Mo7iiteur du. 21 juin
336 CHAPITRE- NEUVIÈME (l848).
do l'Angleterre (si vous ne le savez pas, je vous l'apprends) vient ameuter quelques hommes qui sont là, qui travaillent au nom de gens qui ne les ont pas vus, je veux le croire. Vous avez donc une permanence dangereuse qui devient immorale; et les véritables ouvriers, les vrais démocrates, les sincères patriotes qui sont ouvriers souffreteux, désespèrent déjà de leur cause. Quand ils voient ce mélange, ce conflit d'idées, ces cris de : « Vive l'un! Vive l'autre! A bas l'un! A bas l'autre! » ils sont là à vous dire par centaines^ par milliers : «Tâchez donc de nous donner du pain ou nous prendrons le fusil. Nous nous ferons suicider, nous irons au-devant des baïonnettes, nous nous ferons détruire * ! »
M. Goudchaux, président de notre commission, intervint à la fin de ce débat très confus et très stérile, comme on le voit, pour demander la clôture de la discussion générale elle vote immédiat des articles. La clôture fut prononcée, et les trois articles du décret, tel que nous l'avions présenté, furent votés par assis et levé, à la presque unanimité.
Dès le lendemain, 21 juin, nous nous remîmes à l'œuvre. Nous délibérions régulièrement sur les mesures les plus efficaces pour adoucir la transition, lorsque nous fûmes interrompus par l'insurrection même que nous avions à cœur de conjurer. Les meneurs qui avaient fait du secours un complot et qui voulaient exploiter la misère pour en tirer la révolte, avaient enfin compris qu'ils ne tromperaient pas la