‹ Mémoires de BaillyChapitre 12 sur 20 · SUR LA YI£ DB BAILLY. XIX · texte numérisé non relu

SUR LA YI£ DB BAILLY. XIX

cate et plus périlleuse encore. Âssuret, dans un temps de famine , la subsistance d'une capitale insurgée ; répondre sur sa tète du succès de ses efforts*, diriger %ne administration aussi vaste qu'importante, dont la mar^ che , dont les attributions , dont les prérogatives étaient encore* indéterminées ; maintenir Tordre public au milieu de Teffervescence universelle ; suppléer par la persuasion aux moyens de répression dont Tusage pouvait entraîner les plus grands dangers , tels furent les devoirs qu'il s'imposa. L'histoire dira s'il a su les remplir.

Dès les premiers jours de son administration, tous ses momens furent consacrés à la subsistance de Paris.^On verra, dans ses Mémoires, combien de travaux et d'alarmes il eut à dévorer pendant les quatre mois que dura la famine : il s'entoura des plus sages conseils, lutta, sans se décourager , contre des difficultés sans cesse renaissantes , et parvint , par des efforts inouïs , à sauver une population de huit cent mille âmes des calamités qui la menaçaient. . .

Ce ne fut pas sans de nombreux dangers que le maire de Paris poursuivit le cours tutélaire de son administration. « Le peuple , qui calomnie toujours les gouverne- » mens, quand ils ne lui révèlent pas le secret de leurs » opérations , dit un auteur contemporain , s'amoncelait » aux portes de l'Hôtel-de-Ville , menaçant d'assassiner » son maire, s'il se présentait à ses regards. Dès ce » moment , Bailly,. qui croyait à la vertu parce qu'il en » avait lui-même, se rendit accessible à tout le monde, » sortait à pied et sans gardes , défiant ses assassins par » le spectacle de son visage calme , où son innocence » était empreinte , et sauva ainsi ses jours len conservant » sa gjoirç. »

Xi NOTICE

En même temps qu'il dévouait ses jours à la conservalîon de'ses concitoyens , Baîlly épuisait sa fortune personnelle par les dépenses qu'entraînait la place émi nente qu'il avait acceptée. Modeste pour lui-même, portant , dans l'exercice de l'autorité la plus étendue , la nremière simplicité de ses mœurs , il se montrait pourtant soigneux dé sa dignité ; il soutenait , par une représentation convenable , par de fréquentes libéralités , l'honneur de ses fonctions. Il n*oubliait pas non plus les sollicitudes de l'humanité , et ce fut pendant la durée de son administration qu'il composa , pour l'Assemblée nationale , un Discours sur les prisonniers, digne , par la philanthropie qui le caractérise , de l'auteur du Happort sur les hôf)itaux.

^ Bailly trouva long^ temps , dans la reconnaissance publique , dans la popularité attachée à son nom , Ifi récompense de ses sacrifices et de ses travaux. Cette récompense était digne de son cœur, et la sagesse ne lui avait pas appris à la dédaigner ] mais , dans les temps de révolution, la popularité est fugitive. D'imprudentes résistances avaient donné à la révolution le caractère d'un XîOtnbat; la faveur populaire avait dû, dès lors, s'àttaeher, non aux esprits" les plus sages, maïs aux esprits les pliis ardêns. Bailly éprouva lé sort réservé aux hommes jiiéték et modérés, places entré dès partis' qui' se combattent. Partisan des idées iiouvellès , il» dëvikt odieux: laux défenseurs de l'ordre ancien •/ défenseur ' de * l'autorité royale , il devînt suspect aux partisans tfoj) passionnés de la révolution. Dès le ly juillet, lés pteïniers avaient poussé l'injustice jûsqu*à lui^reprôcher , coniihe un outrage à la dignité royale ,'cés paroles adressée^ au 'descendant de Henri IV : « // aifoU conquis son peuple ; au-

SUR LA VIÇ I^ BAILLY. ^l

jcfuréChui, c*esi le pjeuple qui a reccmptis son roù^» Di^ le aa , il avait; :^it un .vain.ei^sai^ dç sp^,2|âç^ndaut ^m c^ peuple, en voulant déroba à,. la, mort le.malheqjeu;^; Foulon, qui fut arraché de ses mains et massacrée pre&-<-. que. sous.&e& yeux. Cç|tte scèneieffirpy^ble Favait, fr^tppé d'un pres^eiati^ien^ ^îsUre;, el;^7dans.les^épapjç)ie];q^;i|^ de ramitié, tandis qpe les témoignages d'ainoui;etd.'en-» thousiasme édataient autour de lui^ il.s'e]^^et(^ait,,^q ^inconstance des sentimens pqpulî^res, et. s^ipblaf.^^^ préparer à .l^^destinée qui Ta^tendait. : . . >r l-

. Toutefois, Bailly n avait pas toujours J^itl^ ^^I^^i^^^qS^ contre refferye^cence révol^tiç^p^r^. ^fj'un de^,s^^•b|q■T graphes nous ^ tra^osn^s à ce sujet Une ^o^d^çte^^^^^pu quantepour^e coi^^eryée;. AU.Qn d'octobre ^ij^p^Jp peuple, attf;oupé. sm^ U p|laçe, dç.l^ maison cp^inuu^i demandait d^i painy des^ cris efirayans , p4fï^^^t }iBque dMis la salle du', CQjiseil : qu^ présidait B£^%^ Chacun 4rem]i>l9Jit^ Dusaulx^jr yieiUard yé^pI:^le,JrdfJlJJé d'une belle figure çrt; d'un organe §PWrç, se^JLèy^jj^î propose d'aller se montrer au peuple. H. sort, J^çfffff sur une.,e3,tçi^ç élevée pour lea pi;<]jçlamali0ps,^j.je|^, |à ; Messieurs jf dit^il, vous, voje^,d^ffnt,^piff,^Jç tja^ucfj teur de Juifé/^a^..^..:,A ç^ noïX}i^erJi^4^(^h\y^^h^l'^ p^ple de s'éçfier i Ques^-çe quese^ Jififé^P.ur^ fuçist tocrate, sans doute, ^ la lanterne M. Juvénàll à,Jq lanierne çfsl^ quin^i^n^ nqus en parlerl .QesitdujMm qtCil nqu^ faut j M. Juvàaal^ /ipws ^ji^ 4fyfin^m<''il?,^ ï^e panvre Dusaulx s'agite en vain, pa^J^: se. faifB, entendre 5 les pris à fajai;itçrnç coi^vrent sa voix-i;Péi^ l'on s'eic^paraitde lui, quand BaiUy. sp :pp:*ésenle.,, et,. 4'ufl^ ton cal^e, dit a cies furjieux iDu^j^lça est\n^fn[;(U^j je Je réclçmç. A ces simples^^ psMTQÏ^s , tpjut sq calme ^ 1^ pe^r

Xïîi KOTIGE

pie é'arréte él; Dnsaulic est sauvé. Dusaulx , pltts tard , reconnut noblement ce bienfait, en cédant à la yeuve de son libérateur une pension qu'il tenait du gouvernement.

Tel était Tascendant de Bailly dans ces- premiers mo^mens ; mais cet ascendant salutaire devait décroître , à mesure que la révolution elle-même croissait en violence. Un événement déplorable Tanéantit sans retour.

Entraîné par d'aveugles conseils, Louis XVI avait fui vers la frontière. Son départ , le manifeste laissé à FA)5sètn3)lée nationale avaient allumé la </olère de la multitude qui, dès lors, crut voir dans le roi rennemi de la révolution. Tel fut reflFet de cette funeste imprudence, que les amis de la liberté, qui voulurent défendre le trône, furent abandonnés par Topinion: la popularité les quitta \ elle passa du côté des hommes ardens qui, en attaquant la royauté , flattèrent les ressentimens du peuple. De ce inoment , tous les freins fiirent brisés : il* détint impossible à la sagesse de gouverner la révofctîôiii.

l)epui^ Farrestation du roi à Varennes e» son retour dans la capitale, les partis les plus extrêmes étaient cliaque jour mis en discussion , soit dans les clubs , soit dans l'Assemblée elle-même. Les uns demandaient la déchéance du monarque , les autres sa mise en jugement. Cependant les constitutionnels , qui dominaient encore , au moins dans l'Assemblée , venaient d'obtenir un décret favorable à la royauté. Vaincus dans l'Assemblée , leurs adversaires essaient d'appeler à leur secours la puissance des mouvemens populaires. Une pétition est rédigée pour demander la déchéance : elle est portée sur l'autel de la patrie^ des attroupemens se forment, et dans le

SUE LA HIX.JK BAILLY. XSIH

liimiilte , soit préméditatikm , «oit hasard , deux malheureux qid se fitmvaièÀt «ons rautd sont massaorës par cptte nuil^tude imtée* ^ leurs tèfees soht promenées msx des pi/piea dans }es rues dé Pnrii. r ' ' . > .î' [ ^ A la première ^nouvelle de cet ^éïx)rdres , FÂssemUée jq(Lai[ide à ^ )>^if^lç m^ire e( la xnnnicipâiité, learenîoiiKt de. fiùre respecter la tranqpiUîté publique et de. poursuivre les pçr^tiu'bs^çïùrs. 6ikut6t la municipaUtéttst ittsr truite des deu;x 9tô^sisdnat3 qui viennent d^étreicoraous : elle ordonne àtcms de ses piembres de se' tjraidsfiorter au Çhamp-4e"JI|^rs , accouipiigs^a dbm^hataillontde la garde nationale. Bientôt eUe apprend que cette députée ûoi^-nV pu dissiper les attroupenieps ', que la gàtA^nnr tionale a éjcé iii[sult4^* Aussiitôt la i<â/niariiale est, pvodansée , le drapeau ^uge est, déployé ', ^ la tmm^ip^ihé se rend en^corps au lieu du Fa$seitib]^ineut; acoompagpéé dW coups nombreux delà, gajfde^natîonafe*^' : ' - . - On se (tisposjdt à.faice 1^ ssomfgittitiDpa p]^asQf:iles p^ la loi , pour engager les citoyens à^ retifer ^ lors^'uâBe grêle de pien^ est lancée du g^ei^ sur l«t. gavde nair tioi^le. Réduite à s^ défendre^>cetteg^e, avant d^ tirer sur le ]>enple 9 £|it deiixdécliar^es enFa^*, sam pp^voir intimider les assaillans -: ip^^oup de pistolet, dirigé contre 6ai%^ ya frapper derrière lui uu soldat qui mo^^ mt des suites de sa blessure. Alp^fs Fprdre dé^tif<le faii^ feu est doi^né par le coninumdant de la garde nation^ç^ ; il est exécuté ; vingt-quatre honunes tombent mort$ , )^ peuple se disperse , et le Champ-de-î^Iars^est évacué j(i)*

<i) La vérité historique ne permet pas de taire qa*à cette époque on accusa la garde nationale d'avoir &it feu sans attendre lef soomiationi prcfcriitt par la loi. BéDjr;^ » ^f^.p déclare, a4 o^nlraife» qu^.

..'OéttR jffftflle {o«niëe prépara la inonf de fiaiUy. Oà «nflamma ^cxmtre lui et iconcre Ml de La^'Eà^étte les tesseirtiiiiensHde la^muilhude^ on lèê dépeignit Fan et Tautre comme les assasskis: des citoyens. Dep^^' ternes «àkiit^ le niaified^ Pam «e vit abreuvé àé-téHirmétén 49Ûife'dtfgoiits ries hommages vlong'-tetilpii'rendtks & î^a i^Pi«|,o£rtot placé a(ax ôiitrages d» lah^ite.Ses foii(!tioiispaè'fiiiént plus pour lui qu'iht fardëitii/ ]!>^aati*è^ icaÙMStenooré Concouraient à les lui fènfâi^e-piénibles. Lè^ liatttepiM unpmdtentes de' Fun de ses^înfptoyés loi atti- «^«ntJ^de nombr^uÎE ennemis*: des<^ rivalités *"de pouvoir «Hérfubnt^frécpiemtttem rhài^oniede sé^ i^^ leicorp*aiïunicipal. Élu ie^nd^aéLt uné^c^bàde^îsVSl f^Alfea^ t^ue' la gravité dfes circonstances lui 'défendait de tëiaséT: oteaisvWsqu^enfin la eènstittiïiônifot terminée \ fc*fe<ïft0'le^ W)i', âprèb Tàvcir acceptée ,'en eût* juré l'observation, BaflSy^cnlt sk dette acquittée' éhvér^^Iàfpatriéi ïl'dewîitt' èôdétoîssibn^ te 19 sèptlemlré ' 1^791. ''Toiitefoîë, léà nisttttïiës ée la comniùne le déteiininèrént k c^D^serVei^ sefe feWLCÔiwik- jukjU*âtf 18 novembre sùiv'ant , époque ordinaire deâr>âéotidus. Cette épo<|hé arrivée^ il i^êuiil ses pouvoirs -cfntèe les nlàins'dè Pétioti'', ' séiî ^ccesscktr. Frappé . d'nw ^pressentiment 'ddtilôurèux V et pi*éVôyanfles oragek qtiî Itièhaçaîent radftiînîstralîbn 'dû nouveau maire : Je souhaite ^ dit-il d'une viiîx éteinte, qiiH^ùdrnùiisire mieux que moi, et- que par Uii la pairie sait heureuse. * .'. ^^ . .• ;

• V *JÈlëntré dans la vie privée , BaîHy se relira dans uiie

fii là gardé à \\xé, c'est après avoir été J)ro^oq[ïri^ë. Nous avoh^'prcft lH. yérèiort '^ùï nous a pâriï îe ^lus digiie de foi , ' sdûs idis'sithulér toiil

hkiiyxétéré

•toutc-

foià'hnici^&îid^ qaî'règtie eàdiréiut c% ï^it*. ■

«UR LA VIS BS BAILLY. tI^XV

DMia^rn de^oABli^agkKv^mx ei^rinms ée Nantes*- La luMimU^ àes éY4iieixieiis du lo aoÀt#diity tirou^ler sa traiiqiiUlUé< Jl éqliyU à^ de; Xtciplaee^ Fim de nos âavans les {dus illu$tr06 , aijgomd'bni Pair de Ftim^etf sA^ss reUré^ Melun , pour sayoir de lui s^il pourrait trouver dau& cette )çille une retraite 0t Fo^bli ; la v^pc^use de M» de Laf^iace, (fd loi. promet,t4ij(*séeulité et lui offirait dé partager, airee loi la^maisOoi.^'tt haUtait^ le déci^ta d'aii^rd à ee yoyage ; mais l^s a{^rèts d^jEUa- ncxuyel établissement exigeaient quelques délais ^ etles éTéuemens mardkaient ayeo rapit dilé. Déjà la:ioui*néejdu 3j .mai veiiait de/coustemér ki Erance : le&. éohafauds étaieiiit dressés, y \a. proàeriptinn s^mbUit s'at^iJp^^îde préférence aux premiers .fondateurs de k lîl>erté.^ lesnoma^ç 6aiUy^tdeMv;de LaFâyeite étaient sigbaléa à . li^ loàlëre pnbUqué^ dans des joucnafùx sanguinaurea. Une armée réirnlutionnai^fifQrméepeu^é owns a(>rès lé 3i' mai >' répandait ;de.noiiilMreux détachch* mens dans les eaiàpàgnes. Un^b<}es'détaiebeméiii9 arrivb à Meluh,Hbik>r^ami.déiPaiUy attendait dej^ ^nivê». ' Celui *>cius'einpresset d^écrire..ii -Nan^s.yi|kiiÉr dwërtàr Bai^y jdfi tdiffériér -scn départ ;étclni.peiudre<kb dangers ^'iliooiuait^fBaili^ reçut la.ktttfe v^etmWpiactift pas moins* H étaii.réaigné à 8Da.sort;;0Qé^i,' ;yers la )fip de 1791 9 aé trou:éant9a'HèTie.^:iU'a]vsiti:eiIiséJapiH»pf» 9ilioouq[ui lui 'fiii faite de rpa^ér en 'Angleterre';: Im homme qui s*est a^u èhdrgé â*wie 'grande àdmintà^oÊhni liisait-it^ d^it, quelque dangmr 4^ le ihenaée^'resterptmr rendre compte de sa conduite. Depuis, lespéotaicle des-ùeès eomims soua se» yeoi- à^àit ajouté le dégoût def fai vie' au sentiment dû iderëirj II arrive à Melunir.M^ de liapbice finémiV en le' voyiant *vdL|ui'montrei larville- envahie 'p§r nae-trcaipa de^'f uiîeuad> • les boppçon» ée jla^ iibortiplanaM

pândut , Id» pàËS^p^ortô' eidgés «wù h* ]^h» gmn^if&À gtieur , lès autorités impuissimtesà^ôtiéger tes dtoyeia»^ A% l lïii répond son ami ; qûie m'ipnporie de i}wre ijuààd je wù tcm ee fttt se pause l jtyJttm tnùui^ici guMÏl* ièurSé.** 'y- '-- '..;■■■■ ^ •;''!''•■* ii .. . -f- . ' ■ -.

liés craintes de M. de Lapkce n'étaient que Xroi^ bieii fondéie^. A peine ênité dans la ville, Bailly avait été réH connu par un soldat de Tarméé révolutioimairè^ A <sén liom une éûieute éclate : il «st trainé à la municipalité; Là , il montre ses passe-port». Le maire , M.» Tattié d^ £mUon8^Vefi%rce de le sauver :Tordre de misé en liberté est signé. C'est en vain : la multitude en^^ireûr-s'^oppOBtt à sa délivrsince ; à peine peut-on obtenir <{ii& le pti* sonmer soit gardé dans sa propre maison jusqu-à la r^Mmse du comité de s&reté générale , aucpiel on écrit à llnstazKt iiièine/<iette répbnse ne se fit pas> attendis : ^% les premiers jours d'octobre , le eomîté donna Vordire dei amdvire Bailly dans 1^ prisomside la Force. Il y de^ nieura< peu de jbwsJ Quelques papiers, relatif à l'affaire Au €liaii^p-4e-Mars , récemment découverts \ disaitH>n^ dabs les cartons de rfiôtel-Kle^YiUëv et signai du mairev mtotivèrent s^ ^translation à la Conciergerie. Ce fut Ift que le plus j.in(ieLdes hommes attcpùUtle supplice. Patalev Coques ou la justioe h!est plus que la colère ; «où: ses Cormes sacrées ne ^ont plus> qu'une scandaleuse parodia^ où le fort insulte au faible qu'il véoràse ! H est aârâGqp d'assassiner par le, glaive ^ il.est plus ^t^freuxei^corç d'a»^ sàssiner par les lois. V ->

Ce né fut pas en accusé^e Bailly parut pour là prc^ mi^ fois devant le tribunal révolutionnaire \'iL y AH appelé comme témoin dans lé jprbcès de Marie^^Antoii^ nette \ de ceUe qu'on n'appdbtt plus alorsque la^'oem^m

SUR LA TIE ÛÉ BAILLY. Xmt

Capei. La venTe Capet ! que de douleurs dans ces deux mots ! Bailly put, dès cette séance, pressentir le sort qui Tattendait. En présence des juges qui trait^ent déji Taccusée en coupable et lui-même en complice, il ne démentit point son noble caractère. Ferme devant le tribunal qui Tinterrogeait, respectueuic envers l'illustre accusée , il répondit avec autant de calme que de dignité à des questions qui notaient pas moins dirigées contre lui que contre Marie -Antoinette. Interpellé de déclarer s*il connaissait raccnsée , il s'inclina devant elle , et d'un ton pénétré : Ah ! oui, dit-il , je connais Madame. La mort de la reine précéda le jugement dé Bailly.

Rentré dans sa prison , Bailly écrivit une défense de sa conduite , intitulée : BaiBjr à ses concitoyens. Elle fut imprimée clandestinement ; car auctm imprimeur n'osa y mettre son nom. Mais elle ne détourna point le coup suspendu sur sa tète (i).

Traduit à son tour à la barre du redoutable tribunal (2), Bailly subit deux interrogatoires. On lui Hèhottvela Jes questions auxquelles il' avait répondu ïàtà du procès die la reitie. Ses réponses furent vraies ^ fblTRes et j^réèisiBS* Aucun acte de faiblesse né ternit la g^icnre de ses derniers inômefns. H ne craignit pas dV- Touer qu'il était royaliste constitûtimnél , qu'il avait

(i) Cette pièce intëressanle et très-peu connue te trouye imprimëe à la fin' de ce volume ( mote A — B). Un des biographes de Baillj pafatt croire qu'elle a été composée pendant ^son propre procès , entre le pre* mier et le second interrogatoire. Mais la lecture de IVcrit nous semble prouver qu'il a épé rédigé avant que Bailly fût pertonneliement en accotation.

(a) Le 90 bfnaudn Mil ( 10 ootol»fe>79l. )

servi le roijs^a^gs bassesse comixLe iLTayaitlot^é sans £l^t« terie* Il fut condamné à la mort. , ';.; 1 ; r»

Le jour du supplice arrivé, Bailly^ les ,qiwkâ liéç;s, derrière le dos, est placé sur la faitale charrette. Ë^e part, à travers Içs imprécations. d'une pppiilaçe fipieu^ ^. çxaltée encore. par des écrits sanguinaires (^t). te drapeau rougç était attaché derrière la; voiture , gui s'^^Jiegjipait. lentement vers le Cl^nçip-de-Mars } car on avait youlu, paî* un raffinemeiit de, cruauté,. que T^xécution çût Jieu sur cet^jB placçi juèiue» Penda^f^l^lofig tpajetde la Gonçieirgerie au GJwmpdeJViars , ÇfiiMy ? Pf Ç^T^e nn% glacé par lapluie froide qui ,tomI)ait à toï^rens ^ex^sé anjç insultes de la multitude qui le chargeait d'injures, <^;Iui Ifmçait .de la boue , qui ch/çrcbait à- 1^ irappeir , et , faisait souvent arrêter l^e cçrtége , pour prolonger ragçnie de \^ pçiimej n'ayaiM;^ à^9^s. cette .foule, ,ipa^çns^v,qi:^e,. ses ^oijgrr^auxppw défeiîfjeurs;:RaiJl^ le, fron^-cabacie,, le regard tranquille , ne fit pas entendra ^ui^, pUinte-Apr^ up.^ l;^fflifp,^lt,,deçiie.de fliarc^e^.pfi ^sj^yq au lieu^ de ]|'^xéjCfUioj^,5, ;PajilJtj.dÇ?fiÇ^9 4éj^^p.Jemraînait ye^^réjt gtgj^ud , lorsjqpiq plçiçi^wr^ des asçig^j^ d^eiîfmn4^^fiPW^ brûjie. deyajut lui Jç^^T^pe^ ,^9VeP Vyi>^?^^^^^^i 4?ÏM ^Vffftîre. du Clup^^jp^Ae-^IVI^^^^^ îQ^JiPS^VV^, ^ f^^ii^ft

pour la première fois un cri involontaire : la multitude applaudit. Pour la seconde fois il approchait de Téchal^ud^ tout-aT^oupj,' (^élg^^ sféc^eque la terr<ç,^gré^ 4urQi2MPp de k F^dçraJtion jie doitpoiftt être gQuiUée pai;

•i' 'i > ^ ' i » > -'i ^•^' '-rr'i • ' ; 1' .'•: « ■• 'j ' ' ':;•>' t^ -•».; i:-, • ^- . ,,.,,<.o'i..*^ •■>'' *j'' '1 '.' "■- . ,1 '* . ... r.w.. .,

(i) Après la condamnation de Bailly, il parut un écrit de&tinéàil« justifier. On le trouvera ]^aXpailea)^èoo6tàhifiiiiâiftirolHmeL(«of^(^)>

SUR hk TÎE DE BAILLY. XXlX

le sang d'un tel scélérat; qu'il faut déplacer Téchafaùd. Cette idée est accueillie par mille acclamations. L'éctafaud , lentement démonté , transporté pièce à pièce dans un des fossés pratiqués sur le bord de la Seine , est rélevé sous les yeux de Baîlly , que l'on conduit à pied sûr la chaussée pour le rendre témoiti de cette sinistre opération. Là , pendant trois heures ^ il reste en buttb aux outrages de la populace qui lui craclië au visage , lui lance des pierres , le frappe* avec des bâtons. La pluie , qui continuait à tomber avec violence , inondait la têlê nue de Bailly : i! frissonnait. Tu trembles ^ B'aitly ? lui dit im des satellites : Mon arrii<, c^est de froid , lui répond doucement Tauguste victime. Cepettdant là nature épuisée trahit son courage ; il tombe évanoui. Reveuu àlui', il s'adresse avec calme à ses bourreaux pour demander qu'on hâte son supplice. Cette prière , plusieurs fois renouvelée , est exaucée enfin. L'échafaud est relevé sur un monceau d'immondices : alors Bailly , rassemblant ses forces , se relève , monte à l'échafaud d'un pas ferme , et présente la tête au coup mortel.

' Ainsi périt Sylvain Bailly, auteur de plusieurs ouvrages remarquables ; membre de l'Académie des sciences , de l'Académie des telles-lettres et de ^ Académie française ; membre et président' dé la prèmièfé de nos Asseiriblées nationales^ et déiïx'foi« maire 'dèï^aris. Il avait vécu cinquante-sept ans.

Bailly^était d'une taillé èU\êéi seé;ïràîis'etàieht allongés, sa figure notlè mais froide , son caractère sérieux, son amè doti(*e et séiïdtde. 1/ etùdè était* son ôccu|)aftion favorite \ ïà îii^âîtatibli'^ôri^tài^ liâbîtuèl. 'Ses travaux tiii procuriïènt ûnè klsàlic4*honbi?àbïë'^'îl flépèttsa d'ans son administration là *^ltià grande pârtïé'd'é' sa 'fortune j^et

XXX HOTICÉ

sortit pauvre 4fi Tune des premières places de TÉtat.

En l'an Vil , son Essai sur les fables , inédit jusqu'à-^ lors, parut imprimé ; un exemplaire en fut offert en Hommage au Corps lé^latif. Baudin des Ardennes , député , saisit cette occasion de payer à l'ouvrage et à l'auteur un juste tribut d'éloges : un autre député , Rewbel , déplora la caloiïmie qu^ l'avait conduit à l'échafaud. U Essai sur les fables obtint d'imposans suffrages : il repose sur cette idée , exprimée déjà dans les précédens écrits de Bailly, que les pjremiers babitans de l'Olympe n'avaient été que des héros divinisés^ L'astronome Lalande disait de cet ouvrage qu'il préférerait la gloire d'en être l'auteur à celle d'avoir été maire de Paris et président de l'Assem* blée constiti^ante.

Outre V Essai sur les fables , Bailly a laissé quelques ouvrages posthumes d'une moindre importance. Us ont été réunis et publiés dans un recueil imprimé en 1810.

Les Mémoires laissés par Bailly ne sont pas le moins intéressant de ses ouvrages. L'auteur parait les avoir écrits en I jga : il voulait y renfermer l'histoire entière de sa vie politique, c'est-à-dire, un espace de trente et un mois : il n'eut pas le temps d'achever , et ces Mémoires n'ont point été poursuivis au-delà du a octobre ,1789. Us ne comprennent donc qu'un espace d'environ cinq mois et demi. Mais dans ce court espace , de grandes choses ont été faites : la révolution s'est fondée. U est curieux d'observer, dans les Mémoires de Bailly, lés commencemens de cette révolution mémorable. L'écrivain a tracé , jour par jour, et dans le plus grand détail , le récit des fsdts. n les raconte avec candeur, et les juge avec autant de sagesse que d'inipartialité. U ne faut pas cependant s^attendre à rencontrer chez lui une connaissance appro-

SUR Là YIS DE BAILLT. XXXI

fondie des ctnses secrètes et des ressorts cacliés de chaque éyénement. Bailly , trop pur pour être admis k la confidence des partis , ii^a guère tu que la surface de la révolution : mais ce point de vue, qui nous présente les faits dans leurs caractères ostensibles et publics, n'est pas non plus sans intérêt. La plupart des Mémoires , sur les questions les plus importante^ de la révo» Intion , rapportent seulement ce qu'on a fait : Bailly examine ce qu'on a dâ faire , et sa manière de voir est, en général , aussi judicieuse que modérée. Dans la dernière partie de cet ouvrage , l'écrivain a retracé , avec autant d'énergie que de vérité, l'eârayaute position d'un corps d'administrateurs appelés, dans un temps de disette et dans un moment d'insurrection, à contenir, à préserver de la mort huit cent mille citoyens confiés à leur vigilance ^ certains , si les vivres manquent un seul jour , d'être immolés à l'aveugle colère du peuple, et quelquefois arrivant au milieu de la nuit sans être assurés de la subsistance du lendemain. Enfin , ces Mémoires sont peut-être la source où l'on apprend le mieux à connaître la période décrite par l'auteur, et, ce qui peut-être n'est pas d'un moindre prix, à connaître l'ame d'un bomme vertueux et d'un grand citoyen.

S*. A. Bbryillx.

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