Chapitre III
Kncore l'Intendant ! — Sa forcp en aiithniélique et en algèbre. — Ménoge et finmiC' s de M. Dupiiis, — Vieilte, rue et jeune feiiinip. — Fiùle Pt laiiibonr — .Madeiiinisolli- Suzanne, troisième tambour. — Jeune ni) x et vieux singe. — M. l.a Tulipe — le l»nib'iur d'un laiiibour. — l.;i gourde de Jucqiies-li'-Fatatlste. — " Mais i|uel(|u'un trouble la ffle ..» — Sainte-alliance inrerpocula el syihos. — I e ciiien de Jac<iiies-|p-FatHliste. Celui de niademoisellu Suzanne.
Cet honnête coquin d'intendant était depui-s une vingtaine d années au service de la marquise, — qu il avait volée avec une audace toujours (ouronnée de succès. Dédaigneuse dés petits ou grands tripotages auxipiels il se livrait si i ffronlément, elle avail laissé faiiv sans rien dire, sans témoigner un seul instant d'étonnemenl ou de mauvaise humeur, — supposant avec raison que les intendants étaient faits pour voler et leurs maîtres pour être volés.
Une fois cependant — par je ne sais (juel cajirice do femme — elle aval voulu être édifiée sur certains détails d'économie domestique el initiée à certains mystères d'arithmétique, jusque-la lettres closes pour elle, et elle avait ajipelé l'honora hie M. Du puis.
Lie 1101 able M. Dupuis était venu, serviteur obéissant, dans le petit salon rose où je faisais depuis si iongteiiins une si triste figure. On lui demandait des comptes : il rendit des comptes, (hi l'interrogea ; il répondit sans embarras. On voulait lui prouver sa friponnerie ; il prouva par A plus B multiplié par Z qu'il était le plus honnête hn.iimc de France Cl de Navarre.
M. Dupuis n'élaii pas un aigle,— bien c^u'il eut le vol d'une large envoi guro. C'était un homme d'une intelligenee étroite et bornée , incapahlc de raisonnement et de raison nour les choses ordinaires de la vie. Mais il avait une spécialité à lépanouissemcnt de laquelle il avait fait conlrihuer toutes ses facilités, — et, comme tous les spécialistes, il était dune certaine force.
La niari|uise voulait de rarilhinéliquc pure cl simple, — il lui servit de l'algèbre.
Aussi, au boni d'une heure de celle conversation zéhrdlr de chifl'res cl de calculs de toutes sortes , très lialiilemenl groupés dans un onlre qui ressemhlait beaucoup au chaos, la marquise renvoyait son inlendaiil lavé de tout soupçon, — en murmiiranteomme je ne sais plus (luel grand seigneur qui s'étnil trouvé pris, un beau jour, de la même volh-'ilé qu elle :
— Il est clair pour moi i^tie DuiiuLs me vole. Mais il osl à mon service ilenuis vingt ans : il a dit s'c^nrieliir. Si je lo chasHids et cjue je prisse un autre iiilend:inl, cet autre serait pauvre et voudrait s'enrichir aussi à mes dépens, comme Dupuis. Il V mettrait naturellement moins rie discffiliou el
D'UN VIELFX SOI).
finirait sans doute par inn ruiner .... Tome rélloxion l'aile, j'aime niioux consorvnr l^u|)uis, qui esl trop gras pour songer maintenant à s'arrondir encore...
Celte euriosit*! n'avait aliouli qu'à lui donner une violente migraine. Pourquoi aussi (Hnit-eile curieuse?...
J'ai eu occasion de le constaliT souvent dans le cours de mes pi^n^grinalions : la curiosiii' est une chose malsaine.
M. Ilupuis f'tail donc devenu mon maître, — par droit de conquête.
Ce maître, qui venait de perdre sa vieille maîtresse, avait quelque part dans Paris, une jeune maîtresse, — sa vêritahle maltresse.
« Ce qui vient de la flûte s'en retourne au Inmbour. >• Proverbe vrai, — par e.\iraordinaire. I,a tlule, c'était la marquise; le tambour, c'était mademoiselle Suzanne.
Mademoiselle Suzanne avait vin^i-irois ans, un nez retroussé, des yeux à la perdition de son ftine, les cheveu.x noirs comme la nuit et des dents bbinches comme du plaire. Elle exerçait ostensiblement le métier de ravaudruse dans une petite cliamhre dune petite maison de la petite rue du Carneau, et, inostensiblcment, elle exerçait le métier charmant de [laresseuse.
La petite rue du Carneau — supprimée et oubliée depuis longtemps — communiquait de la rue de la Bùcherie à la Seine, ii quelques pas du Petit-Pont. C'était, au un* siècle, un endroit qu'on nommait la Poissonnerie; au îiV siècle, c'était la rue des Porrécs, où se vendait le poisson d'eau douce; au ivii* siècle, c'était la rue du Carneau, — nom (|ui lui venait de sa pro.xiniiié du Pelit-Chàlelcl , dont les carneaux ou créneaux donnaient sur cette rue.
M. Dupuis avait choisi ce quartier populeux pour plusieurs raisons : la première, parce que les logenienis y coùlaienl moins cher qu'ailleurs-, la seconde, parce qu il était suffisamment éloigné de la Place-Royale . et que le bruit de ses fredaines amoureuses ne pouvait ainsi parvenir aux oreilles de la marquise; la troisième, parce que, en sa qualité de quartier populeux et populaire , aucune des personnes qui venaient à la Place-Royale et qui connaissaient Dupuis |)our un homme de mœurs "rigides, ne devait jamais venir s'y égarer.
Il y avait bien encore quelques raisons, mais elles ne valaient pas ces Iroislà, et, à cette cause, je m'abstiens de les donner. Ces trois-là sutTisaienl, d'ailleurs.
Mademoiselle Suzanne éiail le troisième tamtour choyé par l'honnôte M. Dupuis aux dépens de cette llùlc qui s'appelait la marquise. M. Dupuis aimait les cerneaux, — comme tous les vieux singes qui n'ont plus assez de dents pour croquer les vieilles noix. Il les aimait beaucoup , il les aimait immodérément même, — de manière à en avoir des indigestions,— et, quand il n'y en avait plus, il y en avait encore. Jamais les cerneaux ne manqueront à Paris, — non plus que les vieux singes.
il y avait cinq ans que mademoiselle Suzanne — le troisième tambour de M. Dupuis habitait ce petit Ingement de la petite maison de la petite rue du Carneau. Elle vivait là très simplement, mais très à son aise, travaillant de temps en temps pour avoir 1 air de travailler, — peut-être aussi pour n'en pas trop perdre l'habitude. On ne savait pas ce qui pouvait arriver. M. Dupuis avait cinquante ans, el — ses indigestions aidant — il pouvait mourir d'une nuit à l'autre, .\dicu, alors, aux grasses matinées, aux petits soupers fins, aux toilettes coquettes, — aux mille riens ch. armants qui font heureuse l'existence d'une jeune femme '
Donc, mademoiselle Suzanne travaillait — de temps en temps.
L'argent ne lui manquait pas, certes, et si elle avait eu — dans sa petite cervelle de linotte — la plus simple notion d'ordre et d'économie, elle aurait fait des provisions pour l'avenir.
Ah ! bien , oui ! l'avenir ! Parlez donc d'avenir à ces cervelles éventées qui ne savent rien prendre au sérieux dans la vie et qui chantent à gorge déployée tout le long, le long de la sainte et belle journée, les airs les plus joyeux de la terre, — sans souci des maladies, des misères et de la vieillesse !
Les cigales ne sont pas des fourmis, après tout' Cigales d'abord, — fourmis ensuite.
El puis , et puis ! ce joli tambour de M. Dupuis était luimême le tambour d'un joli garde-française qui, un ^oir d'été, en passant par hasard rue du Carneau , avait reiiconlré les yeux noirs de mademoiselle Suzanne. Mademoiselle Suzanne — comme toutes les femmes— adoiait le costume militaire, celui des gardes-françaises, cntr'auires. M. le sergent La Tulipe — comme tous les soldais — savait letlel iirésislible
produit par sou (toslume. De là àaiilie cl:os..'. il n'y :ixail que In main. Mademoiselle Suzanne la lendit, M. La Tulipe S'en empara, — el le roman que vous connaisse/, rommunça. Il y avait déjà plusieurs mois qu'il durait, lorsque arrivèrent les événements que j'ai essayé do raconter.
M. Dupuis vint un malin avec le butin conquis sur le petit salon rose de la marquise et le déposa sur la table de mademoiselle Suzanne — qui, à l'aspect de toutes ces choses élrant;es d'or et d'argent, ouvrit ses grands yeux noirs plus grands encore. Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'elle ne m'acrorda pas la plus petite attention : du premier coup d'œil, elle m'avait estimé à ma jii.ste valeur. Pour elle, je n'étais qu'un sou, — rien qu'un sou.
Or, (pie pouvait faire d'un sou , je vous le demande , une jobe fille qui était habituée à voir des loiiis au soleil , des louis à la croix de Malte, des lys d'argent, des dcus de Flandre, etc., etc.. etc.?...
La pauvre fille! Elle était du peuple, el elle méprisait le sou plébéien! Les petits qui méprisent les petits, — cela m'a toujours allristé.
Mademoiselle Suzanne demanda — pour la formel-quelques explications sur la provenance de ces objets de prix. M. Dul'Uis inventa une hisloire quelconque, dont elle se conlenta, et, passant du doux au grave, il lui parla des orages qui s'amoncelaicnl sur leurs lèies, des dangers qu'ils allaient très cerlainemeni courir, — el de deux ou trois autres choses aussi rassurantes.
Quant aux orages, mademoiselle Suzanne avait un excellent I arapluic — qui élail sa jeunesse et aussi sa beauté. On persécute les hommes, — mais on respecte les femmes.
.\insi pensait-elle, du moins, en songeant, d'un autre coté, que si le quinquagénaire Dupuis devenait par hasard insuffisaiil comme protecteur, elle s'adresserait au vingienaire La Tulipe, — el, à défaut de La Tulipe, à d'autres La Tulipe civils ou milinires.
Quanil .M. Dupuis se fut éloigné, pour aviser aux moyens de mettre à l'abri des événements la fortune qu'il avait acquise aux dépens de la tlùle que vous savez, et que , malgré son appétit de vingt-trois ans et de trente-deux dents , son tambour n avait pu dévorer, on frappa discrètement à la porte de la chambre — cl le lamhour du tambour entra.
M. La Tulipe avait, lui aussi , une infinité de choses à raconter à mademoiselle Suzanne : la prise de la Bastille, la victoire du peuple, les modifications gouvernementales qui allaient très certainement en résulter, — el quelques autres nouvelles en circulation dans Paris.
Pour i'instant, son métier de garde-française devenait difficile, — pour ne pas dire impossible. Il avait laissé ses camarades fraterniser avec les énieuliers el s'était échappé — do peur de mal. Il allait donc s agir de le dérober pendant quelque temps à la curiosité des passants, lui offrir un asile sûr, — ainsi que le vkium et le veslilum.
Puis, passant du grave au doux, il embrassa copieusement mademoiselle Suzanne sur ses belles joues en fleur, et démasqua une batterie lomposée de deux bouteilles de chamberlin qu'il avait soigneusement enveloppées dans sou jiortemanleau de voyage.
— Soupons.Ma belle! —dit-il, en s'altablant pour donner l'exemiile. — Soupons! Nous trouverons peut-être des idées dans ce chamberlin.
N'était-ce pas ainsi que faisait Jacques-le-Fataliste dans les moments difficiles? Rappelez-vous : « Le d'-rnier avis uc Jacques était : C est l'avis de la gourde et le mien. Lorsque le destin était muet dans sa lêle, il s'expliquait par sa gourde ; c'était une espèce de Pythie portative , silencieuse aussitôt qu'elle élail vide. »
La gourde , c'est-à-dire le chamberlin , donna une foule d'idées à M. La Tulipe el à mademoiselle Suzanne, sans compter celles qui leur venaient naturellement de la jeunesse, — celle gourde que l'on croit inépuisable, ei qui, ijouriant, se vide si vile !
Sur un tapis de Turquie, Le couvert ^e trouva mis.
Je laisse à penser la vie Que tirent ces deux amis.
Le régal fut fort honnête ; Rien ne manquait au fistin :
"Mais quelqu'un troubla la fête Pendaut qu ils étaient en irain...
Ce " quelqu'un, » c'était tout simplement l'honorable M. Dupuis.
Quand il enlra . il ne vil rien , parce qu'il faisait presque
fiuii, — 01 aussi parce qu il ne voulait rien voir. 11 loussi plusieurs fois, — comme atteint d'un rhume subit, — et alla tranquillement allumer une lampe qu'il posa ensuite sur la table , encombrée de reliefs. A l'âge qu'avait ce brave homme de fripon , — dont la conscience avait l'té chloroformist'e si souvent , — on ferme volontiers les yeux sur les choses qui pourraient vous y faire mal.
— Bonsoir, mes enfants, bonsoir! — dit-il, en continuant H tousser.
— Bonsoir, bon ami ' — rt'pondit Suzanne de sa voix câline.
— Bonsoir, monsieur Dupuis ! — riîpondit La Tulipe, en retroussant gaillardement sa jeune moustache.
— Monsieur La Tulipe . je suis bien le vôtre '. — dit l'intendant en saluant avec affectation le garde-française.
— Quelles nouvelles, bon ami? — • demanda Suzanne, en trottinant cà et là dans la chambre, comme une souris futéo qu'elle était.
— Mauvaises, mes enfants, mauvaises! — répondit M. Dupuis, qui voyait ses intérêts compromis et ses économies menacées par les événements. — Mauvaises, très mauvaises. Cette année a eu un abominable commencement , elle a un abominable milieu, elle aura une abominable fin!... On a pillé la manufacture de papiers peints de Réveillon, dans le faubourg Saint-Antoine... Le clergé a renoncé à ses privilèges pécuniaires, la noblesse aussi... M. Bailly a été nommé président de la chambre du tiers-état... Le tiers-étal des étatsgénéraux s'est constitué en assemblée nationale... La noblesse et le clergé se sont réunis au tiers-état... On a brûlé les barrières de Paris... On a pris la Bastille... M. le marquis de La Fayette s'est mis à la tète des révoltés.. Le roi vient d'être forcé de mettre à son chapeau la cocarde tricolore... Le monde est renversé! Je ne sais plus où nous allons; tout est perdu... Les Parisiens sont des brigands!...
— Vous exagérez, M. Dupuis, vous exagérez, — dit La Tulipe, toujours frisant sa moustache d'un air de fatuité adorable.
— Je n'exagère rien, monsieur La Tulipe, rien ! — répliqua un peu sèchement l'intendant. — Les Parisiens sont des monstres.
— Etes-vous de cet avis, belle Suzanne? — demanda le garde-française, qui était né en pleine place Maubert.
— Il v a certainement des exceptions, monsieur La Tulipe, — répondit Suzanne en le regardant avec son sourire des bons jours, ou plutôt des bonnes nuits.
— Les nobles sont partis, — reprit M. Dupuis. — Les nobles sont partis! Le roi partira aussi... .Avec eux et avec lui s'en ira l'argent... Nous allons tous crever de faim comme des misérables... Vous entendez, Suzanne?
— Parfaitement, bon ami, parfaitement. Eh bien! est-ce que je ne suis pas une ravaudeuse habile? Je gagnerai tout aussi bien ma vie que par le passé.
— Oh ! cela ne m'est pas prouvé, mignonne, — interrompit méchamment le quinquagénaire.
— Cela m'est prouvé, à moi, bon ami, et cela suffit... D'ailleurs, n'ai-je pas des amis? Vous, par exemple?
— Oh ! moi... je suis ruiné !
— Vous ou monsieur La Tulipe, je n'y liens pas. Vous avez le droit de cesser de me voir, je ne vous en voudrai pas pour si peu. M. La Tulipe est un brave cœur... Il connaît beaucoup de monde... il m'aidera... El puis, si par hasard il ne le pouvait pas... je ne suis pas maucholle... je trouverai d'autres protecteurs!...
— Ne vous emportez pas, mignonne, — s'écria M. Dupuis, effrayé à cette pensée de vivre sans Suzanne. — .Ne vous emportez pas, nous vous restons... nous vous aiderons... nous vous protégerons... Les temps sont durs, c'est vrai, mais ce n'esl pas une raison pour vivre éloignés I un de l'autre... Je vais quitter la place Royale, qui ne ni'olfrc plus assez de sécurité, el m'élablir dans celte petite maison de la rue du Carneau. Nous vivrons l.'i tous les deux...
— Tous les trois, s'il vous plall, bon ami, — interrompit Suzanne, en désignant La Tulipe. — Tous les trois'... M. La Tulipe n'a pas voulu fraterniser avec le peuple... il a été poursuivi... il csl venu se réfugier ici... Il s'est adressé à mon amitié... j'ai consenti à lui accorder une hospitalité provisoire, rrrt linc d'avance d'être approuvée par vous.
Oui, oui. vous avez bien fait, mignonne, — je vous approuve. M. La Tulipe est un très honm'li- garçon qiie j'e^limc fort et ft qui je dcrnandc son aniiti."'. --i toutefois il m'en juge digne.
— Comment donc, iiionsjpiir Diipins. ronimenl donc! —
exclama le garde-française en tondant royalement sa main ù l'intendant.
— .Allons, allons ! c'est pacte conclu. Nous venons de former là une sainte-alliance que rien ne pourra rompre... n'est-ce pas, monsieur La Tulipe?
— Rien, monsieur Dupuis, rien !...
— -A la bonne heure! — s'écria joyeusement la brave jeune femme en frappant ses mains l'une contre l'autre, en signe de satisfaction.
Celle sainte-alliance fut consacrée par un souper auquel contribua, pour sa part, le beau garde-française qui, ne voulant pas être en reste de générosité avec M. Dupuis, alla quérir deux nouvelles bouteilles de Chambertin à l'endroit où il avait cueilli les deux précédentes, vraisemblablement, — c'est-à-dire chez l'hôtelière du cabaret de la BouteiUe-d'Ùr, rue de la Cité.
Je ne vous raconterai pas ce souper. M. Dupuis n'était pas un aigle ; M. La Tulipe était un soldat ; mademoiselle Suzanne était une ravaudeuse. Leur conversation n'eut rien d'intéressant, — malgré le Chambertin. Les pieds seuls causèrent éloqucmment et spirituellement — sous la table.
Décidément Jacques-le-Fataliste avait raison : chacun a son chien dans le monde. Le ministre est le chien du roi, le premier commis est le chien du ministre, la femme est le chien du mari ou le mari est le chien de sa femme... Les hommes faibles sont les chiens des hommes fermes.
M. Dupuis était le chien de Suzanne et de La Tulipe, — mais il devait un jour leur montrer les crocs el les mordre.