‹ Mémoires de Bailly (volume 2)Chapitre 35 sur 43 · N° XXXVI · texte numérisé non relu

N° XXXVI

Discours à rassemblée nationale législative (2),

7 octobre 1791.

Messieurs,

La ville de Paris vient vous offrir les respects et les hommages de ses nombreux habitans : nous vous répondons que ce peuple défendra la constitution au péril de sa vie et au prix de son sang. Fidèle à la loi que la nation a dictée ; au roi que la loi et les cœurs ont choisi, il se distinguera toujours, et par sa soumission à vos décrets et par sa confiance

(1) Ce de'cret fut rendu dans la même séance.

{Note des nouv. édit. )

(2) Prononcé quelques jours après l'ouverture de la session de l'Assemblée législative. (Note des noi/u. édit.)

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dans votre sagesse. L'avenir vous décernera des éloges et des honneurs mérites; nous vous parlerons de nos espérances. Vous vous êtes déclarés Assemblée législative; vous avez rempli un devoir, nous ne vous en louerons pas; mais nous vous remercîrons du grand exemple donné à tout un peuple ; nous vous remercîrons de la solennité de la prestation de voire serment. Nous avons vu vos anciens, à l'imitation des temps antiques, porter le livre sacré, exposer la loi devant l'Assemblée inclinée dans un silence respectueux, et l'Assemblée jurer individuellement^ sur le livre même , la fidélité qui lui est due (i). Qui refusera d'obéir, lorsque vous avez obéi? Par cette solennité, vous avez institué la religion de la loi. Chez les peuples libres et dignes de l'être, la loi est une divinité et l'obéissance est un culte.

Vous allez , Messieurs, tout réunir et tout concilier. La révolution est consommée ; le peuple soupire après le repos. L'Etat est fondé ; le peuple demande qu'on en mette les ressorts en action. Les deux pouvoirs constitutionnels sont limités, il désire qu'ils se balancent, mais qu'ils se respectent. En nous rappelant à l'union qui fait la force des peuples libres, vous allez surtout établir la grande union de la nation et du prince. Que la confiance descende de cette auguste Assemblée et du trône

(1) Voyez le récit de cette scène touchante dans les Mémoires de Ferrières , tome troisième. ( Note des nouv. édit. }

pour remonter à ce trône et à vous par im cercle qui sera celui des prospérités!

Législateurs, qui n'avez que du bien à faire i nous vous félicitons de l'heureux emploi aue les circonstances vous ont réservé. Soyez bénis d'avance de votre courage ; et dans les maux que vous allez guérir , en étendant votre vue paternelle sur le royaume , jetez un regard favorable sur la ville de Paris , si courageuse dans les momens de péril , si sage et si calme dans des momens plus difficiles. Fière des objets précieux, des hautes destinées qu'elle a portés dans son sein, elle les a conservés, défendus au milieu des troubles et des guerres secrètes que nos ennemis y ont suscitées et constamment entretenues; mais ses triomphes et sa gloire lui ont coûté. Elle demande de vous, Messieurs, une protection qu'elle mérite par les pertes qu'elle a éprouvées , et qu'elle méritera toujours par sa fidélité et son obéissance.

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