acte de soumission Pensez-y — Je ne puis rien
ajouter à ce que j'ai d(;jà dit sur ce points monsieur labbé. »
Il voulut insister, mais je gardais le silci-ce, et force lui fut de se renfermer dans les bornes de son minislére.
Cependant il m'elail facile de voir (jue don Stejjliano s'attendait à un autre résultat , car il s'arrêtait souvent au milieu d'une exhortation jx ur sécricr : a C'est
inouïl c'est incroyable! On m'a pourtant bien
prouvé à ^ icnne IMais vous vous perdez , mon fils ,
vous vous perdez par votre aveuglement, votre obstinalion Ces fers que vous avez aux pieds, ces habits de
galérien , vous les garderez longtemps encore , toujours
peut-être! tandis que — Ne m'avez-vous pas dit,
monsieur l'abbé , que celui qui est mort pour nous sur la croix était le Dieu de l'infortune, de la soutTrance et qu'il me tiendrait compte de mes maux si je les suppor-
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lais avec paliciuoi' — Sans doiile , sans doiilo... mais iiolie Sauveur n"c\iji;o pas (juc nous nous s^acriliions inulileinenl cosl conliaire aux lois de la Providence A voire piaee je serais plus sa!j;e, — A ma
place , monsieur labbé , vous gémiriez comme moi sur les prévenlions fatales qu'on a fait naître dans Tesprit du souverain , cl vous vous en remellriez au jx're (jue nous avons au ciel du soin d'éilairer un jour et de loucher le cœur du puissanl monaniue donl le Irône csl trop élevé, le cœur Irop rempli des inlérèls de Irenledeux millions dhommes pour qu'il daigne s'occuper de nous. Il ne doil plus songer aux prisonniers d'Elal, dès que les lois o:il prononcé sur leur sorl , que Iiour leur l'aire sentir les bieniuisans clïVls de sa clémence. ))
La figure de don Sleplumo se colora légèrement , ses yeux se fixèrent sur moi avec l'expression d'une vanité blessée, puis il me dit de cet air dimporlancc d'un homme qui veut donner du poids à ses paroles : « L'esprit de Sa IMajesté csl assez vaste et son cœur assez grand pour s'occuper parliculièremcnl du borl de (|ue!qucs brebis égarées de son innombrable troupeau ; je vous répèle d'ailleurs que l'empereur, dans sa bonté infinie , s'est réservé tout ce qui concerne les prisonniers de Spielberg, et que nid n'oserait , même le prince de
Mellernich , se mêler de ces alTaires-là Je le sais
mieux q-ic personne, puisque Sa ÎMajeslé, dans sa dernière entrevue, a daigné me dire de nouveau : «C'est avec moi seul , entendez-vous bien, (jue vous aurez affaire. » El pour [)reuves, ajouta don Stei)liano, entraîné parle désir de nie convaincre cl de se \anler, pour preuves, c'est que j'ai reçu l'ordre, de la bouche même de notre auguste souverain , de lui adresser directement pendant son voyage en Ilalie les rapports qu'il ma
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chargé de lui liiiic sur cluiciiii des piisomiii'ivi de Spicl-
borfï. »
l"]n iironoiirnnt ces paroles, don Slcpliaiio se ronj^orgea , lil un inslaul de silence , puis il dit : « Kh bien I... vous le voyez, votre sort dépend un peu de moi. — Je vois , lui répondis-je, qu'en accordant ainsi loulo confiance -^ un serviteur du Dieu des miséricordes , Tenipcreur a voulu nous donner la consolante garantie que l'indulgence et la bonté Irouveraienl seules désormais
accès auprès de son cœur — (Jerlainemenl, cerlai-
ncmcnl, c'est ainsi qu'il faut Tenlendre ; mais il est dit cependant que le pasteur ne peut opérer seul le salul du
pécheur Allez maintenant, retournez |)rés de votre
compagnon, contie lequel Sa IMajeslé est bien autrement prévenue qu'elle ne saurait l'être contre vous. »
Sans adopter entièrement les opinions exagérées du colonel IMoretli sur la conduile et le caractère de don raolow'ilz, nous dûmes néanmoins nous convaincre , à noire grande douleur, que le salut des âmes, ce premier devoir, cet unique but d'un confesseur plein de foi cl do charité, était subordonné chez lui au devoir déplaire au souverain (jui l'avait envoyé prés de nous. De jour en Jour nous vîmes plus distinctement (juc l'impériale volonté passait avant tout dans son esprit et que nous avions à craindre, quelque irréprochable que fût d'ailleurs notre conduile, de nous voir exposés de sa part à des animosilés qui croîtraient à mesure des exigences mêmes de l'empereur.
Déjà don SIepliano , fort peu habile dans l'art de dissimuler ses intentions et ses projets , nous laissait entrevoir, par SCS continuelles denuandes , par ses investigations sur le régime intérieur de nos prisons , sur nos occupations, sur nos nmtuelles relations, qu'il ne voulait pas limiter ses rapports à l'empereur aux choses pure-
I) L N l'KlSO.MNlKi; DKTVT. IIT)
intnl spiiiliiollcs , cl dès lors il nous falliil rciioncor à l'espoir d(^ Irouvcr près de lui ces consolations loujonrs si ellicaces pour les inalhcurcux quand elles sont inspirées par la foi, rameur et la charité El nous dîmes
avec lepropiiét(! : « C'est en Dieu seul que nous plaçons notre espérance, cl c'est lui seul que nous servons. »
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