Moniteur du 31 mars
l'appui de la souveraineté du Saint-Siège? Le respect des nationalités, invoqué dans la première phrase, dev.iit-il s'appliquer à la république éphémère et sang ante des triumvirs romains, tous les trois étrangers à Rome, ou désignait-il le gouvernement huit fois séculaire des Souverains Pontifes? L'Extrême-Gauche, qu'on appelait alors la Montagne, jouait seule franchement son jeu. Elle ne croyait pas, personne ne croyait à la résistance sérieuse de l'Italie ; mais elle trouvait l'occasion favorable pour soulever de nouveau les passions à Paris, et c'était là le véritable objet de ses violences. Je ne veux rapporter ici qu'un court spécimen du diapason de son langage dans cette discussion et dans toutes celles qui suivirent au sujet de l'expédition romaine. Lorsque M. Thiers prononça ces mots : « L'Italie est dans les mains de ridicules perturbateurs )>, les applaudissements éclatèrent à droite, les clameurs à gauche. Un interrupteur s'écria : « C'est une infamie ! »
M. BuviGNiER. — « C'est vous qui êtes un ridicule perturbateur, un agitateur de bas étage ! » Voix. nombreuses. — « A l'ordre ! à l'ordre ! » M. ScHŒLCHER. — « M. Buviguicr a raison ! » Enfin, après d'indescriptibles tumultes, la proposition de M. Bixio, amendée par M. Payer, fut votée dans la séance du samedi 31 par 444 voix contre 320 *, et l'expédition française mit promptement à la voile. Le 28 avril 1849, le gouvernement recevait la dépêche suivante du général Oudinot: