‹ Mémoires d'une biche anglaiseChapitre 36 sur 41 · LE KENDEZ-VOUS DE CHASSE · texte numérisé non relu

LE KENDEZ-VOUS DE CHASSE

C’était le premier jour de la saison ; un vent du sud et un ciel couvert constituaient une matinée en rapport avec la circonstance. Depuis quelque temps Lord Bryson n’avait pas dit un mot des chiens courants à Carry, mais elle considérait comme certain que l’affaire était arrangée, et qu’il avait l’intention de l’accompagner. Elle l’avait amusé en lui rendant compte de sa rencontre dans le sentier avec Lady Starborougli, et il n’avait pas fait ^entendre un seul mot de désapprobation, ce qui rendait plus remarquable encore ce qui allait se passer dans cette journée pleine d’événements. Les désappointements sont certainement l’héritage des mortels. Il y a des gens qui disent que ce monde est un séjour de douleur, et je suis aussi de l’opinion que c’est une vallée de larmes.

Le déjeuner, qui avait été pris de bonne heure, était terminé. Carry et Lord Bryson étaient seuls.

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— Une importante matinée, — dit Carry qui était de

brillante humeur. *

— Oui, — répondit sèchement Sa Seigneurie.

— Je monterai Spitfire, je pense.

Lord Bryson s’agitait avec inquiétude sur sa chaise.

Carry le regarda d’un air soupçonneux.

— Qu’est-ce que vous avez ?... pourquoi ne parlezvous pas?.

— Je crois que je ne me sens pas bien, — répliquat-il d’un air un peu nerveux.

— Oh! c’est là tout? Vous allez avoir de quoi vous réveiller.

— Comment? — demanda-t-il, comme s’il ne con- 'naissait pas très-bien le grand événement du jour auquel il était naturel qu’il assistât.

— Vous dites comment? J’aime bien cola! Avez-vous la prétention de me dire que vous ne savez pas que les chiens s’assemblent ce matin au Gorse ?

Lord Bryson se secoua comme s'il se préparait à un grand, pour ne pas dire à un inégal combat. Il avait l’air d’un homme qui a un rôle désagréable à remplir et qui voudrait s’j' soustraire s’il le pouvait.

— Oui, je le sais, — répondit-il; — mais cela m’importe peu, car je n’irai pas.

Si le tonnerre était tombé tout en l'eu et en fumée aux pieds do Carry, je doute qu’elle ait été plus surprise. Lord Bryson n’y allait pas ! Qu’est-ce que cela voulait dire? Pourquoi la mettait-il de côté après un engagement remontant à plusieurs semaines? Quelques influences devaient avoir agi en dessous iqain. Elle se détermina à faire voir aux gens de Leicestershire qu’elle

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n'était pas faite d’un vil métal. Elle se leva de sa chaise, traversa la chambre, en prit une autre, la traîna tout près de Lord Brjson, et s’assit en face de lui; puis, avec un ton et une physionomie sévères et inflexibles, elle s’écria : —

— Maintenant, que veut dire tout ceci?

Maintenant qu’il avait commencé, ce n’était plus rien

pour lui de continuer à accomplir sa désagréable tâche, aussi répondit-il : —

— Vous ne devez pas vous offenser. Carry, mais le fait est...

— Quoi? quoi? — s’écria-t-clle dans son impatience ; — ne battez pas les buissons, allez au fait à l’instant.

— J’allais en voiture à Tam’orth hier, et en allant par Atherstone, j’ai rencontré deux personnes que je connais très-bien. Ils avaient dîné à Starborough le soir précédent, et, d’après ce qu’ils me dirent, il paraît qu’il s’est tramé là une conspiration contre vous.

— N’est-ce que cela? — s’écria Carry faisant claquer ses doigts d’un air de défi. — Je ne m’inquiète guère d’eux.

— Allons, chérie, je vous rapporte seulement ce que j'ai entendu dire; ne vous emportez pas comme cela.

— Il faut que vous soyez une brute pour prêter l’o~ reille à ce que vous entendez dire contre moi, — dit Carry avec aigreur. — Mais cela ne prouve qu'une chose dont je m’étais toujours doutée : vous ne vous êtes jamais occupé sérieusement de moi. Il vous convenait d’avoir une femme auprès de vous, quelque chose à choyer et à bouder, voilà tout. Mais pour un sentiment réel de considération ou d’amour, ce serait une duperie que d’y

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croire. Oh! no vous inquiétez pas, je n’irai pas me briser le cœur pour vous. .

— Vous voilà partie! — répliqua Lord Bryson. — Par Jupiter! lorsqu’on vous dit quelque chose, c’est comme si l’on montait une montre. Vous allez de l’avant comme si vous no pouviez plus vous arrêter.

— Que savez-vous de la conspiration ? — dit tout à coup Carry.

— Je n’ai pu le savoir bien exactement, Carry, mais Lady Stai'borough vous hait.

— En vérité?... Cela ne me tuera pas.

— Non, il est à souhaiter que non

— Continuez, — dit-elle sèchement.

— Elle a tellement travaillé Starborough, qu’il a promis de faire tout ce qu’elle voudrait. Elle lui a rendu la vie malheureuse depuis le jour où elle vous a rencontrée.

— Elle paraît avoir agi sur vous également, — s’écria Carry.

— Sur moi ? — dit-il au comble de l’étonnement. —

Je ne l’ai pas vue une seule fois, et je ne lui parlerais . pas si je la rencontrais.

— Oh ! oui, j’ose le dire, vous êtes tout à fait immaculé, — répliqua Carry sur le ton de la raillerie.

11 no répondit rien, il parut seulement un pou piqué, et, allant à un cabinet, il prit une élégante bouteille do cristal taillé et se versa un verre de Curaçao : c’était sa liqueur favorite après son déjeuner.

— Regardez-moi un peu, — s’écria Carry.

Il la regarda attentivement.

— Parliez-vous sérieusement lorsque voua avez dit

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que VOUS n’aviez pas l’intention d’aller au rendezvous?

— Parfaitement sérieusement.

— Vous êtes décidé ?

— Très-décidé, — répondit-il.

— En ce cas, je ne vous reparlerai jamais.

— L’alternative est vraiment terrible, mais je dois m’y soumettre, — dit-il.

— Oh! ne plaisantez pas; je ne suis pas d’humeur à m’y prêter, — répliqua Carry avec pétulance.

— Sérieusement, Carry, je ne désire pas me faire considérer comme un fou.

— Oh ! ne me parlez pas !

— Mais...

— C’est bon, mon cher, — dit-elle amèrement, — je me souviendrai de vous.

— Écoutez-moi, je vous en prie.

— Non , je ne veux pas.

— Mais vous le devez.

— Oh! non, je ne le dois pas. Vous ne pouvez pas m’obliger à faire une chose qui ne me convient pas ; et je vous le dis, je ne me laisserai pas prendre à vos cajoleries. J’irai seule à cet infernal rendez-vous. Vous allez voir si je ne le fais pas.

— Sérieusement vous ne ferez pas cela.

— Je nele ferai pas ! Vous ne me connaissez pas, mon cher. Est-ce que vous pensez que je m’inquiète de votre Lady Starborough ? Elle ne me vaut pas à beaucoup près. Qui connaissait-elle avant de rencontrer l’homme qui l’a épousée? Mais elle parlait au premier venu qui lui

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offrait un verre de bière. Je veux que Lady Starboroug se souvienne de moi.

Lord Bryson ne pouvait s’empêcher de penser qu’il était excessivement agréable d’entendre une femme parler d’une autre femme pour la maltraiter. Il y avait quelque chose de si franc, de si accentué dans la sortie de Carry, qu’avanttout on ne pouvait douter un instant qu’elle ne parlât à cœur ouvert. Mais comme réellement il l’aimait, il s’approcha d’elle, et il essaya de la calmer, de la radoucir ; mais elle était trop en colère pour l’écouter et prêter même la moindre attention à ses paroles conciliatrices. '

Les yeux en feu et les lèvres tremblantes, elle s’élança sur le cordon de la sonnette et le tira violemment. Quand le domestique parut, elle s’écria : —

— Dites à Atkins de seller Spitfire et de me l’amener à l’instant. Dites-lui aussi qu’il est inutile qu’il mette la martingale pour aujourd’hui.

L’iiomme salua et se retira.

— Pourquoi ne pas lui mettre la martingale? Vous savez quel animal endiablé est ce cheval.

— Je ne m’en soucie guère. Je suppose que je peux faire ce qui me plait.

— Non pas, si vous avez l’intention de vous rompre le cou.

— Oh ! foin de mon cou ! De quoi allez-vous vous inquiéter? — dit Carry.

— Ma chère enfant, — dit Lord Bryson avec douceur, — ne vous exaspérez pas ainsi pour rien.

— Il me semble qu’il y a bien de quoi se mettre hors de soi, — répondit Carry. — Je crois que vous n’auriez pas

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grand souci s’il m’arrivait quelque chose. Peut-être suis-je pour vous une entrave. Si vous ne m’aviez pas avec vous, vous pourriez ne songer qu’à votre rang élevé et épouser une Paget.

Lord Bryson ne put s’empêcher de rire à l’idée d’épouser une Paget.

— Je pourrais tout aussi bien vous épouser vousmême, — dit-il.

— La différence ne serait pas grande, — répondit Carry; — mais je ne voudrais pas vous épouser, si vous me le demandiez, il est donc inutile de vous en flatter. Après votre conduite d’aujourd’hui, il me sera impossible de vous aimer encore. Figurez-vous un homme qui laisse une femme aller seule au milieu d’étrangers qui lui sont hostiles. Si c’est là ce qu’il faut attendre des pairs du royaume, — c’est ainsi que vous vous appelez, je crois, — j’aurais eu de l’avantage à me mettre ‘ sous la protection d’un bourgeois.

Lord Bryson connaissait si bien le caractère de Carry qu’il n’osa pas lui répondre.

— Pourquoi ne me répondez-vous pas? — dit Carry avec vivacité. — Si vous allez devenir stupide, je me jette sur vous.

— Réellement?...

11 commençait à avoir une grande fray^eur.

— C’est toujours ma chance de tomber sur des fous, — dit Carry, comme si la force de la douleur lui arrachait un gémissement. — Ne me répondez pas maintenant, — s’écria-t-elle au moment où il se disposait à parler. — Je vais aller mettre mon amazone, et si je n’étonne pas ces stupides gens du Leicestershire, ce sera

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pitié. Quant à vous, je n’ai jamais rencontré de ma vie un homme d’un aussi pauvre esprit et d’un aussi misé-. . rable caractère. Vous êtes tout pâle maintenant. Savezvous pourquoi? c’est parce que vous êtes un lâche.

Après ce dernier trait Carry quitta la chambre. Elle n’était jamais longue à sa toilette, mais dans cette occasion elle revêtit son costume avec la plus incroyable célérité. Son groom Atkins lui tenait sa jument prête devant la maison. Lord Bryson regardait de la fenêtre. Il l’aurait fait rester à la maison s’il avait eu le moyen de l’y obliger, mais il n’avait pas plus d’autorité sur elle qu’il pouvait en avoir sur le vent. Il ne savait trop s’il faisait bien ou mal en la laissant aller seule. Il n’était sûr que d'une chose , c’est que s’il l’accompagnait, il s’engageait dans une querelle sérieuse, soit avec l’un, soit avec l’autre des chasseurs; aussi la laissat-il partir. Carry l’aperçut debout près do la fenêtre ; il lui envoya un baiser de la main, mais elle ne parut en aucune façon remarquer sa présence.

— J’aurais bien été lui prêter la main pour se mettre on selle, mais elle ne m’aurait pas remercié do mes soins et très-probablement elle m’aurait malmené devant mes gens, — murmura Lord Bryson en se parlant à lui-même.

— Quel est le chemin, Atkins? — dit Carry.

— Le rendez-vous est au Gorse aujourd’hui , milady.

— Où est-ce?...

— Sur la route de Market Harborough, milady. Vous tournez à droite aussitôt après que vous êtes arrivée à B os’uth, et le Gorse est juste en face, müady.

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Carry toucha légèrement Spitfirp de sa cravache ; elle s’élança dans l’avenue, et fut bientôt hors de vue.

Le Corse n’était pas loin de Fairoaks, et un temps de course précipitée l’amena bientôt sur le terrain. L’assemblée était nombreuse au lieu du rendez-vous, et son éclat était rehaussé par la présence d’un grand nombre de dames.

Malgré tout son courage, Carry ne put empêcher son cœur de battre un peu plus vite. Elle fit toutefois avancer son cheval au centre du groupe avec l’air de la plus grande indifférence. Tous les yeux étaient tournés vers elle. Des conférences à voix basse s’établissaient. Carry entendit un homme dire à un autre : —

— Bryson n’est pas fou , par Saint Georges !

— Non , je pensais bien qu’il ne voudrait pas aller de l’avant quand même, — répondit son ami.

— Ainsi, c’est là Quillette? — dit un troisième gentleman qui se joignit aux doux autres.

— C’est la créature en question, — répondit-on.

Lâchant un peu‘la bride à son cheval, Carry le fit

tourner dans cette direction , et s’adressant au nouvel arrivé : —

— Oui, mon vieux, c’est Quillette. Que pensez- vous d’elle?

— Enchanté de faire votre connaissance, — dit le pauvre homme, ne sachant trop quoi faire.

Scs deux compagnons le regardaient avec étonnement.

— Faire ma connais.sance? s’écria Carry ; — oh ! non, he vous flattez pas de cela. Je ne fais pas la connaissance d’un homme qui est assez vil pour parler d’une

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façon peu convenable d’une femme qui est devant lui et qu’il sait à portée de l'entendre.

Après lui avoir lancé un regard hautain, elle dirigea son cheval dans une autre direction.

Le malheureux homme paraissait confondu. Le Gorsc était un bois qui n’était pas d’une étendue bien considérable ; mais, grâce à l’épaisseur de son taillis, c’était la retraite favorite des renards, et l’on espérait une bonne journée. Les chiens s’agitaient en tous sens, enfonçant leur nez en terre, d’abord ici, puis là; mais ils n’étaient pas encore entrés sous le couvert. Carry, en regardant autour d’elle, aperçut Lady Starborough, elle était engagée dans une sérieuse conversation avec son mari. Lord Starborough inclina la tête en signe d’approbation complète à ce que disait sa femme, et fit avancer son cheval dans la direction de Carry. Elle le vit s’approcher et comprit bien qu’il allait lui parler. Lorsqu’il fut arrivé près d’elle, il leva son chapeau, mais bien légèrement, et dit : —

— J’espère que vous voudrez bien excuser mon apparente rudesse, mais je vous suis député par les ladies et les gentlemen de la chasse pour vous prier de vous retirer. Il est excessivement pénible pour moi d’avoir à vous présenter une semblable requête, mais comme directeur des chasses il ne me reste pas d’autre alternative.

C’était juste ce à quoi s’attendait Carry. Elle répondit avec un admirable sang-froid et la plus incroyable bonne humeur, d’une voix assez haute pour être entendue à une certaine distance : — ‘

— Ne rougissez pas, mon cher ami, je ne m’en pren-

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drai nullement à vous. Je sais très-bien que vous êtes poussé par votre ... de femme.

Lord Starborough se mordit les lèvre^.

Les hommes qui étaient épars aux alentours étaient trop bien élevés pour faire cercle autour des deux personnes engagées dans cette discussion. Ils avaient cessé toute conversation, et sans avoir l’air d’écouter, ils ne pouvaient pas s’empêcher d’entendre tout ce qui se disait.

— Vous pouvez dire à votre femme, à toutes les ladies et à tous les gentlemen de lâchasse, en leur portant mes compliments, que je pense qu’ils font preuve d’une infernale insolence, — répliqua Carry d’une voix qui n’avait rien d’altéré ni de tremblant.

Lord Starborough paraissait fort mal à l’aise ; il accomplissait une bien désagréable mission.

— Quant à votre femrae, qui se donne des airs qui, pour vous qui connaissez les choses, sont purement et simplement absurdes, — continua Carry, — tout le monde sait ce qu’elle était. Il ne me faudrait pas beaucoup de temps pour me rendre auprès d’elle maintenant, et pour lui rafraîchir la mémoire sur quelques petits événements de sa première carrière.

La figure de Starborough avait une expression presque suppliante. Il désirait bien ardemment cti’c débarrassé de sa corvée»

— Mais je ne le ferai pas par égard pour vous, — continua Carry» — Je ne voudrais pas vous mettre dans une fausse position.

— Voulez-vous être assez bonne pour me faire une réponse? — dit Sa Seigneurie.

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— Ne soyez pas si pressé. Je vous la ferai en son temps, — répondit-elle. — Vous désirez me voir retourner à Fairoaks , quand je suis venue exprès ici pour suivre la chasse. C’est là votre simple et modeste requête, n’est-ce pas?

Le veneur reconnut que cela était exact.

— Alors tout ce que je puis vous dire, c’est que je ne ferai rien qui ressemble à cela. Je suis venue poursuivre la chasse et je persiste dans mon intention de le faire.

— C’est làvoti’e détermination ?

— Oui.

Lord Starborough leva de nouveau son chapeau avec la mémo roideur formaliste qu’à son arrivée, et se dirigea en droite ligne vers le piqueur, i^ui était debout au milieu des chions.

— Appelez les chiens, — s’écria Sa i^eigneurie, — accouplez-les et reconduisez-les aux chenils.

L’homme le regarda avec le plus complet étonnement, mais il répondit : ^

— Oui, milord.

Toutefois, avant qu’il eiU pu exécuter les ordres de Pa Seigneurie, il survint un accident qui à l’instant changea la face des choses. Un groupe de laboureurs et d’ouvriers avaient pénétré dans le Gorse, et par hasard ou tout autrehieut avaient fait lever un renard. Cet accident changea l’humiliation de Carry en un brillant triomphe;

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