et plus fort qu'aucun de nous» ; et çn effet il s'élance .à la tribune. En l'y