‹ Mémoires d'une biche anglaiseChapitre 10 sur 41 · MKMÜIllKS u’LXE UlCHK ANGLAISE · texte numérisé non relu

MKMÜIllKS u’LXE UlCHK ANGLAISE

et deux guinées, qu’elle devait lui rapporter dans un jour ou deux, quand elle serait à flot.

Elles se promenèrent en voiture dans le Parc, mais Annie ne put rencontrer aucune de ses connaissances, et elles allèrent à la salle Saint James pour dîner.

Annie commanda le dîner ; elle choisissait les plats et leur donnait le nom Français en s’adressant au garçon qui tenait une carte à la main , et marquait dessus ce qui lui était demandé, en rétallissant les noms Anglais.

Elle ne pouvait voir ce qu’il écrivait, car elle en eut été fort divertie, et peut-être eût-elle réservé son Français pour une meilleure occasion.

— Anguille en matelotte, — dit-elle.

Le garçon écrivit ;

— Rognons sautés au Champagne,

— Oui, marne...

— Côtelette de veau à l’Anglaise et axxx^ues hej'bes, — dit Annie, — et salmis de perdreaux.

— Oui, marne, — dit le garçon. — Je commande à l’instant.

Et il s’éloigna en courant.

Annie couronna ses efforts gastronomiques en ordonnant une bouteille de Carlowitz.

Carry était vivement frappée des perfections d’Annie Hargrave, et elle avait pour elle une admiration sans limites.

— Une femme qui peut commander un dîner en Français, — pensait-elle, — doit être vraiment une personne bien supérieure.

Et elle se mit à manger avec toute la grave dignité que comportaient les circonstances.

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Après le dessert, Annie dit ; —

— Venez chez moi, nous rajusterons nos toilettes et après nous irons à Arpryll; demandez la carte, payez le garçon et partons.

Carry ne fit aucune objection, elle fit ce qui lui avait été dit, et le brougham conduisit les deux amies à la porte d’une maison dans Pimlico , où demeurait Annie.

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