MALADIE. — DÉMISSION
Le dimanche 21, M. Mole m'écrivait :
(( Je partirais pour Stors, si des obstacles insurmontables ne m'en empêchaient. M. Thiers m'a demandé hier de vous écrire, et de vous prier de différer le plus longtemps possible l'envoi de votre démission, afin de retarder d'autant la discussion de votre loi sur l'enseignement. Je suis d^avis d'ajourner cette discussion au mois de janvier si nous le pouvons. 11 faut laisser se calmer les émotions du débat d'où nous sortons et les affaires de Rome se dénouer avant d'aborder les grandes questions de l'instruction publique. Mais le moment où vous romprez vos liens avec Je Cabinet ne peut, ne doit être choisi que par vous. Ce que, pour ma part, je désire le plus, c'est que si, comme on nous le dit, le Midi vous est nécessaire, vous en preniez promptement le chemin, tout en restant titulaire, ou vous réservant d'envoyer votre démission, lorsque vous ne pourrez plus faire autrement. Si j'étais bien sûr de ne pas vous fatiguer, je tâcherais d'aller vous dire tout ce que je ne saurais vous dire ici. Mais je crois qu'on vous fait mal, en allant si souvent troubler votre repos. Quels sont vos projets? Viendrez-vous à Paris, avant de vous éloigner davantage ?
« Montalembert s'est surpassé. Jamais il ne s'était élevé si haut, et jamais je n'avais vu la parole humaine agir à ce point sur une assemblée. Soyez sûr que nous devons nous tenir pour satisfaits du dénouement; mais les esprits sont inquiets. On se sent entraîné vers un avenir aussi obscur que redoutable. Si Dieu ne s'en mêle, je ne sais où nous irons.
o4S CHAPITRE QUATORZIÈME (l849).
Ne vous fatiguez pas à me répondre. Faites-moi seulement savoir vos projets. Pour vous et pour nous, je tiens à les connaître.
« Recevez, mon cher Ministre, l'expression de sentiments qui vous sont connus et ne finiront qu'avec moi.