‹ Memoires d'un prisonnier d'étatChapitre 13 sur 31 · iS MiM(Mi;i:s · texte numérisé non relu

iS MiM(Mi;i:s

aiilr(> occup ilioii : on les fera Iricolcr, — Je dois vous déclarer ici, repris-Jo, que la faiblesse de mes yeux m'einpècliera de faire de la charpie el niôtne de Iricoler.

— Failes allenlion , faites alleiilion, mon fils Sa

JMajesIé pourrait s'olTenser d'une lelle délermination , à

moins (pie le médecin n'aflirmc — Si je pouvais,

conlinuai-je, adresser ma réclamation ù l'empereur luimême ? — Vous en avez le moyen , mon cher fils : j'ai toute la confiance de Sa IMajesIé , je suis autoi isé par elle à recevoir vos suppliques, vos réclamations et à les déposer à SCS pieds. — Il arrive souvent , répondis-je après avoir rélléchi cpielques instans , que nos paroles ne sont pas cxaetemenl rapportées môme par les personnes qui ont envers nous les meilleures intentions- un mol, une phrase mal interprétée, sulTisenl parfois pour dénaturer tout un discours, toute une série d'observations. Je n'oserais donc de vive voix... — Qu'à cela ne tienne, reprit don Stephano : il entre aussi dans mes attributions d'écrire sous la dictée les secrets qu'on me confie et de les mettre sous les yeux de l'empereur. »

L'empressement du chapelain et son air de curiosité m'ayant révélé qu'il espérait quelque confidence importante , je fus un moment sur le point de renoncer h faire parvenir ma réclamation jusqu'au pied du trône; mais j'avais trop à cœur de dissiper les doutes qui pouvaient encore me rester sur la participation directe du souverain aux lourmens, aux vexations que nous éiirouvions pour ne pas saisir l'occasion de chercher à améliorer notre sort en éclairant sa conscience.

Je dictai donc à don Sfephano quelques lignes qui peignaient à l'empereur les misères et les intolérables tortures de notre captivité, dont il ignorait sans doute l'existence. « Je n'écrirai pas ces paroles, s'écria le chapelain en posant son crayon... Tortures... ce n'est pas ça...

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llu'ii ne se liiil snns Tordro pircis do Sa Miijcblé , qui

^s'occupe de vous connue un vérilable i)C'rcde fatnille. —

Alors l'empereur justifie le proverbe «Qui aime bien

cliftlic bien » — Kl s'il vous eût laissé pendre ?... II

en avait le droit pourtant, car vous éliez condamné par les tribunaux, et le sénat demandait votre exécution. — La raison d'Etat , répondis-jc , peut expliquer et justifier en (pielipie sorte aux yeux d'un souverain l'exécution d'un arrêt aussi cruel, aussi arbitraire que l'était celui qui pesait sur ma léte, je suis prêt à le reconnaître ; mais jamais je ne pourrai admettre qu'un puissant monarque torture inutilement et fjisse mourir lentement un pauvre étranger dont tout le crime se réduit devant la

loi — Vous êtes coupable ou du moins vous avez

voulu l'être , reprit don Stephano avec colère, et c'est la même chose pour Sa Majesté. — Je n'aurais pas murmuré contre l'empereur, inonsieur l'abbé, s'il m'eût laissé exécuter, parce qu'il pouvait être trompé par l'inquisiteur-, mais aujourd'hui, qu'il connaît à fond tout mon procès, il me serait bien difficile de ne pas l'accuser d'un excès de rigueur, s'il est vrai que tout ce que l'on nous fait éprouver émane de lui. Je demande donc ta lui protester que celte captivité de Spielbcrg est mille fois plus cruelle que la mort et que la commu'ation d'une semblable prison en peine capitale serait désormais une faveur pour moi.»

Don Siephano , après s'être longtemps débattu sur ce qu'il appelait des plaintes exagérées et après avoir écarté lout ce qui avait trait à l'empereur lui-môme , finit cependant par écrire ce que je lui dictais, en m'assurant que' Sa IMajesIé en prendrait connaissance et me ferait cerlainejnenl connaître sa réponse. «Fasse le ciel , lui dis-jc, qu'elle soit favorable et que ces respectueuses remontrances inspirent au souverain la charitable pen-

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seo de changer en simple détetitiuii la |)liis rigoureuse des caplivilês ! »

Celte réponse . d(!iitj'rlais loin (rallendic un résultat favorable, Uîe fut tlTeclivement npi)orlée par don Paolovitz quelques mois plus lard, u Sa ^Majesté a lu ce que vous m'avez diclé, medil-il avec importance , tel que je

lavais écrit sur celle table I\ien rie sera changé au

Iraiternenl de la prison, voilà le premier point... Quant à ce qui vous c )ncerne , Sa IMajcslé a dit que vous n'élicz ici c[ue pour l'exemple et comme »;?e cnadgnc de boutique pour elTraycr les coquine d'étraiigers qui voudraient lenler de révolutionner ses provinces. Puis l'empereur ajouta , dans toute sa clémence, qu'il ne vous oublierait

pas et qu'avec le l mps — Ce qui veut dire avec

des années, n'esl-ce i)as , tuon^icur le chapelain? Mais dans quelques années nous n'aurons plus besoin de la clémence impériale, car la mort nous aura délivrés, d

Pour nous faire prendre courage, don Slephano m'annonça qu'il nous apportait quelciues livres religieux parmi lesquels se trouvait la /7u7o.'/i ce de saint François de Sales; il me dit encore qu'il nous présenterait un jeune ecclésiastique de Briinn que Sa 3Iajeslé avait choisi cl fait étudier à A'ienne pour nous assister en cas pressant pendant son absence, « et peut-être, ajoula-t-il, pour me remplacer lorïque ma mission sera terminée. »

Nous reçûmes bieniùl en cfTet la riiilothéc de saint François de Sales , œuvre sainte dictée par la charité et le plus tendre amour du procl'.ain î IVIais mon cœur était trop ulcéié dans ces Irisles momens pour que j'éprouvasse de celte pieuse lecture la consolation qu'elle apporte aux malheureux qui , fermes dans leur croyance et déjà disposés à pardonner les maux qu'ils ont soufferts , peuvent accueillir avec fruit les douces exhortations du saint évoque et n'éprouvent, en se

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p(M)clr;iiil de ce divin lang;igo, que le désir do servir Dieu, d'aimer leurs semblables et de n'ùlrc sévères que pour leurs proi)re8 fautes.

Tourmenté d'ailleurs connnc je Tétais par mes tendances au protestantisme , j'avais besoin pour m'éclairer et me convaincre , ou de quelques bons ouvrages théologiques qui pussent traiter à fond cl résoudre les doutes de mon esprit sur la grande (piestion de la lib-erté devamon en matière de foi , ou bien encore des fructueuses insiruclions d'un docte ecclésiastique. On luavail refusé les livres , et quant au chapelain PaoloNvilz , tous mes efforts pouvaient ù i)pine sutïïre à réprimer le dégoût cl l'indignation que rminspirait son impudente ignorance.

Le jeune prèîre qui accompagnait don Ste[)Iiano prévenait, i! est vrai, en sa faveur par sa douce ligure et la modestie de son maintien ^ mais il n'osait ni lever les yeux ni |)rononcer un mot en présence de son supérieur, et celui-ci n'aurait pas souffert qu'il pill s'ei.trctenir seul à seul avec aucun de nous. Force fut donc pour moi de rester dans mes perplexités el d'attendre le moment où la Providence ferait briller dans mes ténèbres les lumières d'une inébranlable conviction.

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I-cs ri:,'uour» de In prison élaionl parvenues à leur comble, tandis que les forces nécessaires pour les supporter salTaiblissaicnl de jour en jour; noire existence était devenue de plus en plus in'.oléiable lors(pi\i la charpie vint succéder le tricot : une pelote de laine grossière, huileuse, puante , et cinq grosses aiguilles de bois nous furent api)orlées à chacun- Tun de nos gardiens fut chargé de nous ajjprendre à Iricolcr des chaussettes pareilles à celles que portaient les galériens.

Un semblable iravail est loin sans doute d'exiger aucune habileté , et cependant Tapprenlissage fut long el dilllcile pour plusieurs d'entre nous. J'avais assez bien appris à faire la maille et j'allais passablement jusqu'au talon , mais arrivé là , je m'embrouillais , je restais court sans quil me fût jamais possible, malgré ma ténacité , de pouvoir arriver à faire la chaussette tout entière. De là des vexations sans nombre et des rapports à Vienne qui taxaient mon inaptitude d'obstination et de mauvais vouloir.

N'osant plus nous entretenir aux lucarnes dans la crainte d'ùlre envoyés dans les casemates , nous cherchions à consoler le pauvre Morelli de celle privation en revenant au langage rnural ; là , toujours prêts à lui répondre , nous nous succédions pour le laisser parler longuement sur tout ce qui pouvait soutenir son moral en tenant éveillé le glorieux souvenir de son passé et

d'un phisonmkk d'i.tat. 2G:î

(liioUpios cspiMiiiiccs pour l'avenir 3Iais ce (Icinicr

soulagomenl di'vail hiiMilùl lui èlie ravi

Un jour que jo urciUrelonais avec lui sur riniporlaiicc (i les |)ié(''iiiiu(Mices des dilTcreiiles aiiues de cavalerie , il s'arrêta (oui à cou[) , el uioi , i)ersuadc (pie les gardiens qui venaieul d'eulrer dans la prison sorliiaienl ininiédialeineul , je restais contre la muraille tout prèl à

écouter la suite du discoius Mais j'attendis en vain :

celle suite , hélas ! ne devait plus venir!... j>[(>relli fut transporté loin de nous dans un autre cachot, el jamais depuis lors je n'entendis ces halttrnens secs cl précis qui révélaient , même à travers le mur, l'habitude du coinnianderncnl el de la ponctualité. Sju cloiL^ncment Cul pour nous une perle sensible elpour lui un dernier (oup du sort , dont il ne se releva jamais.

Les semaines suivirent les semaines sans que rien vînt troubler la monotonie de notre existence, si ce n'est les fréquentes perquisitions du directeur général de la police, qui venailau moins une fois par mois, à des jours el ù des heures différens , visiter notre paille cl nous dépouiller de nos habits. L'olïice était ignoble pour un fonctioiinaire de son rang , el il s'en acquitlait parfois avec tant de zèle qu'il me fut impossible pendaiit plusieurs années de parvenir à supporter avec indilTérencc ces intolérables humiliations.

Comment en eiïet s'hal)itucr, dans létal de misère où nous gémissions, à se voir le conslatil oljjet d'une surveillance jalouse dont l'ordre el la persistance parlaient du chef de l'empire el dont le but était d'empêcher d'infortunés prisonniers d'obtenir de la charité de leurs gardiens quelques livres ou quelques secours? Comment se dire avec sang-froid : « Ce clou aiguisé , celte aiguille dont j'ai cassé la pointe, et qui me servent ù écrire sur le mur, s'ils viennent à être saisis par le directeur de la

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police, seront l'ohjcl (lim rapport spociul à rcinpcrotir ; les om[)!oy('8 de Spiclbcri; seront réprimandés el punis d'avoir laissé par né^Mi^once une (elle ressource i\ un indiislricux captif... ))Non, ma résignation n'allait pas juscpio-là, et je croyais donner une grande preuve de patience en m'abstenanl à chacune de ces visites de prononcer la moindre parole ou délaisser échapper le plus léger signe qui pussent trahir le dégoiil que j'en éprouvais.

Fatigué de l'inaction où je languissais depuis longtemps el désireux de substituer une sorte d'activité aux accablantes rêveries dans lesquelles je retombais sans cesse, je rassemblai dans ma mémoire des mots anglais et je les transcrivis par ordre alphabétique sur les murs de ma prison, comme j'avais fait déjà pour mon dictionnaire allemand : c'était un moyen de ne pas oublier entièrement une langue que j'affectionnais particulièrement et sur laquelle j'avais fait de sérieuses études. Des mots je passai au texte des auteurs favoris qui me les suggéraient, puis par la liaison des idées aux passages qui en rappelaient successivement d'autres à mon souvenir -, tellement que je parvins ainsi à rétablir des chants entiers de Milton et des poèmes de Byron et ces précieuses souvenances , gravées aussitôt sur le mur en caractères soigneusement tracés , allaient enrichir les pans semi-obscurs de ma blanche bibliothèque.

Aux citations anglaises j'en adjoignis des langues latine et italienne et en si grand nombre que je fus réduit, pour économiser la place , à écrire partout avec la tète d'une aiguille , et tellement fin que les lignes étaient à peine visibles. Mes yeux, fatigués, me faisaient chaque jour souffrir davantage , mais je bravais cette douleur el les accidcns funestes qui pouvaient en être la suite, en voyant mes colonnes de mots s'allonger indéfiniment el mes carrés se remplir de trésors que j'allais puiser

d'un IMUSONMl.lî DIIAT. 265

diins la frcondo mine de mes souvenirs lilléraiics.

Ces richesses intellecUielles, fruits de mon infaligid^Io patience, j'en jouissais avec consolation, avec orgueil , parce qu'elles nVélaienl une preuve que j'avais beaucoup appris cl beaucoup retenu . cl (pic j'étais forcé pour les augmenter de revenir sur chaipie auteur, de repasser chaque branche de mes éludes. C'étail une trêve à mes douleurs , el chaque matin , en passant en revue tout ce que j'avais conquis la veille, je me disais : « Ce soir je

serai plus riche encore » Riche! oh! oui, je Tétais,

car au moment oi'i il fallut tout à coup quitter notre demeure et passer dans une autre prison, je fus frappé d'une stupeur semblable h celle qu'éprouvent les opulens du monde à l'annonce d'une ruine totale I

Je jetai un long et dernier regard sur celte fenêtre où j'avais tanl de fois rafraîclii mon cœur et retrouvé ma confiance en Dieu en contemplant le ciel, sur ces murs tout couverts de mes laborieux travaux, sur ces voûtes, cet étroit espace où nous avions tant souffert et tant

espéré où j'avais reçu de si touchantes preuves de

l'incomparable amitié de mon cher Frédéric! El lorsque avec lenteur j'eus franchi le seuil du guichet, je sentis à la douleur qui m'étrcignit au cœur, aux larmes qui s'échappaient de mes yeux , que l'habitude nous fait aimer et regretter les' objets el les lieux longtemps témoins de nos souffrances I C'est alors que je compris mieux que jamais 'combien était juste cette pensée du prisonnier de Chillon :

3Jy very chains and i grew friends So niKch a long communion tends To make lis wfiat tve are-even i Regained my freedom wilh a sigfi '.

* Ah! comme une longue lial)iUuie lend à nous rendre ce que nous sommes! J'étais familiarisé avec nies chaînes, je les aimais, et je reçus ma liberté en soupirant.

T. Ji. 23

■KÀ) MKMoiurs

ti l/cinperiMir a ordoiitK'cccliaiiiiciiKMil dont vous rto» si prolbiultMit'iil iillligi', nous avail dil le coininaiidatil do Spii'IbciV', el II' jiouvcniL'ur lui-tnùiiK; traurail pas le

droit défaire dérau^uT Fiiii do vos li!s de sa place

Il faut donc vous souiiiellre, car nous n'y pouvons rien. »

Nous ne le savions que Iiop, el c'est précisénienl parce cpie nous avions la convicliou que rien ne s'e\éculail sans la volonté expresse du souverain que nous dé[)lo!ions encore [)!us ainèrernenl la porte d'une prison dont on ne nous avait fait sortir qu'alin do nous isoler entièrement de tous nos compagnons et nous jjriver de la consolation de parler au mur avec Borsieri el Casiillia. Une telle insistance dans la ijorsécution était un avertissement fatal pour l'avenir, et lorsque , pou de jours après, le bon Krall nous dit qu'on avait transporté dans notre piis()n,arin qu'il y fût mieux, le pauvre Yilla, de plus en plus malade, nous le remerciâmes d'avoir adouci nos regrets, puisque notre infortuné compagnon pouvait y trouver quelques soulagemens.

Celte espérance ne tarda poiiit, lièlas! à s'évanouir!... Le ma! allait croissant, el bientôt les progrès furent tels que les symi)lomes d'une destruction prochaine se manifestèrent aux yeux mêmes des plus inexperis Un

rapport fui fail à Tienne pour que l'on permît une consultation , qui eut lieu en effet, mais pour constater qu'il n'y avait plus de ressources et que le malade n'avait plus que peu do jours à vivre. Alors vint un rescrit impérial apportant l'ordre de donner au moribond tout ce qu'il

pourrait demander faveur tardive dont l'infortuné

Ailla ne put profiter, car le défaut de nourriture et les maux de la captivité l'avaient réduil à n'être plus, à l'ûge de quarante ans, qu'un vieillard débile et décharné. (( Ah 1 Jésus, mm doux Sauveur, s'écriait le bon et digne

1)1 N l'r.ISO.N.MKR DKTAT. 267

don Marco, qu'on lui avail rendu i!Ourconîpagnon,C8l-cc donc là ccl Antonio que j'ai connu si plein de vie el lelleinent lobusle qu'il faisait envie i\ tous ! Sa jeunesse, sa santé, que sonl-elles devenues, mon Dieu, en(iuei(iues années de notre dure prison? IMoi , son ami d'enfance, son frère, je ne laurais pas reconnu tant il est vieux el cassé Sa mallieureusc mère, si on le lui rendait, dirait elle-même : « Non, ce n'est pas mon Tds I... » J'ovcrn /Jnlonio! povero Antonio! »

El le bon prêtre restuil des heures entières à contempler, les larmes aux yeux, les traits livides et décomposés de son cher Villa, pour lequel il adressait au ciel do ferventes prières.

C'était un spectacle digne des anges que ces deux hommes, dont l'un près de mourir ne pouvait se pardonner d'avoir causé la ruine du malheureux ami qui l'assistait si charitablement, tandis que celui-ci, bon comme le pasteur de lÉvangile, répétait avec amour les paroles les plus propres à calmer sa douleur cl l'exhortait à tourner vers Dieu seul ses dernières pensées, u Antonio mio, lui disait il d'une voix douce et persuasive, répète avec moi les pieuses oraisons de ta mère »

Et le pauvre mourant levait les yeux au ciel el prononçait des lèvres et du cœur les prières de son enfance. Ou bien don Marco lui disait encore : « Jntonio mio ^ tu souffres... tu as dans le cœur de l'amertume contre ceux qui t'ont privé des bonheurs de ce monde el de la liberté... Mais Noire-Seigneur, le juste des justes, avait tout souffert des hommes el leur a pardonné Pardonne aussi,

mon Antonio , demande avec moi au divin fils de IMarie qu'il fasse descendre dans ton cœur le baume de la mansuétude el de la résignation »

A ces pieuses paroles. Villa sentait ses tourmcns s'adoucir cl, se détachant de plus en plus de la vie, bénissait

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