‹ Mémoires d'une enfantChapitre 5 sur 13 · TRADUCTION LITTERALE · texte numérisé non relu

TRADUCTION LITTERALE

Dansons la trompeuse 1 Qui refuse, muse.

Dansons la trompeuse, ô gué Dansoni la trompeus ijui refase, muse.

M - i toi ne te reox pas, Parce que ne t'aime pas.

Mais à toi, te veux Épouser si peux.

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Ottav;ens^

en soulève au passage un immense troupeau. Si vous avancez, au-dessus du nuage vous voyez monter et descendre des têtes humaines. Ce sont les femmes et les filles, lancées et reprises, au retour, dans les bras agiles et nerveux de leurs danseurs. Ceux qui savent le mieux pratiquer ce violent exercice sont les plus recherchés. De tous e<s visages qui apparaissent et disparaissent voltigeant dans la danse, bien peu s'animent du sourire de la jeunesse et de la joie. Nous n'avons pas encore les gaietés faciles et sereines du Bordelais. Notre race a souffert des longues luttes religieuse- ci elle a derrière elle l'austère Aveyron. L'action est intense, rapide, mais ne semble ni un jeu, ni un amusement. On dirait plutôt un besoin impérieux que l'âme suit sans lui prêter sa grâce et son rayonnement. Ce vif élan, d'accent sauvage, impressionne même un enfant.

On le retrouve aux fêtes du mariage bruyantes plutùi que i^aies, et comme une chasse à l'oiseau sous les coups de pistolet. Ces détonations alors ne nous déplaisaient pas, c'était un grand événement dans notre vie cachée, un peu uniforme. Quand, dans les soirées d'hiver, nous entendions vibrer la guimbarde comme une petite

cigale, nous jugions qu'au printemps il y aurait des épousailles. Nous allions nous informer près de Marianne.

Mes frères belliqueux aimaient à voir brûler la poudre ; je préférais les chants. Ils ont même, dans l'emportement de ces réjouissances, une grâce, une noblesse inconnues dans le nord l.

Nous n'étions pas de la noce; mais on nous permettait de regarder, d'écouter à distance, derrière la lisière d'un buisson. — Et voici ce que j'entendais :

1 Je n'ai pu résister au plaisir de donner ce chant dans tout son effet. Il veut être chanté en chœur. On est étonné de trouver chez un peuple un peu rude ce charme d'exquise délicatesse musicale.

Ne voit-on pas la petite épousée menée légèrement au petit bout du petit doigt?

CHANT DE L'EPOUSEE

Moderato. k

L'ha pre-sa per Ja ma, L'ha

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pre-sa pcx la-rno.Llia me-nad'a la gley-za,L'ha

prc- sa perla nia, L'ha pre-sa per la ma, L'ha mena d'à la

gley-ta. Marchatz,no- bie - ta,mar-chatz a pi-cho

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pas, Et prenetz na pla garda, De. no tra bu - ca

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pas. 5Iarchata,no - bie - ta, marchatz a pi-cho pas, Et

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preneta ne pla gar-da De no tra bu - ca pas.

PREMIER COLPLET

L'ha presa per la ma, L'ha menad'a la gleyza.

Marchatz, nobieta, Marchatz à picho pas, E prenelz ne pla garda De no trabuca pa-.

L'a prise par la main, Us.) L'a prise par la main,

L'a menée à l'église. IBis.) Marchez, petite épouse.

Marchez à petits pas, Prenez, prenez bitn garde De ne trébucher pas.

DEUXIEME COITLET

L'ha presa per la ma, L'ha menad'a la dansa, i Dansatz, nobieta, Dan-atz ab voslre Arnaut, E prenelz ne pla garda De ne sautar trop haut.

L'a prise par la main, Bis.) L'a prise par la main,

L'a menée à la danse. (Bis.) Dansez, petite épousée, Dansez avec Arnaud ; l'renez, prenez bien garde De ne sauter trop haut.

TROISIEME COITLET

L'ha presa per la ma, L'ha menad a la taula.

Manjatz, nobieta, Manjatz à picho mos, E prenetz ne j>la garda De n'engola cap d'os.

L'a prise par la main, (Bis.) L'a prise par la main,

L'a menée à la table. (Bis) Manges, petite épousée, Mangez à petites bouchées, Prenez, prenez bien garde De n'avaler point d'os, etc.

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