N° XII
Discours à la Reine.
6 février 1790.
Madame ,
Nous venons d'exprimer au meilleur des rois l'amour et la respectueuse reconnaissance d'un peuple sensible qui adore ses vertus. La journée du 4 février sera mémorable dans notre histoire ; mais le peuple français n'oubliera point les paroles touchantes que Votre Majesté a adressées aux députés de l'Assemblée nationale. Unie de sentimens et de principes avec le roi, vous vous joignez a tous les actes de sa justice , de sa bonté et de son amour pour son peuple. Que le peuple de Paris ait à Votre Majesté une obligation nouvelle et bien chère; engagez le roi à se montrer , à visiter sa capitale, à venir recueillir les bénédictions qui s'attachent à sa personne et | son nom ; et pour que notre satisfaction soit complète , daignez > Madame , accompagner le roi , avec le prince que vous élevez pour le bonheur de la France. Que Votre Majesté se montre à ce peuple avec les grâces dont elle est ornée, et avec la bonté qui l'accompagne toujours ! J'ai été plus d'une fois témoin du bien que vous faites ; devenez , Madame , le témoin d'une juste et respectueuse reconnaissance. Vous jouirez comme le roi , vous partagerez avec
lui l'empire qu'il exerce sur les cœurs ; et le peuple jouira de la présence de tout ce qu'il doit aimer.
Et vous , Monseigneur , auguste enfant , je ne doute pas que vous n'ayez le respect et l'amour filial qui suivent une heureuse et illustre naissance ; mais , en accompagnant le roi et la reine, ce bon peuple vous donnera encore des leçons d'amour ; et , déjà touché des acclamations de la joie et de la sensibilité , vous commencerez la douce habitude d'entendre et de recueillir les bénédictions du peuple !