C.HARENTOX
est passé. Ouest entré immédiatement chez moi, et on m’a dévalisée. Qui? Peut-être un peu tout le monde, comme on le verra plus loin.
Je ferai remarquer que toutes les lettres échangées à mon sujet sont sans date avanL mon enlèvement, et régulièrement datées après.
J’emprunte à une lettre de M. le vicomte d’Aboville les renseignements sur la lettre de détails du docteur Pelletan :
La lettre de détails adressée à M. Rony manque au dossier. J’en demande copie à M. Rouv le 28 décembre 1875.
M. C.-D. Rouy me répond le 30 qu’il a de nouveau compulsé tous ses papiers, sans y trouver cette lettre ; qu'il l’a sans doute brûlée par inadvertance, il y a environ trois mois, avec deux ou trois cents autres.
V" d’Aboville.
Singulière inadvertance! Le 23 décembre 1868 M. Rouy écrivait à M. le receveur des hospices d'Orléans qu’il gardait soigneusement tout ce qui concernait Mlle Chevalier, et qu’il avait inscrit sur ce dossier, comme recommandation à ses héritiers : « Aucune pièce de ce fatras ne doit être anéantie, » et il en brûle lui-même une telle quantité, qu’elle le laisse sans aucune preuve de ma folie qu’un certificat dont il ne veut pas se servir !
S’il avait effectué lui-même le placement, il aurait dû se nommer. C’est pour éviter cela que le docteur Pelletan a pris sur lui de me conduire en personne.
A notre arrivée à Charenton, il est entré au bureau et a remis le certificat suivant :
Je, soussigné, médeein de Lariboisière, chevalier de la Légiond’Hcnneur, certifie que Mllc Hersilie Rouy, demeurant rue de Penthièvre, 19, est atteinte d’une monomanie aiguë avec hallucinations.
Cette affection la rendant dangereuse pour elle-même et pour les personnes qui l’entourent, exige son admission immédiate dans un établissement spécial.
En foi de quoi j’ai signé la présente attestation.
Signé : B°n Pelletan de Kinkelin
Paris, 8 septembre 1854.
Je fus inscrite au registre matricule, sans autre pièce à l’appui que ce certificat : « Chevalier.... Hersilie, iO, rue de Penthièvre, » rien de plus.
Comme il n’arrivait aucun renseignement du dehors, M. Verjean, l’un des internes, est venu me demander mon nom, mon âge et ma profession, que je lui dis. Vers la fin de septembre, un autre interne, M. Laisseraye, me demanda mon lieu de naissance et mes prénoms.
Comme il se trouvait un blanc entre Chevalier et Hersilie, on y intercala Rouy ; mes deux prénoms complémentaires, Camille- Joséphine, suivirent celui d’Hersilie,au lieu de le précéder, et on remplit les indications, restées en blanc dans le bulletin imprimé, suivant ce que j’avais dicté aux internes. Pourquoi n’y a-t-on pas inscrit également les noms de mon père et de ma mère que j’avais donnés comme le reste?