SUR LA VIE DE BAILLY. XIII
nomma encore, le premier^ député à rAsseiublée nationale.
En arriyant à Versailles , les députés de Paris prouvèrent, déjà les états -généraux ouverts et les partis en présence. Les ordres. privilégiés avaient hautement an-' nonce la résolution de conserver Tancienne. forme âe délibération par chambres séparées , qui , donnant^ à chacun- des, ordres le veto sur les deux autres, opposait; une barrière insurmontable aux innovations qu^ils redoutaient j le tiers ^ de son côté , insistait pour la déli* , bération en commun, sans laquelle la double représen-, tation n^était qu'un bienfait illusoire : le ministère. ne se déclarait point encore , et paraissait se réserver le rôle de conciliateur ^ le chef du conseil , M. Necker,. inclinait en faveur des communes-, une. autre partie, du, conseil , soutenue par des influences cachées , appuyait les prétentions du clergé et de la noblesse. La lutte était engagée, et se poursuivait avec chaleur : ce fut alors que , Bailly se présenta dans l'assemblée du tiers -état 5 sa modération , sa droiture , dont la* réputation l'avait précédé, rallièrent encore sur lui les suflFrages ; et, le 5 juin , il fut proclamé doyen des députés» du tiers-état , en remplacement de M. Dailly, qui n'occupa le fauteuil que deux jours. .
Cependant, le temps s'écoulait :. les ordres privilégiés s'obstinaient dans leurs prétentions : des tentatives , de conciliation n'avaient amené aucun résultat : les tra-; vaux des Etats restaient suspendus , et cette session , dont la France avait espéré tant de bienfaits , se consumait en discussions préliminaires et en longueurs stériles. Pour mettre un terme à cet état d'incertitude et . d'inaction , les communes se virent obligées , le 17 mai, .
dé 6e ecyèstltiier eu Assembléénationide. Geti ah»! que , de simple doyen du tiers - état , Baîlly devint le préâdent de rAs^mblée coùstituanl^.
Ce cfirtip dlfttitdrité , frappé par les communes , alarma la ^ottf qttt n*aîmait point et qui craignait le tîei^tat. Oïl obséda' te liionarque ; on le pressa d'interposer soik pôUT^r.jVl. Ntecker aussi-, de son côté', soUicitaitdepuifi^ loïig-tïemps' Fintervention royale ; mais' il la voulait favorable'à' la- réùiiîon des t)rdres •, il la voulait , lorsque l'état des elîoseii la comportait encore, lorscpie tout flottait dans" rint^rtitttdb. Au 17 mai, il n'était plus temps: les^ communes avaient déclaré leur constitution \ elles se voyaient fortement soutenues par l'opinion publique. H étoit un pCtt tard" pour adhérer' à leur vœu^ il était beaucoup trop tard pour essayer de le combattre. Ce fut pourtant à ce dernier parti que l'on s'arrêta.
Bientôt le bruit se répandit à Versailles qu'une séaïice royale^ allait avoir lieu; qu'elle serait dirigée contre les prétentions des communes. On savait que les mesures adoptées par le conseil* avaient été prises contre l'avis de M. Ncckeryet l'on en tirait un sinistre présage. On craignait un'Vîoujir d'État. Dans cette disposition des esprits^ les âiembres de TAssemblée nationale , se rendant au lieu de leurs séances , sont surpris de trduvèr Jar'ptofrte fermée; ils en demandent la cause; on leur annonce qu'on y travaille aux préparatîfe' de la séance .iiiyalei
Persuadée quV)n vettt les etnpêbher de se* réunît', lés députés, sous la conduite de lenr président, se rendent au jeu de pisiume , établissent leur séance dans cetbùmblé asîïé qu'agrandît la prétende dé la ' représehtatioii nationate^ etpi^onnilcent, à l'unanimité, mbîxils \ine vôî^k",
SUR LA YIB) ra 3AILLT. XT
le seraient <WBe point se séparer ayant dTamr adMTé W con&tîtutioB de la France (i)«
Deisx joar9 ajH^s cette némorable aéauee , Toixlre du der^ TÛftt se réunir à rAasen^lée n^ttonale cpti^ 4^8 1^ moment > renferma dana son sein, ificm«'setil'eaaBeBft la naa^oéMé dés députés ^ mais, la ma)«rîté de» ordres.
liCi lendei^ain même de I^ réunion, le ministèfe^ (pi^'eUe aurait du peut - être éclairer sur sa position ^ hasarda la séance royale qu'il méditoit depuis phisieurs) joiws. M* Necker,. dont les- conseils n'airaîent pa èlve écoutés , refusa d^ assister.
Q y avait ujue imprévoyance ]ràen inexcusable, dans la situation où setrouyait alors la France, à mettre ans
(i) ao jaîn. Le sermeot du Jeu-de-Paume est un grand et solennel ëvé« Dément dans l'histoire de la révolution française. Le soin d'en perpe'tuer le souTenir avftit été oonùé, dm» le temps, à-lfa^peinturtf : lè'cbelde rëecde^modena^ derrât oonsaoren ses ]^c«mi« ib voprésentfr cette aaènet aussi animée qu'imj^ante. Le tableau, q^i'ilarait entrepris n'a point été. terminé ; il n'y a eu d'achevées que les têtes àk cinq principaux personnages. Mids le dessin , d'après lequel devait être terminé ce tSrbleflu, a été conservé soigneostment. U' est d*)m>tt!a^ii beaucoup plue fini qae? ne le sont d'ordinaire les compositions- du méoM gjbnre^ etlb talent da> grand^naitre qui l'a tracé , l'effet général de cette belle et vaste composition 9 la grandeur des souvenirs qu^elle retrace , la ressemblance exacte d^tme midtitiide de personnages oélébfes ou fameux , tout rend ce 9101^ceaB élément précieux, siât pour l'âge actuel ^ soit pour ^atmiirb. . >
Unesociété , composée d'hommes de goût, d^hommes éclairés , s'est réunie pour charger la gravure du soin de multiplier cette grande page histori(}ue. lU ont acquis le dessin de l'auteur; et le burin, atissi fidéla qu'exercé, de M. Jaieti, d^treprodair&*celle tmportiniCii cèUi* position.
Tous ceux qui , s^ns prévention , sans esprit de parti , rechercheot ce qm peut intéresser les arts , ce qui doit édàirer rhistoire, remercieroot M. ¥aUée d'avoir conçn et dirigé cette entreprise. M. Vallée de-^ menre roc de là Qunsséft<L'AatiB , ji** aa;