MALADIE. — DÉMISSION
les fruits d'une si longue lutte. M. Goquerel, pasteur protestant, marchait d'accord avec l'éveque de Langres, et M. Barthélémy Saint-llilaire qui n'avait cessé de me combattre, se trouvait en face de son ami, M. Thiers, envers qui il ne perdait jamais l'attitude de la déférence. Toutes les résolutions, sauf quelques questions de détail, furent prises à la presque unanimité. M. Thiers était, pour ainsi dire, président de droit, et, chose plus significative encore, M. Beugnot fut élu rapporteur.
Dans la question romaine, l'Assemblée autorisait les mêmes espérances et donnait les mêmes garanties. A Rome, les trois cardinaux, dont l'administration provisoire avait été peu satisfaisante, allaient s'effacer. Le Pape était surle point de rentrer dans la Ville Éternelle, et le manifeste dont il faisait précéder son retour, était accepté en France, sans enthousiasme, mais aussi sans réserve inquiétante. Il m'aurait fallu plus de présomption et plus d'ambition que je n'en avais pour croire ma présence nécessaire ou pour rêver d'autres succès. Je m'estimais, au contraire, fort heureux et fort récompensé par les résultats obtenus. J'avais, pour les compléter, parfaite confiance en mes amis, et j'étais sûr que rien ne péricliterait entre leurs mains, tant que l'Assemblée resterait debout. Je sentais d'ailleurs que ma souffrance mal guérie et probablement inguérissable avait sonné l'heure de mon Nn7ic dimittis. Je pris donc l'irrévocable parti de me retirer sans plus de délai. J'en avais informé à Stors M. de Persigny, qui était venu me voir en ami, sans lui cacher toutefois que j'attendrais le vote
de l'Assemblée sur le Motu proprio pour considérer comme résolues les difficultés les plus ardues de la question romaine. Ce vote acquis, j'adressai ma démission au Président, en le remerciant avec sincérité de sa constante bonté envers moi, et ma lettre à peine expédiée, je me hâtai de gagner Paris, afin d'y faire mes préparatifs de départ pour Nice.