‹ Mémoires de BaillyChapitre 7 sur 20 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

d'honneur aux hypothèses , plus ingénieuses que soKdes , sur lesquelles reposent les Lettres de Bailly. Toutefois, le ton d Wbanité qui règne dans sa discussion , Férùdition qui s^ montre sans pédantisme , la^ gaieté décente qui tempère, sans l'altérer, la gravité du sujet, assurent du moins à cet écrit polémique une place distinguée dans notre littérature, et Voltaire, vivant encore, eût applaudi lui-même à l'adversaire spirituel et poli qui ne contbattait ses opinions qu'en se prostq|pant devant son génie.

Peu s'en fallut que les Lettres sur T Atlantide , en ajoutant à la réputation de leur auteur, n'attirassent sur lui une persécution dangereuse. On ne savait pas encore en France que la législation ne doit jamais , sous peine de tyrannie et d'absurdité, interdire l'examen et commander la crpyance , parce que , hors des mathématiques, il n'est pas d'objet sur lequel l'esprit humain puisse se croire à l'abri d^ l'erreur 5 parce que défendre la discussion , c'est bien souvent protéger le faux contre le vrai , et prostituer la sanction légale aux préjugés du législateur. Un journaliste accusa Bailly d'avoir substitué sa cosmogonie à la cosmogonie de Moïse. L'accusation pouvait avoir des conséquences graves 5 déjà le livre et l'auteur étaient menacés d'un réquisitoire. Pour conjurer l'orage , Bailly usa d'un moyen qui , dans une occasion semblable , avait déjà réussi à Sainte-Fpix : il # dénonça lui-même sou dénonciateur , et suivit avec tant de vigueur sa plainte, en calomnie , que le garde-dessceaux intima au journaliste l'ordre de se rétracter. Grâces à cette injonction , l'affaire n'alla pas^lus loin.

Il eût été d'autant plus injuste de persécuter Bailly , que ce philosophe, modéré par caractère plus encore

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