N° XXXVII
Réponse à un discours de M. de La Fa jette (i).
8 octobre 1791.
Messieurs ,
Vous nous annoncez une perte bien douloureuse; je voudrais pouvoir vous exprimer dignement les
(1) M. de La Fayette venait de donner sa démission de commandant général de la garde nationale parisienne. 'Note desnoiw. êdit.)
regrets et les sentimens de îa commune. Je ne vous parlerai point des services que vous avez rendus à la notion et à la ville de Paris; ils sont connus de toute la France et de l'Europe entière. Je ne parlerai point de notre reconnaissance; elle est proportionnée et à vos services et à votre gloire. Nous sommes accoutumés, depuis le commencement de la révolution, a vivre avec nos frères d'armes, et nous perdons notre ami et notre général ; mais vos talens nous laissent une grande espérance; vous serez appelé aux emplois où ces talens doivent vous porter, et le désir d'être utile a votre patrie vous ramènera et vous fixera parmi nous. Vous êtes bien sûr que nous n'oublierons jamais le héros des deux mondes, qui a eu tant de part à la révolution. Les peuples libres et généreux, comme les Français, sont reconnaissans; et vous aussi , Monsieur, vous vous souviendrez de la ville de Paris et des braves électeurs de 1789, et des municipalités provisoires, et de la commune entière que vous avez servie avec zèle. J'ose espérer que, dans ces souvenirs si chers, vous vous rappellerez quelquefois votre ancien collègue qui a toujours été ami avec vous , et qui , ayant partagé l'affection de la ville de Paris, demande à partager les sentimens que vous conservez pour elle.