N° XXXVIII
Discours au conseil de la commune.
18 novembre 1791.
Messieurs ,
Voici mon successeur : je présente au conseilgénéral M. Pétion qui a réuni la grande pluralité des suffrages des citoyens assemblés dans les sections, et qu'ils ont élu maire de Paris. Ils l'ont pris dans une source illustre; ils l'ont choisi parmi les premiers représentans de la nation; M. Pétion est un de ceux que l'opinion publique y a distingués. Ce n'est point à moi à le faire connaître aux citoyens qui ont voulu le récompenser , qui l'ont jugé digne que l'on payât ses services, en lui imposant de nouveaux droits et en exigeant de nouveaux services. 11 est loué d'avance par leur suffrage; il le sera par le bien qu'il va faire. Ce que nous désirons tous , ce que, dans les circonstances présentes, nous avons besoin d'espérer de la sagesse de son administration , c'est qu'il fasse respecter et exécuter la loi , qu'il maintienne la paix, et qu'il opère enfin le rétablissement de Tordre , auquel nous avons constamment travaillé. Voilà ce qui lui promet les bénédictions publiques, et ce qui sera en même temps sa récompense, M. Pétion, Messieurs, va prêter son serment devant vous. En lui transmettant l'honneur de
vous présider, je vais déposer entre ses mains les fonctions importantes qui m'avaient été confiées ; et, dans le moment où il me remplace, je forme un vœu sincère , c'est qu'il fasse mieux que moi , et que par lui ma patrie soit heureuse.