II. q
4 septembre. — Ii'armée révolutionnaire.
J'ai eu souvent occasion de peindre l'affreuse morale des Danton et des Robespierre ; c'est encore de Danton qu'il faut parler lorsqu'il s'agit de la création délirante des armées révolutionnaires, une de ces institutions à la Robert chef de brigands. Il faut parler de Danton , quand on veut peindre la sauvage anarchie qui mêle ses fureurs aux élans du patriotisme ; il faut parler de Danton, quand on veut reprocher à quelqu'un d'avoir introduit un essaim de brigands parmi les conquérants de la République ; il faut parler de Robespierre et de Danton, lorsqu'on veut présenter la France dévorée par le plus sanguinaire et le plus dégoûtant despotisme. Il faut se résigner à prononcer leurs exécrables noms lorsqu'on veut peindre le génie du crime et de la calomnie démoralisant les âmes , creusant des tombeaux à côté des échafauds dressés partout , détruisant toutes les idées sociales, renversant les propriétés, opprimant la représentation du peuple , et faisant une guerre
cherches à Cambrai , et qu'il se vit obligé d'y faire punir lesauteurs des intelligences entretenues avec l'Autrichien , pour livrer cetle place. Joseph Lobon fut chargé par le comité de poursuivre et de faire punir les coupables. S'il n'eût fait que remplir ce devoir de tout représentant du peuple, chargé de réprimer des trahisons connues et dénoncées par le général qui commandait à Cambrai, par Declaye lui-même , Joseph Lebon n'eût pas été exposé aux rigueurs d'une accusation capitale.
DE BARÈRE. .lyi
de Visigotlis aux talents et aux lumières. — La première chose que durent faire ces Alaric , ces Gengiskan , et ces Omar, ce fut sans doute d'organiser des armées révolutionnaires. Mais comment s'y prendre pour les créer dan s un pays éclairé, dans un pays libre, el qui avait déjà quatorze armées vraiment et vivement révolutionnaires , puisqu'elles soutenaient la révolution de la liberté avec tant de valeur ? Comment s'y prendre ? — Des rassemblements factices à la place de Grève; des plaintes tumultueuses sur les subsistances ; des pétitions violentes et des adresses nombreuses ; une députation des Jacobins et des comités des 48 sections : puis un discours bien brutal, bien désorganisateur, bien rempli de cette éloquence du jour ; puis des décrets sans désemparer ; puis des rapports pour organiser forcément les mesures forcément décrétées ; tels étaient les moyens de la tactique dantonienne , tels ils furent employés le jeudi 5 septembre 1798, jour d'anarchique mémoire.
Déjà la veille, à huit heures du soir, la salle de l'Hôtel-de-Ville était remplie de citoyens qui jetaient l'alarme an sujet des subsistances. On propose diverses mesures ; une députation des Jacobins se présente. [Moniteur, n° 260). Bourdon (Léonard), qui en est l'orateur, annonce qu'à la nouvelle des inquiétudes du peuple, la société les a envoyés se réunir au conseil-général de la Commune , pour s'éclairer mutuellement sur les moyens de subvenir à la disette momentanée. Il