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bombes et grenades ; M. de Léonard dans le Noi-d, monlroit la plus
grande fermeté parmis un monceau de ruines, et inquiétoit aussi
beaucoup les ennemis dans leur tranchée. La nuit du 14 au 15,
l'ennemi s'empara de la demie-lune Nord-Ouest; l'officier qui y
Nor -Oo mm doit s'y laissa surprendre : ce poste étoit accablé jour et
fia t p le feu de l'ennemi; M. Gayoche y avait été tué et M. Rou-
'^cn™^ b 1 j fut blessé grièvement. Aussitôt que de la ville on en eut
j, ance, on fit tirer du canon et de la mousqueterïe : le fcii fut
b f ]ue l'ennemi fut obligé d'en déloger, ayant encloué trois
** n n et un mortier. Le général renvoya le matin cet officier
C«i officier, reprendre son poste ; mais c'étoit plustost pour faire bonne conte-
prote^ion, nance que dans le dessein de le conserver longtems : les munitions
doit éloient sur la fin; on venoit d'ettre obligé de loucher à la réserve
au TiD. dans le cas d'attaque généralle.
Conseil Le 15 après-midi, le général assembla conseil de guerre : on y
Ile guerre, g^posa la situation delà place, l'artillerie démontée, une garnison dont les restes étoient épuisés par un service continuel de 77 jours, le peu de munitions qui restoient et la proximité de l'ennemi qui n'avoit que quinze toises à parcourir pour arriver sur nos bastions. Toutes ces raisons firent que le général, cédant aux sentiments d'humanité, se décida ft proposer une capitulation pour présenter les habitants de l'horreur inséparable du pillage par un traité toujours sacré : il fut unanimement délibéré que, la place étant absolument sans deffense, il falloit nécessairement capituler. M. de Le 16 au matin, M. de Bellecombe fit cesser le feu des remparts:
^^S?"*"' '' chargea son aide de camp d'une lettre pour M. Munroê, par angfinéral laquelle il lui proposoit la reddition de Pondichéry; il le prioit en ""e '*■ même temps de faire cesser le feu de ses tranchées, sinon il fairoit
recommencer le sien.
Réponse Le général anglais envoya, aussitôt la réception, des ordonnances ^ï^a™' dans ses attaques pour faire suspendre le feu; son aide de camp fut le soir dépêché à M. de Bellecombe avec une lettre i les articles de la capitulation dévoient ettre envoyés le lendemain.
Le matin, quelques instants avant que M. de Bellecombe n'ordonnât la cessation de nos feux, une bombe -ennemie tomba sur le Lefenprend terrc-plein du bastion de l'Hôpital et parvint jusqu'à la fusée qui dM'Hùpitai. devoit porter le feu à la mine destinée à faire sauter ce bastion en cas que l'ennemi s'y fût logé; cette fusée prit feu lorsque la bombe éclatta et ne fut interrompue qu'à près d'un pied de la mine ; la pluye qui avoit pénettré nous sauva de ce fâcheux événement; toutes les troupes qui gardoient le bastion en éloient sorties, et, si l'ennemi eût pu s'appercevoir de ce désordre, il fût monté au bastion sans opposition.
Le 17, MM. Laro et Moracin portèrent au camp anglais les arti-
yGooi^lc
clés de la capitulation; on envoya des otages de part et d'aultre : Départ MM. Grils et Borose, capitaines anglais dans Pondichéry, et MM. le ''^at^es^*' comte de Carrion et le chevalier du Laur, capitaines au régiment *""**^ dé Pondichéry au camp anglais: M. de Bellècombe chargea M. des Auvergnes d'une lettre pour le général anglais : il se ploignoit dç infraction ce que l'ennemi continuoit ses traveaux dans la tranchée contre les '^^^ Angio'^ lois de la guerre. MM. Laro et Moracin revinrent avec la capitulation motivée; le dernier retourna au camp peu de tems après.
Le 18, le lieutenant-colonel Mac-Clellan présenta à M. de Belle- Le 18 combe la capitulation signée de M. Munroë et du commodorc ""j^^" Edouard Vernon. d?'^'t*'^*"S^
Tels sont les faits exats qui se sont passés au siège de Pondichéry ; la deffence de M. de Bellècombe lui fait beaucoup d'honneur : conclusion. avec une garnison de 700 Européans et 400 cipayes il résiste pendant un service continuel de près de quatre-^ingt jours sur les remparts à une armée de -22000 hommes et obtient enfin des conditions honorables, au bout de cinquante -neuf jours de tranchée ouverte. A 4 heures et demie du soir, la porte Villenour fut livrée aux Anglais ; les troupes de Pondichéry, au nombre de 493 hommes, La gamiBoo sortirent avec les honneurs de la guerre, drapeaux déployés, tam- lesTiotnwmrs bours battants, mèches allumées, six pièces de canon et deux mor- , *** tiers, qu'ils déposèrent dehors la place, devant le soir même faire route pour Madrast d'où. ils doivent etlre transportés en France.
Voici les principaux articles de la capitulation : la forteresse de capiwiaiion. Pondichéry sera rendue demain à midi et les troupes britanniques seront à ce tems-mises en possession de la porte Villenour.
La belle deffence faite par le général Bellècombe et sa garnison exige avec raison toutes les marques d'honneur : c'est pourquoi il est permis à. la garnison de sortir par la porte Villenour avec les honneurs de la guerre ; arrivée sur les glacis, elle mettra ses armes en' faisceaux par commandement de ses propres officiers, les y laissera avec les tambours, canons et mortiers; il est permis à tous les officiers en général de garder leurs armes.
— Tous les officiers, soldats européans iront à Madrast ou dans le voisinage; il sera pour\-eu à tout ce dont ils auront besoin jusqu'à ce que le gouvernement de Madrast ait pu préparer des vaisseaux pour leur ti^hsport en France : ce qui sera fait le plus , promptemept possible.
— Tous officiers, soldats et matelots européans, et tous les aultres militaires au service de Sa M. T. C, des présents dans Pondichéry, seront entretenus convenablement aux dépens du gouvernement de Madrast jusqu'à leur arrivée en France.
^ Les déserteurs nationnaux seront respectivement rendus à leurs couronnes avec l'assurance du pardon.
MEMOIRES DK DAlUtAS.
— Les fort i fi cation s et bâtiments publics ne seront en aucuno façon démolis jusqu'à ce qu'on ait reçu d'Europe des instructions ultérieures.
— L'artillerie, munitions, provisions et en général tout ce qui appartiendra au roi de France sera livré de bonne foi à un commissaire anglais.
— Cette capitulation sera signée par M. Vcrnon et par M. Munroé. et ils seront garants pour la ratification du conseil supérieur de Madras t.
Au camp devant Pondichéry le 17 octobre 1778. Signé : Hector Munroé, Edvart Vemon, et h Pondichéry, Beik'combe.
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