CHAPITRE PREMIER. — ABRÉGÉ DE MA VIE
étonnée de ce qu’il ne me revenait que cela, la maison de la rue deFontarabie ayant été vendue, et aussi de - ce que mon frère avait gardé, sur ma part, 400 fr. pour couvrir les frais du mariage de son fils avec ma sœur.
Que m’importait un peu d’argent, dans l’état d’esprit où je me trouvais? .l’étais bien pauvre; mais j’avais tant de ressources en moi-même, il m’était si facile de me placer, je m’étais trouvée si bien partout où j’avais été, que plutôt que d’avoir une discussion d’intérêts, plutôt que d’avoir une seconde iournée comme celle du testament, j’aurais mieux aimé perdre tout l’or du monde. Ceux que j’aimais m’avaient frappée dans ma foi en eux. Tout était fini entre nous î
Depuis ce moment, nous n’avons plus eu aucun rapport ensemble. Cependant, chaque fois que je donnais un concert, je leur envoyais des billets à tous. Ma sœur et son mari y venaient régulièrement. Ils avaient même d’assez fréquentes nouvelles de ce qui se passait chez moi. J’ai su plus tard qu’ils trouvaient moyen d’avoir de leurs connaissances parmi mes habitués et se montraient fort curieux de ce qui me concernait.