‹ Mémoires d'un sans-culotte bas-bretonChapitre 8 sur 13 · G ]1ÉH0IB£S · texte numérisé non relu

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éclairaient de loin en loin ce spectacle inouï j Les premiers commencèrent à défiler devant nous. Je tenais la main de madame Benoist, qui regardait béante et éperdue ; tout à coup elle fit un mouvement , je me penchai...

— Ce n'est pas lui, me dit-elle.

Les prisonniers passaient toujours.

11 y avait des femmes qui levaient leurs nourrissons dans leurs bras en criant :

— Une mère, une mère pour mon pauvre enfant !...

Quelquefois alors deux mains s'avançaient entre les baïonnettes, la mère jetait son fils, et continuait sans savoir même à qui elle Favait légué !

Je ne sais combien de temps il en passa ainsi !... Lorsque le dernier eut disparu, madame Benoist poussa un cri de joie.

— Il n'y est point, me dit-elle, venez.

Laissons d'abord passer ces gens.

£n effet , Robin ' et ses compagnons descendaient du Bouffai , portant des manne-

« Un Ae» ohofa des noceurs.

D'VN SAIVS-CULOTTE bas BSKTOn. 167

quins chargés d'objets précieux enlevés aux malheureux qui allaient périr. Nous nous retirâmes dans l'ombre pour qu'ils ne pussent nous voir. Les hommes armés s'étaient dirigés vers la Loire, et l'on voyait briller les torches au milieu du fleuve ; bientôt des coups de hache retentirent... Un cri terrible s'éleva et mourut presque aussitôt... Les torches avaient disparu !

L'escalier était libre , nous montâmes en courant à la prison. Je présentai le papier au geôlier.

— Le citoyen Benoist , dît-il ; il est mort sans doute, car on Fa appelé tout à l'heure sans pouvoir le trouver.

Madame Benoist et moi nous échangeâmes un regard.

— Conduisez-moi à son cachot,dit-elle ; je veux le chercher.

Je la laissai monteravcc Lagueze ; elle reparut bientôt accompagnée de Benoist. Nous nous jetâmes dans les bras l'un de l'autre.

Une heure après ils avaient tous deux quitté Nantes et je faisais moi-même mes préparatifs de départ.

de Nantei. — ArrÎTée à Gwngamp.

Brest en 1794.

Je me mis en route le lendemain et j'arrivai sans accident à Gaingamp.

Mais j'y trouyai des demandes et des propositions qai nécessitèrent de noavelles absences. Au milieu du trouble que Faction révolutionnaire avait jeté partout, on eût en vain essayé de traiter les affaires par

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