‹ Mémoires d'une biche anglaiseChapitre 2 sur 41 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ai; Black Jack, \ Liverpool

— Veux-tu redresser ces quilles mieux que cela?

Ces paroles étaient prononcées par un homme d’allures communes, habillé comme le sont d’habitude les marins. Son chapeau goudronné était à terre à côté de ' lui, et un verre do grog placé sur le rebord de la seule fenêtre que possédait Tappentis sous lequel il se trouvait. Il jouait aux quilles dans l’arrière-cour d’un cabaret de Liverpool, rendez-vous des marins de toutes les parties du monde. Une espèce d’auvent avait été dressé à la hâte pour les besoins des pratiques de la maison. Il n’était couvert qu’<à moitié,

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et la partie la plus reculée restait à ciel ouvert, pour laisser parvenir la lumière, et peut-être aussi pour des raisons d’économie. Ce cabaret se nommait le Black Jack, et jouissait d’une grande réputation parmi les matelots de la Marine Marc-bande d’Angleterre.

Pour le moment il y en avait un grand nombre qui formaient galerie pour suivre la partie de deux trè.shabiles joueurs. Les paris étaient fort animés, mais les chances restaient en faveur de l’homme qui avait-prononcé les paroles que nous avons rappoidées plus haut; ces paroles s’adressaient à une jolie hile, à la belle chevelure, âgée de seize ans au plus, qui était occupée à relever les quilles renversées..

La cause de la mauvaise humeur du marin provenait du peu de soin qu’apportait la jeune fille à replacer les quilles, qui, n’étant pas bien posées, tombaient les unes sur les autres, et la mettaient sans cesse dans la nécessité de recommencer son travail’. Elle était évidemment accoutumée aux rebuffades du marin, car elle ne parut pas en prendre grand souci, et elle répara sa faute avec la plus grande tranquillité. Lorsqu’elle eut fini, le marin recommença à jouer, la jeune fille se rapprocha d’un jeune homme qui fumait une pipe de terre, et il s’établit entre eux une conversation vive et animée. Ils paraissaient se connaitre fort bien l’un l’autre, et leur entretien semblait être tout au moins engagé dans les termes de la plus grande familiarité.

Le jeune marin avec lequel elle causait était troisième pilote sur le brick faisant le commerce

entre quelques ports d’Espagne et Liverpool, et se trouvant actuellement dans ce dernier port. C’était un beau

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g:arçon; il avait les clieveux noirs et frisés, de beaux yeux et des traits réguliers; une fine moustache ornaitsa lèvre supérieure, mais il so rasait avec soin la barbe et les favoris, ce qui ajoutait encore à sa bonne mine. Son nom était Charles Adams, mais on l’appelait habituellement Charley Adams, ou le Seigneur, par ce qu’il était évidemment supérieur à ses camarades et à ses égaux, tant par son extérieur que par ses manières et sa conduite; son air de gentleman jurait presque avec l’origine qu’on lui donnait, car il était le fils d’une pauvre femme qui blanchissait le linge des matelots lorsqu’ils étaient à terre. Quant à son père, il n’en eut jamais la moindre connaissance, et sa mère garda toujours le plus judicieux silence chaque fois qu’on voulut aborder ce sujet. Comme c’est le fait d’un fils sage d’être bien renseigné sur l’auteur de ses jours, nous devons supposer qu’il ne possédait pas toute la sagesse désirable, car il restait dans la plus complète ignorance sur ce point important et vital, qu’il eût donné beaucoup pour connaître.

La fille qui occupait dans la salle du jeu de quilles l’importante position que nous avons définie plus haut, était vive, adroite, prompte à la repartie, et c’était une charmante partenaire pour engager avec elle une conversation. Ses relations continuelles avec les marins avaient développé chez elle une sorte d’effronterie et de liberté que peu de jeunes filles de son ùge possèdent au même degré. Comme on peut bien se l’imaginer, la conversation des hommes de mer n’est pas toujours du meilleur goût, et la morale qu'ils peuvent inculquer n’estpas dés plus salutaires. C’est une classe d’hommes

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bien 1-aremont propres à propager l’Évangile dans les pays étrangers, et si le sort qu ils invoquent si souven dans leurs jurons leur est réservé, leur avenir dans la vie éternelle leur promet plus de chaleur que de plaisir.

Le nom sous lequel cette jeune fille était connue était Carry Waters. Avait-elle quelque droit à porter ce nom ? C’est une question à laquelle sa mère seule aurait pu répondre, mais comme cette excellente femme était morte depuis quelques années, c’est un fait que l’on peut classer parmi ces immortelles énigmes que le Sphynx posait aux voyageurs et qui les frappaient d’une si grande épouvante.

Carry Waters vivait avec sa grand’mère, qui était une fort vieille femme de la plus pauvre condition. Elle n'avait pas la crainte de Dieu, car sans cela elle n’aurait pas laissé sa petite-fille chercher sa pauvre existence dans la voie où elle était engagée.

Cette femme, qui portait avec orgueil le nom de Baggs, était communément appelée la Mère Baggs ; elle était inscrite pour recevoir les secours de la paroisse, lorsque l’administration jugeait convenable de la faire profiter de ses misérables et dérisoires aumônes. Quand elle ne pouvait obtenir cette bonne fortune, une vieille machine à ealandrer lui permettait do tendre et d’aplatir les étofies de ceux de ses voisins qui étaient assez lions pour consentir à employer la Mère Baggs de préférence à de plus habiles ouvrières. Alors c’était habituellement à Cai’ry qu’incombait le soin de tourner la manivelle, et c’était un genre de travail pour lequel clic avait la plus grande répugna'nce, et contre lequel

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elle soulevait les plus puissantes olijoctions. C’était une bonne fille, avec les meilleures dispositions, mais elle n’aimait pas les travaux fatigants. Il ne lui déplaisait pas de l’elever les quilles pour les marins, parce ipi’elle pouvait causer avec eux, parce qu’ils lui donnaient dé temps eu temps quelques petits pourboires, parce que plusieurs d’entre eux lui adressaient des compliments, et parce que , semblable en cela à toutes les autres jeunes filles, elle en était toute charmée et toute ravie. Charles Adams avait pris un goût décidé pour la petite fille de la Mère Baggs, et il éprouvait un vif déplaisir lorsqu’un autre que lui avait quelque attention pour elle. Carry semblait presque l’encourager, mais c’était plus par coquetterie que par tout autre sentiment. Il lui était agréable d’avoir un amoureux, — cet utile accessoire dont beaucoup de ses compagnes étaient pourvus.

Carry manquait complètement d’éducation , et ne savait même pas signer sou nom. Elle pouvait lire un peu, en épelaiit les mots avant de les prononcer. Sa seule qualité était sa facilité à s’exprimer, qui, jointe à son effronterie qui était sans limites, lui avait fait une réputation parmi la population maritime de Liverpool, au milieu de laquelle elle avait vécu jusqu’ici.

Elle s’écria en regardant Cbarlev Adams eu face : — — Pourquoi permets-tu à ce grand ponton démâté de jurer ainsi après moi?

Charley fronça les sourcils et répondit : —

— Il ne me faudrait pas bien longtemps pour lui donner un de ces avertissements qui l’enverraient dans la Baie des Malades pour toute la durée de son procliain voyage.

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— Oh ! je n’ai pas besoin que tu pousses les choses si loin,

— C’est bien. Que te faut-il alors?

— Ce qu’il me faut ?, . . Laisse-moi réfléchir. 11 me faut beaucoup de choses. J’ai besoin d’un nouvel habillement, car celui-ci devient terriblement affreux : j’ai aussi besoin d’un châle. Pourquoi n’entres-tu pas dans la Marine Royale, tu pourrais te présenter comme aide-pilote, tu aurais tes parts de prises, et tu pourrais m’acheter les choses qui me manquent, comme c’est l’usage des amoureux auxquels on n’a encore rien accordé.

Elle secoua la tête avec coquetterie en agitant les boucles de ses clieveux.

— Supposons que j’entre dans la Marine Royale, quel avantage en résulterait-il ?...quel besoin as-tu que j’aille me poser en savant? Si je -l’étais, je ne dis pas; mais pour être aide-pilote on choisit des hommes plus instruits que ’ moi ; je suis fait pour obéir, laisse-moi rester subalterne

— Ah ! tu n’es pas embarrassé pour trouver des excuses toutes prêtes ; c’est toujours le moyen que les hommes emploient loi’squ’une femme désire quelque chose. C’est bien, que vas-tu me faire venir? je me dessèche la gorge à causer avec toi .

— Oh! je demanderai ce que tu voudras... Que veux-tu ?

— Je prendrais bien un peu de rhum. Vous autres, loups de mer, vous m’avez appris à en boire.

— Avec de l’eau? — demanda-t-il.

— De l’eau?... Non, pur, mon garçon.

— C’est bien ! — dit-il.

— Donne-moi l’argent, — s’écria Carry Waters, — et

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va ramasser les neuf quilles pendant que j’irai chercher la boisson; fais bien attention, ou sans cela le vieux ponton te secouera comme il m’a secouée tout à l’heure.

— Il fera bien de ne pas essayer, car je crois qu’il recevrait de moi quelque chose qui le marquerait pour la vie.

— Oh ! tiens-le seulement en respect, — dit-elle on lui lançant une œillade, — j’ai plus de plaisir à te voir que lui.

En disant ces mots, elle se dirigea en courant vers le comptoir, et revint bientôt avec le rhum et l’eau. Son amoureux avait remis les quilles en place comme elle le lui avait ordonné, et il avait repris sa première place lorsqu’elle arriva.

— M’as-tu apporté quelque chose? — dit-il.

— Non, — répondit-elle. — Tu pourras boire une gorgée dans mon verre, si cela te plaît.

— Je ne veux pas le tien. Retourne et rapporte-moi quelque chose, tu seras une bonne fille.

— Non ; tu ne t’imagines pas que je vais aller courir à travers le monde entier pour ton bon plaisir.

— Alors je vais y aller moi-inéme, si tu veux me remettre la monnaie qu’on t’a rendue sur la demi-couronne que je t’ai donnée.

— Non pas, mon garçon, — répondit-elle avec un rire insouciant; — tu ne trouveras rien sur moi.

— C’est bien. Mais dans tous les cas tu es bien peu aimable.

— Si tu vas prendre de l’humeur pour quelques sous, tu n’es pas digne qu’on cause avec toi.

— Penses-tu ce que tu dis?

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— Si je ne le pensais pas je ne le dirais pas. Je hais tes vilaines façons d'agir. J’avais toujours pensé que les marins étaient de bons enfants, jusqu’au moment où je t'ai rencontré; et maintenant je ne crois pas que j’en donnerais deux sous du boisseau. Je suis fatiguée de ce genre de vie et je me sens décidée à y couper court et à me diriger vers Londres. Fanny Fray y est partie le mois dernier, et elle en est tout émerveillée.

— Quelle est cette femme? — dit Chaides Adams d'un ton tout à fait sérieux.

— Je ne donnerais pas une paille pour savoir ce qu'elle est, mais j’ai entendu dire qu’elle était jolie et dans une bonne position.

— Est-elle heureuse?

— Comment pourrais-je le savoir? Ce que tu as de mieux à faire, c’est de partir pour Londres par un train de troisième classe, car rien n’est trop cher pour toi, et de le lui demander.

. — Bien, la vertu est un bien précieux. Carry, — dit

le jeune homme. — Quand elle est une fois partie, c'est pour toujours.

— Alors elle est comme moi, — répliqua-t-elle. — Quand j’aurai démarré de cette vilaine baraque, je veux être pendue si on m’y revoit jamais.

— Ne va pas à Londres, Carry, — 'reprit-il d'un ton plus tendre.

— Pourquoi pas ?

— C’est bon ! j’ai mes raisons...

— Et quelles sont-elles tes raisons?

— Elles peuvent valoir la peine «lUe tu les écoutes.

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— C’est bien ; attends que j’aille relever les quilles, et je reviens t’écouter.

Elle obéit aux ordres bruyants qu’on lui donnait, et elle se remit à son ouvrage; comme elle était fort adroite, sa tâche fut bientôt accomplie à la complète satisfaction de toutes les parties, et à la sienne en particulier.

— Voilà le sort que je vous réserve, mes pauvres petites victimes, — dit l’heureux matelot qui avait attendu impatiemment son tour de jouer.

Il venait d’exécuter ce qu’on appelle une raffle, et il était anxieux de savoir combien il avait couché de quilles par terre, pour arriver à prendre l’avantage sur son adversaire.

— Maintenant, vieux bâton embourbé, — dit Carry Waters en s'adressant à son amoureux, — je suis prête à écouter ton sermon.

— Tel que tu me vois, — eomraença-t-il, — j’ai pensé ci prondredes dispositions pour régler ma viepour l’avenir.

— Ah! ah! est-il possible? — dit-elle en levant les yeux avec une méchante expression. — Tu as mieux à faire alors?...

— Oui, si...

— Si quoi?...

— Si tu veux de moi.

— Moi!... moi, m’unir à toi?... quel rêve fais-tu là? Mon cher ami, je vais acheter mes cochons à un bien meilleur marché. Xe te mets pas en peine, ce n’est pas à Liverpool que je me mettrai en quête d’un partenaire pour toute la vie. On dit que j’ai assez d’aplomb pour faire dévier dans leur course les montagnes liquides de

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la mer, et je crois qu’avec mes seules forces je puis arriver à quelque chose do mieux qu’à la conquête d’un simple marin.

— Pour l’amour de Dieu, Carry, ne parle pas ainsi! -dit-il en devenant tout pâle. — Tu n’es pas dans ton bon sens; dis que ce n’est pas sérieux, je t’en prie. Ne te joue pas do moi, car je t’aime sincèrement, je t’aime depuis bien longtemps, et j’ai attendu jusqu’à ce que j’aie pu mettre de cèté un peu d’argent pour t’établir quelque part. J’y suis parvenu , et maintenant, quand je t’offre et mon cœur et ma main, tu les rejettes, et de la façon la plus indifférente.

— Indifférente!... oh ! je n’y puis rien. J’ai toujours été ainsi, et je pense que c’est dans ma nature.

— Alors je prie le ciel de te changer.

— Cela ne se peut, il e.st trop tard maintenant, toutes les prières n’y peuvent rien.

— C’est ce qu’il peut y avoir de plus fâcheux, mais écoute-moi. Carry... laisse-moi encore une chance. Je ne sais vraiment ce que je deviendrais sans toi.

— Oh ! tu t’en tireras toujours bien.

— Non, pas sans toi. Ne .songe plus à ma proposition, cl laisse-moi te reparler encore de cela*dans un ou deux jours. 'L'Alhatros ne prendra pas la mer avant ce tcmps-là.

— Tu peux me parler aussi souvent et aussi longtemps qu’il te plaira, pourvu que tu me fasses donner quelque chose à boire, pour rendre ce que tu dis un peu plus intéressant. Mais je te le dis bien sincèrement, Charley, je ne serai pas ta femme, bien qu’on t’appelle le SeigneuT.'ïn peux être au-dessus deta condition

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et tu as une manière convenable de t’exprimer, mais j’ai dessein d’enlever mon eerf-volant plus haut. Je n’ai pa^ envie d’étre la mère d’un tas de sales morveux, qu’il faut envoyer à la mer ausitôt qu’ils ont neuf ans, et où ils n’ont autre chose à gagner que des coups de pied et des gifBes en faisant le service des cabines.

— Il vaudrait mieux épouser un lord, — dit-il avec un peu d’aigreur.

— Tu ne serais pas surpris à moitié si j’y arrivais, — répondit-elle avec confiance. — Mais on peut attraper l’argent des gens sans les épouser, Charley.

— Oui, et se couvrir d'infamie en le faisant. Je suis surpris de t’entendre parler ainsi.

■ — Es-tu réellement si surpris que cela?... c'est un mauvais système d’être surpris à toute occasion; moi, jamais rien ne me surprend.

— Je pense que tu as lu quelques-unes de ces méchantes publications à un sou, dans lesquelles les femmes de chambre épousent des ducs, et où, après avoir été mêlées à un ou deux meurtres, à une séduction et h un suicide par semaine, elles arrivent à remonier le courant.

— C’est bien possible, qu’est-ce que cela te fait ? tu n’es pas chargé de me garder.

— Tu ne veux pas me le permettre.

— Non, et je n’y pense même pas. Je serais vraiment bien exigeante de te demander de faire quelque chose ])our moi.

— Un jour peut arriver cependant...

— Cela se peut, comme il se peut que je te jette un Ijolàpunch à la tête pourton insolence; mais cette dernière hypo.thèse est la plus vraisemblable. .

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— Eh bien! — s’écria l’un des joueurs de quilles. — qu’est-ce que vous avez?... Quand tu auras fini, tu viendras peut-être remettre ees quilles sur leurs pieds.

— Vous attendrez peut-être bien aussi que je sois libre? — répondit vivement Carry.

— Attendre?... non pas, — dit l’homme. — Pourquoi est-ce que je te donne six sous, quand j’ai fini de jouer? pour que tu relèves les quilles? Je ne dois pas at- . tendre-.

— Voulez-vous attendre?

' — Non.

— Eh bien ! vous pouvez les relever vous-même, aimable marin d’eau douce, je suis occupée, — répliqua Carry.

— Marin d’eau douce ! Qui appelles-tu marin d’eau douce?

— Je ne sais pas, et vous? — dit -elle en faisant l’innocente.

— Ouais ! je t’arracherai les yeux si tu dis encore un mot, — s’écria le grossier personnage.

— Est-ce sérieux ? — s’écria Charley Adams en relevant la querelle.

— Je le ferai et à toi tout autant. Si tu es le Seigneur, tu n’es pas tout le monde.

— Je ne pense pas que tu sois bien résolu. Tu pourrais faire une meilleure atfaire, — dit Charley en retroussant tranquillement ses manches et en se préparant au combat.

— Oh! est-ce là ton jeu, mon jeune coq? — dit l’homme on jetant âterrela boule qu’il tenait à la niain,^

et en suivant Charley Adaras, qui se tenait sur la défensive.

— Tombe sur lui, — dit Carry Waters sans laisser paraitre la moindre trace de cette faiblesse dont la plupart des femmes font parade lorsqu’elles assistent aux ^préparatifs d’un combat.

Charley n’eut pas beaucoup de temps pour la réflexion, car son antagoniste lui envoya un coup qui aurait laissé sa marque s’il avait atteint le but qu’il se proposait ; mais il fut*savamment parc, et il eut à son tour à déployer toutes les ressources de sa science pour éviter d’être sévèrement puni.

Quelques coups furent reçus de part et d’autre, et pendant quelques minutes la lutte continua avec des chances diverses.

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