N° XX
Observations sur differens plans proposés.
Le maire est le chef de la municipalité ; comme un chef conduit et dirige, cette phrase ne signifie rien, si le maire n'est pas lame de toutes les opérations. Sanr, doute il ne peut pas, il ne doit pas
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faire tout , mais il semble qu'il doit influer sur tout ; sans quoi il n'y a ni unité' ni harmonie dans les opérations; et l'on rend hommage à ce principe, en intitulant tous les actes de son nom, et en apposant à tous ou sa signature ou son visa.
Il faut que le gouvernement des villes soit populaire ; la municipalité est l'administration de plusieurs; mais cette forme républicaine ne doit pas exclure l'unité que demande la nature des choses d'exécution : en traitant les grandes affaires d'Etat au conseil, en confiant les affaires médiocres et de détails au maire et à son lieutenant , avec la voix prépondérante au premier , la forme républicaine est bien suffisamment conservée y attendu que chaque officier municipal a son influence sur les grandes affaires au conseil , et que , dans les médiocres , il est contrôleur-né du maire ; tellement que si le maire pouvait s'opposer à une chose juste ou en ordonner une injuste, le lieutenant aurait droit d'en appeler au conseil. Je ne puis m'accoutumer à voir dix chefs indépendans , je ne puis m'accoutumer à penser que le maire n'aura point d'influence sur les subsistances, sur les hôpitaux, sur l'administration des fonds, sur celle des troupes, etc.
Il faut que le conseil soit le principe de la force, le maire celui de l'unité des opérations. Il ne faut pas que chaque département dépense à son gré. Il faut que la police ait des rapports directs avec les hôpitaux , il faut qu'elle en ait avec la garde nationale . Ces rapports s'établissent naturellement par
l'influence du maire sur tous les départemens , par le veto qu'il peut mettre , par les décisions que l'on est obligé de prendre de lui , le tout sous l'autorité du conseil. L'unité est si nécessaire qu'on a voulu quelquefois la placer dans l'administration des finances , qu'on fait le contrôleur de tous les départemens. Ce contrôle est utile et nécessaire ; mais l'administrateur des finances deviendrait le chef de la municipalité , si , en contrôlant, il avait la décision. Il faut que ce soit le maire , ou en dernier ressort le conseil qui décide. Je pense donc toujours que l'unité d'administration veut que toutes les affaires soient adressées au maire , comme le centre de tout ; il en fait le renvoi à chaque département , en marquant celles qui doivent lui être rapportées. Les lieutenans expédient toutes les autres , et rapportent dans leur travail celles qu'il a retenues. Le maire détermine celles qui doivent être portées au conseil; il décide les autres , ou en s'accordant avec son lieutenant , ou par sa voix prépondérante , ou , si le lieutenant l'exige , en portant au conseil. En un mot , deux principes essentiels , c'est que le conseil est le principe de la force , et le maire le principe de l'unité.
Sans l'influence du maire sous l'autorité du conseil y sans l'influence du conseil avec la présidence du maire , il n'y aura ni unité , ni harmonie , ni même de véritable liberté. Les départemens auront à leur tête des despotes partiels ; la peur d'en avoir un en aura créé plusieurs qu'il est difficile de sur-
veiller, car îe plus redoutable des despoîismes est celui des détails. Les grandes injustices sont publiques ; les injustices privées qui se font dans l'ombre , et qui échappent par leur nombre et leur petitesse , sont les véritables maux du peuple. Le maire use son temps et son pouvoir dans les grandes affaires , il ne peut en abuser dans les petites ; et d'ailleurs, il a des contrôleurs , des rivaux et des jaloux dans ceux qui l'entourent et qui administrent avec lui.
N° XXL Déclaration.
5 mai 1790.
On lit , dans le Courrier de Paris dans les provinces y un article sur les jeux , où il est question clu maire de Paris, et auquel il croit devoir répondre.
11 déclare qu'il regarde les maisons de jeux comme un fléau public; qu'il pense que non-seuîement ces assemblées ne doivent pas être tolérées, mais doivent être défendues et recherchées , autant que la liberté des citoyens et le respect dû à leur asile peuvent le permettre.
Il déclare qu'il regarde comme un tribut honteux la taxe qui a été souvent imposée sur ces maisons ; il ne croit pas qu'il soit permis d'employer , même à faire le bien , le produit du vice et des désordres ; en conséquence de ces principes, il n'a jamais donné aucune permission pour des
maisons Je jeux , il les a constamment refusées ; et il a constamment annoncé que non-seulement il n'y aurait point de tolérance de son aveu , mais qu'il y aurait recherches et poursuites.
Si ces recherches ne sont pas aussi multipliées ? aussi actives que l'abus semblerait l'exiger , c'est que souvent elles sont difficiles , quand on ne veut pas s'écarter de la loi ; c'est que surtout son autorité ne suint pas au développement de ses principes.
Il déclare, en outre, qu'il n'a point fait la réponse qu'on lui prête dans ce journal ; et il remercie l'auteur de la lettre de lui avoir rendu la justice d'en douter.