I.'HAP. III
MON ENTRÉE A OHARENTON.
à M. Athanase Coquerel, pasteur protestant, à Paris, ami de M. et Mlle Johnson, mais de ne le faire que quand j’aurais trouvé des protecteurs et recouvré mes papiers Rouy, parce que l’important était de savoir pourquoi ce nom était mis en doute, et pourquoi il y avait eu une substitution et une séquestration.
L’existence de ce docteur Chevalier est prouvée par une lettre de lui, du 7 novembre 1854, priant le directeur de Charenton de suspendre mon transfert à la Salpêtrière, et par une lettre de Mme Isabelle Chaplin, qui se dit belle-mère de ce docteur et déclare le lendemain avoir été abusée par des promesses erronées, les personnes disposées à payer ma pension ayant renoncé à le faire.
Je connaissais les dames Chaplin depuis 1838, et j'affirme que le 8 septembre, jour de mon enlèvement, MUe Chaplin n’était pas mariée, qu’il n’en était même pas question. Il m’est donc difficile d’admettre qu’un mois après Mme Chaplin eût pour gendre un docteur Chevalier, qui donne son adresse 7, rue Marbœuf, alors que l’almanach Firmin-Didot de 1854 ne contient le nom d’aucun Chevalier dans la liste des médecins et officiers de santé.
J’ai rendu à ce mystérieux docteur les papiers Johnson, les actes sous seing privé et 17,500 fr. sur l’argent que j’en avais reçu.
Une lettre de mon neveu Henri à son père, communiquée par ce dernier, prouve que les inconnus qui
s’occupaient de moi n’existaient pas seulement dans mon imagination.
Paris, 9 novembre 1854.
Il est venu samedi 6 novembre, le soir, me voir à la
Presse un monsieur dont je n'ai pu saisir le nom. Dans la conversation qu'il a eue avec moi, sa voix était très-basse et trèsdifficile à entendre. Ce monsieur, dans tous les cas, m'a demandé si j’étais le frère de Jllle Hersilie Rouy.
Le docteur Chevalier avait écrit le 7 pour suspendre mon transfert.
Sa belle-mère, Mme Chaplin, écrit le 8 pour le presser.
Un visiteur inconnu va le 9 à la Presse révéler à la famille Rouy qu’il connaît mon nom véritable et ma parenté, alors que j’ai été enfermée sous le nom de Chevalier, de parents inconnus
Il y avait hâte de me faire quitter Charenton.