‹ Mémoires de A.-C. Thirbaudau, 1799-1815Chapitre 260 sur 325 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

depuis le retour de l’Empereur. La seconde partie de la solennité remplit son but ; elle resserra plus fortement encore le lien qui enchaînait l’armée à son chef.

L’Empereur passa en revue les électeurs et les députations militaires entassées pendant tout un jour dans la galerie du Musée, au nombre de dix mille hommes. J'y étais à la tète des électeurs de mon département, qui m’avaient choisi pour son porte-aigle. Nous en sortîmes harrassés de fatigue et d’ennui. Malgré sa patience et ses efforts d’amabilité, l’Empereur me parut atteint de la même maladie. Il reçut une quantité innombrable de pétitions. J'admirai l’égoïsme candide de tant d’individus qui, dans un moment où allaient se décider les destinées de la nation, ne pensaient qu’à eux et s'imaginaient que 1 Empereur s’occuperait de leurs petits intérêts. Bien que je n’eusse pas à me louer des électeurs de mon département qui ne m’avaient pas nommé à la Chambre des représentants, je ne leur gardai pas rancune et je les régalai dans un banquet où l’on but aux succès de nos armées, à la liberté, à l’indépendance de la patrie. Un de nos co-électeurs, chambellan de l’Empereur, M. de Vertillac, nous donna aussi un dîner, dont sa femme, née La Roche du Maine, fit à merveille les honneurs.

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