‹ Mémoires de A.-C. Thirbaudau, 1799-1815Chapitre 11 sur 325 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Installation à Bordeaux. — Conflit avec les tribunaux. — Organisation de l'administration. — Pierre Pierre, commissaire général de police. — Mes correspondants à Paris. — Complot jacobin découvert le 7 germinal : Bernadotte, Lucien Bonaparte. — Conspiration anglaise. — Formation d'une armée de réserve. — Départ du Premier Consul. — Victoire de Marengo. — Fête du 14 juillet.

Ennemi des compliments et de la solennité des réceptions, je n’avais point annoncé mon arrivée à Bordeaux. Quelques Bordelais habitant Paris prirent ce soin. J’étais attendu avec confiance par tous les partis, à l’exception de quelques révolutionnaires exagérés et de quelques bourbonniens ennemis du gouvernement consulaire. Sur les bords de la Dordogne, je vis des cavaliers en vedette, à mon aspect, tourner bride au galop vers Bordeaux. Sur les rives de la Garonne, quel spectacle s’offrit à mes yeux I Ce magnifique quai rempli de la garde nationale en armes et d’une nombreuse population qui accueillait le préfet par de vives acclamations; ce beau fleuve couvert de vaisseaux pavoisés et de barques portant des personnes des deux sexes, de tout rang; les sons de la musique, le bruit du canon, les cris de : Vive la République I Vive le Premier Consul! Vive le préfet! un grand mouvement de curiosité, d’intérêt, de joie... On me logea à la Douane, où je reçus toutes les autorités; je prévins les administrateurs du département que j’irais les voir le lendemain. Je me rendis de bonne heure, en costume, à pied et seul avec mon secrétaire, au palais de l’Archevêché où siégeaient les administrateurs. Je leur exhibai ma nomination, je m’installai moi-même et, après une demi-heure de conversation. je les congédiai. Il n’y avait pour tout mobilier que des tables et des chaises de bureau. Je me fis apporter quelques meubles indispensables pour m’établir, et sans désemparer je me mis à l’œuvre.

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