‹ Mémoires d'un RoyalisteChapitre 41 sur 59 · National, 13 septembre · texte numérisé non relu

National, 13 septembre

540 CHAPITRE QpATORZIÈME (l8i9).

donc de loutceci ? Rien, nous Fespérons, qu'un sévère avertissement à M. le Président de la République. Qu'il ne s'expose donc pas une seconde fois à voir un de ses ministres mettre dans le Moniteur des notes semblables à celle qui a paru ce matin. Et surtout qu'il prenne garde, par des témérités et des légèretés de cette nature, de réveiller contre lui-même les souvenirs d'un passé que la sagesse la plus constante peut seule faire oublier^. »

Cet incident une fois vidé, je me demandai, je me demande encore, laquelle des deux paroles du Président a été la vraie. Si, en me promettant le secret, il était déjà résolu à ne le point garder, quel bénéfice pouvait-il attendre d'une duplicité de quarante-huit heures, et comment pouvait-il se ménager volontairement la situation dans laquelle le plaça mon inévitable retour de Néris? Assurément, il ne ressembla pas ce jour-là à un homme capable de préméditation ou de prévoyance. D'autre part, s'il n'avait cédé, en publiant sa lettre, qu'à un passager mouvement d'humeur, comment cette lettre se rétro uva-t-elle plustard le programme de sa politique personnelle? Dans cette hypothèse, il faudrait admettre que la duplicité lui coûtait peu et qu'il n'avait pas pour elle la forte répulsion qu'éprouvent les honnêtes gens en face de cette improbité morale.

Tromper, en engageant sa parole, équivaut à tricher au jeu ; cela n'honore pas et ne procure même pas un renom d'habileté. Les hommes qui ne se l'interdisent

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