‹ Mémoires de A.-C. Thirbaudau, 1799-1815Chapitre 243 sur 325 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Mansuétude envers les royalistes. — Restauration impériale ; les fatalités.

— Carnot ministre; sa conduite; sa confiance en l’avenir. — Adresses.

— Délibération du Conseil d’État : ma rédaction est adoptée. — Parti royaliste; Vendée ; campagne du duc d’Angoulême. — Ma mission dans la 18' division militaire. — Capitulation du duc. — Les frères de l'Empereur à Paris; Lucien s’installe au Palais-Royal. — Déclaration du Congrès de Vienne ; négociations ; état de l’opinion publique. — Revue de la garde nationale de Paris. — Fédérations patriotiques.

L’Empereur voulut arriver à Paris sans qu’on tirât un coup de fusil. 11 eut raison puisque ce n’était pas nécessaire; mais on continua de procéder avec une mansuétude exquise envers les partisans des Bourbons et les complices de l’étranger; on leur laissa le champ libre. Pour se défendre contre une coalition formidable qui ne respectait rien et à laquelle tous les moyens étaient bons, on avait la politesse de se renfermer rigoureusement dans les formes régulières et la légalité. L’Empereur n’en sortit que par deux actes. Un décret ordonna aux ministres, aux officiers des Maisons militaire et civile du roi et des princes, aux chefs de Vendéens, de chouans, de volontaires royaux, de s’éloigner à trente lieues de Paris. Fouché en éluda l’exécution et donna à qui en voulut des permissions de rester. Un autre décret, daté de Lyon et rendu, disait-on, à Paris par réflexion, frappait Talleyrand et une douzaine des fauteurs principaux de la Restauration. Ce fut un soulèvement général ; on ne voulait pas de proscriptions, les bonapartistes criaient le plus fort. A ce compte-là, Talleyrand aurait donc pu revenir dans son hôtel de Paris narguer l’Empereur et se moquer de nous ; ils l’auraient recueilli et lui auraient fait leur cour. Cette aveugle passion de légalité était un très mauvais symptôme. La plupart de ceux qui en étaient épris doutaient du succès, manquaient de confiance et ne voulaient pas brûler leurs vais-

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