‹ Mémoires de A.-C. Thirbaudau, 1799-1815Chapitre 75 sur 325 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

« curé, j’accepterais. Portalis a reçu une grande marque de « confiance, c’est aussi une grande surcharge. »

Je regrettai Chaptal, savant illustre, et mieux que cela pour moi, excellent patriote. Il m’accordait de l’amitié. Je connaissais peu Champagny, j’en étais peu connu. Ce n’était pas un des nôtres.

On organisa la Légion d’honneur. Dans le civil, les sénateurs, les conseillers d’État, les ministres, les ambassadeurs, les cardinaux en furent d’abord nommés membres. Siméon m’écrivit : « Tout le monde est simple légionnaire, l’archevêque de Paris « comme un tambour qui a une baguette d’honneur. Ce n’est « que lorsqu’on aura nommé tous les légionnaires que l’on « choisira les officiers. »

Le département des Bouches-du-Rhône faisait partie de la 8e cohorte dont le chef-lieu était fixé à l’ancien archevêché d'Aix. bâtiment délabré, inhabitable, qui ne fut pas remis en état. Le maréchal Bernadotte était chef de la cohorte; M. Anthoine, son beau-frère, trésorier. M. Pluvinal, autre allié de la famille Clary, chancelier.

Lorsqu'on nomma aux grades, tous les conseillers d’Etat furent promus à celui de commandant. Je fus compris dans cette promotion. Ils ne reçurent pas tous le traitement de 2 000 francs alloué à leur grade. Ce fut l'objet de faveurs et de décisions spéciales de l’Empereur. Je ne le réclamai point; je n’en jouis jamais.

Des conseillers d’État obtinrent ensuite Tordre de la couronne de Fer, celui de la Réunion. Les uns devinrent grands officiers, d’autres eurent des ordres étrangers. On fut chamarré de rubans, de cordons. Assurément, la plupart des décorés ne doutaient pas que cela n’ajoutât à leur valeur intrinsèque. Je ne désirai, je ne demandai, je ne reçus rien autre que mon titre de commandant de la Légion d’honneur dont je me contentai.

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