UonitexLr du 14 octobre
MOTU PROPRTO. 543
cier commença le 18 octobre. La Gauche ne se dissimulait pas qu'elle avait devant elle une majorité plus compacte et plus ferme qu'aux jours de l'Assemblée Constituante ; mais se flattant de reconquérir le Président, elle ne cessait d'irriter et de caresser tour à tour ses susceptibilités et elle affectait d'adopter pour programme la lettre au colonel Edgar Ney. M. Thiers^, dans son rapport, n'avait point parlé de cette lettre. M. Mathieu (de la Drôme) voulut interpréter cette omission comme un signe de dédaigneuse hostilité : (( Le Président, s'écriait l'orateur, pourrait-il, comme pouvoir exécutif, se faire à Rome l'agent, l'instrument d'une politique qu'il a, lui, flétrie dans sa lettre du 18 août?... Pour qu'il en soit ainsi, commencez donc par lui défendre de s'appeler Napoléon* ! »
M. de Tocqueville, tout en s'appuyant sur le rapport de M. Thiers, avait voulu consoler le Président très sensible à cette omission. 11 rapprocha des dépêches ministérielles la lettre en question. « Elle peut être considérée, dit-il, comme un résumé sommaire, rapide, familier, si vous le voulez, mais, comme un résumé fidèle de notre politique, elle la traduit dans un élan généreux et fier. Nous ne l'avons jamais désavouée et ne la désavouerons jamais. )>
M. Victor Hugo vint ensuite donner un solennel assentiment au langage de l'Opposition. Cette désertion, en présence de l'ennemi, appela M. de Montalembert à la tribune : « Le discours que vous venez d'entendre, dit-il, a déjà reçu le châtiment qu'il mé-