‹ Mémoires d'un RoyalisteChapitre 25 sur 59 · LE CHOLERA · texte numérisé non relu

LE CHOLERA

Mémoires^, si l'étrange conduite de notre représentant ne doit pas s'expliquer par ses relations avec les chefs de l'extrême gauche et par la confidence qu'ils lui auraient faite d'une prochaine explosion révolutionnaire en France aussi bien qu'en Italie.

Quoi qu'il en soit, je reprends mon récit oi^i je l'ai laissé. Le discours de M. Barrot, à Paris, et le départ de M. de Lesseps pour Rome, nous avaient rendu quelque latitude. Notre liberté d'action demeura intacte. La lettre du président au général Oudinot prit force de loi. Le siège de Rome fut conduit en règle, et se poursuivit au milieu de clameurs impuissantes, et qui n'étaient pas fâchées de demeurer telles.

Pendant ces agitations stériles, qui tenaient à la tribune et dans la presse plus de place que dans le pays lui-même, le président ne négligeait pas le soin de sa popularité. Il en recueillait quelquefois des témoignages significatifs dont je fus un jour spectateur.

Au printemps de 1849, le choléra fit une nouvelle invasion dans Paris, et parut menacer plusieurs lycées. Je voulus m'assurer personnellement que les mesures de précaution étaient bien prises; mais tout avait été prévu, et mon rôle facile se borna à calmer les imaginations. Je racontai aux élèves l'apologue oriental de la Peste rendant ses comptes à un habitant de Smyrne et lui disant : « J'ai tué à peine la

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