‹ Mémoires de Bailly (volume 2)Chapitre 18 sur 43 · N° XVI · texte numérisé non relu

N° XVI

Lettre au président de rassemblée des rcprésentans de la commune.

i4 mars 1790.

Vous savez, Monsieur, que tous les ans , le 22 de ce mois , il se fait une procession solennelle , en commémoration de la réduction de la ville de Paris sous la puissance de Henri IV.

11 était d'usage que les officiers municipaux invitassent les Cours souveraines à assister à cette cérémonie , et les Cours y répondaient , non pas en assistant à la procession ( elles en étaient dispensées par le roi ) , mais en se rendant à l'église où elles entendaient l'office.

Il s'agit aujourd'hui de savoir ce qu'on fera par rapport à cette cérémonie. Se référera-t-on aux anciens usages, ou doit-on, dans des circonstances nouvelles , avoir une conduite différente de celle qu'on a tenue jusqu'à présent ? C'est sur quoi j'ai Vhonneur de vous prier de vouloir bien consulter l'assemblée , prendre ses ordres et me les communiquer afin que je m'y réfère.

J'ai l'honneur d'être , etc.

No XVII.

Discours à V Assemblée nationale (j).

16 mars 179c

Oq a dit que la municipalité a demandé un bénéfice de 5o millions; on a prétendu que les services qu'elle offre sont intéressés. L'assertion du fait est inexacte; le reproche est. injuste. Je demande juslice pour la ville de Paris, non comme maire, il n'est pas censé présent à votre séance , mais comme député. La municipalité a proposé une opération dans laquelle elle croyait pouvoir obtenir le quart des bénéfices au-dessus de i5o millions, lequel, en supposant que la vente s'élevât à 200 millions, produira un avantage de 16 millions. Les généreux citoyens qui ont pris les armes le i5 juillet, qui ont pris la Bastille le 14, et qui vous ont défendus, ne sont pas des gens intéressés. La municipalité de Paris a prétendu à des avantages qui seraient partagés par toutes les autres municipalités; en

;0 L» ville de Paris avait proposé à l' Assemblée nationale un plan ('ont le but était de faciliter la vente des biens du domaine et du clergé , afin de secourir promptement le Trésor public ; d'après ce plan , la municipalité de Paris devait acheter, pour son compte, une partie de ces biens ( voyez le discours n° XV ). Une commission nommée pour examiner ce projet en vota l'adoplion ; mais quelques membres ayant reproebé à la municipalité de Paris de n'avoir offert que des services intéressés , et de vouloir gagner des bénéfices considérables, Bailly prononça , pour la justifier , le discours rapporté ici. ( Note des nouv. éditi)

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