‹ Mémoires de Bailly (volume 2)Chapitre 23 sur 43 · N° XXII · texte numérisé non relu

N° XXII

Discours à rassemblée nationale.

26 mai 1790.

Messieurs ,

Je vais vous rendre compte des mesures que M. le commandant-général et moi avons prises pour assurer la tranquillité publique. Nous nous sommes aperçus , depuis huit ou dix jours , qu'il régnait dans la ville une grande fermentation. Des vagabonds étrangers s'y sont ramassés, et cherchent à y semer le désordre. Ils excitent le peuple ; on assure même qu'il a été répandu de l'argent. Samedi ? des mesures prises ont été efficaces. Vous savez les malheurs de lundi ; les victimes avaient élé trouvées saisies d'argenterie volée ; et , s'il est

permis de parler ainsi , le désordre s'est passé avec ordre , puisque , après l'exécution , ou s'est retiré très-tranquillement. Hier encore , on a voulu pendre un homme ; M. le commandant-général est arrivé à temps pour le sauver. Un homme du peuple ayant dit qu'il fallait le rependre , M. de La Fayette a arrêté cet homme de sa main , et l'a conduit au Châtelet. Il a prouvé par-là que la main-forte prêtée à la loi , est une fonction trèshonorable. Aussitôt on a crié : Bravo ! vive La Fayette ! On nous annonce encore du trouble ; nous avons déployé une grande force ; tout paraît cependant tranquille. Le peuple est rassemblé dans quelques endroits , mais en petit nombre et sans tumulte. Les officiers municipaux ont fait afficher une proclamation qui va être proclamée dans les carrefours , etc.

Page 1