CHAPITRE XXVII. La perfidie. — Retraite
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Cepe]>îdant à l'approcîie de Tarmee d'Hidalgo ^ Tenegas envoya quinze cents hommes à Istalahiiaca, sous les ordres de Truxiîio, colonel de cavalerie et l'un de ses aides-de-camp. Bientôt après, ce^ troupes, munies d'artillerie légère, reçurent un renfort de cinq cents hommes. Lorsque le général entra à Toluca , le colonel recula sur Leraia , à environ huit lieues de Mexico, se fortifia près d'ua pont sur la rivière de Lerma , et en défendit le passage, mais les indépendanslafranchirentà Atenca, et les forces royales , pou r n'être pas tournées ^ gagnèrent prcmptement une colline, appellée le mont de îa croix, où Hidalgo eourul les attaquer. Une partie des fantassins de ligne qui avaient suivi sa fortune, composaient Favant -garde, marchaient au pas de charge , précédés de quatre canons , dont \m seul de métal, et d'une foule dlndiens | le centre et les deux ailes se composaient de pareils comhattans, mais sans artillerie , même de bois ; ses cavaliers couvraient l'arrière garde et les flancs, de rinfanterie.^
On eut à peine escarmouche pendant quelques mmutes, que Truxiilo, se voyant déjà débusqué de sa position , commença sa retraite sur Mexico. Hidalgo lui fit proposer , en le suivant, de s^arrétCF pour une conférence:, le colonel daigna admettre dans ses lignes les envoyés du général... et les M fusiller. Il se irouvail alors fort près de Mexico, ok
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iî rentra j le 3o octobre , avec environ trois cents lîontoies , après avoir abandonné et son anillerie et ses munitions. Les gazettes de Mexico vantèrent
cette reculade comme
nne importante victone
obtenue par les royalistes : une médaille, portant les noms de Troxiiio, Mendivii et Brengar , fut frappée à la Yera-Croz , pour en perpétuer le souvenir.
Le bruit se répandit bientôt , à chaque instant , que l'armée insurgente allait entrer à ^lexico ^ LeaDcoop,. de gens tremblaient ^ et nous n'étions ^pas de ce nombre ; mais l'alarme était toujours value. Le vice-roi , réellement instruit que Morelos, autre prêtre guerrier ^ venait aussi de prendre plusieurs villes au Sud de Mexico, et que Yillagran, se portait sur cette capitale par la roule de Tlapantla , se préparait déjà à faire sa retraite sur Saint- Jean-d'Ulua ou Yera-Cruz , avec les Espa» gnolsj s'ils se trouvait balte par les indépendans, lesquels étaient nombreux ^ sans doute , mais trèspeu aguerris pour la plupart, et non disciplinés. L'armée de Vénégasne se montait qu'à deux mille liomriies 3 campés entre les promenades de Mexico^ et son artillerie 5 assez, considérable , défendait lenîréede la ville.
Le 3j octobre, à la première vue des troupes d'Hidalgo^ qui descendaient les montagnesde San ta- Féj le peuple^ ayant l'espoir fondé que ses amis seraient vainqueurs, manifesta une joie éclatante : il^ brûlait de les seconder, mais il n'avait pas d'armes,
^ Yénégas , à la tête de ses soldats, attendait Fennemi, qui lui envoya des dépêches par Ximénes : ce général , arrivé à Chapultepec , à trois mille de la cité ^ dans une superbe voiture ^ suivi de trente cavaliers ^ présenta ses dépêches au vice^
( i35 ) roi. Jamais personne n'a su leur contenu , pas même nous ^ les amis d'Hidalgo ; et Véocgas prit gran(t soin de cacher à tous les hahîtans de \1exico l'objet de cette mission , et les dépèches fureul ren-
dues au tiénéial , sans aucune
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lise,
Ce générai morne triangulaire
L'assaut semblait alors inévitable 5 Hidalgo cependant , au lieu de l'ordonner , lit retirer ses troupes...
On supposa qu'il avait reçu la nouvelle de la dé* faite de Sanchez, autre chefd'insurgés, près de Querélaro, et qu'il savait aussi que Caléjas, le comte de la Cadena et le colonel Cutanos , réunis le ^28 octobre, s'avançaient au secours de Yénégas ; mais nous sûmes ensuite, de bonne part ^ que le courage réfléchi, la modération philaniropiqise du prêlre-miîitaire et son horreur pour répandre le sang, fureiU les principales causes de sa retraite volontaire.
avait été asseoir sou camp sur un qui domine le bourg d'Aëtculco et le pays environnant du côté du nord et de l'est : son artillerie, composée de quioze pièces de canon , fut rangée sur les flancs de la montagne, et son armée sur deux lignes ^ en trelesquelles étaient placés des Indiens»
Calléjas , arrivé à Mexico le 5 novembre, divisa ses deux corps en cinq colonnes, et, le surlendemain , attaqua Hidalgo à l'est et au nord de son camp, qu'il n'avait pu fortifier. En voyant la belle apparence et le bon ordre militaire de l'armée royaliste , forte de six miUe hommes , les Indiens furent saisis d'une terreur panique 5 dès le premier coup de canon , ils fuirent en désordre, ce qui déconcerta entièrement les troupes régrdières de l'armée d'Hidalgo.
Calléjas y poursuivant rennemi en déroute , lui fit beaucoup de mal ^ car d'après son rapport olli-
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( i36 ) ciel, io,5o® insurges furent tués, Messes ou pris. Leur général opéra sa retraite sur Goauaxoato ; Callejas le sumt de près. On arrive à cette cité construite sur une éminence, par un court défilé, que les mdépendans fortifièrent. Caliéjas détruisit leurs batteries, le ai novembre^ et leur prit vingtquatre canons, parmi lesquels se trouvait el liber^ tador, pendant que deux cents Espagnols , ren^ iernies dans tAlhondîga pour s'y défendre , périssaient sous les coups des Indiens exaspérés. Le ^5^ les troupes royales prirent la ville , et le soldat eut la permission de piller, de tuer, de violer, (38) pendant deux heures.
Le lendemain, tous les officiers prisonniers et tin grand nombre de bourgeois furent , sans iupement, fusillés sur la grande place 5 les savans nnneralogistes Yaîencia, Cliovel et Bavaîos éprouvèrent e même sort... Par une proclamation signée du chef des royalistes, il était ordonné, sous peine de la fusillade , que , dans vin^-qualre heures, les armes et munitions de tome espèce lussent livrées au général -, la même peine devait être infligée à ceux qui manifesteraient une opinion favorable à Finsurrection ; l'ordre fut publié de faire feu sur tout rassemblement de plus de trois personnes.
Les insurgés, alors, se retirèrent sur Guadalaxara, ville peuplée de quaire-vingt onze mille âmes, et située à cinquante-trois lieues de Mexico. Burantsa marche. Hidalgo tatiit constamment difiérens corps de troupes espagnoles ; et àès qud fut entré à Guadalaxara , il envoya le prêtre Mercado , son principal aide-de-camp , assiéoer le port de San-Blas, qui capitula sur-le-chaîT?p , et fournit^ quarante canons, que Mercado fit aussuôi passer à Guadalaxara. L'auîoriié du généralissime
fut reconnue dans celte ville sans opposition , comme à Yalladolid, Mechoacan, Zacatecas et San-Lnis^ où Ton montrait une grande soumission à tous ses lieuîenans.
Caîlcjas se porta vers Guadalaxara, à la tête d'un corps nombreux et anime par un succès, tandis que don ï. Cruz, général Espagnol, défit les insurgés à Zamora , et prit Valladoîid, dont il traita les liabitans avec férocité. Lorsque Calléjas approcha de Guadalaxara , Hidalgo, résolut d'attaquer [es troupes royales : en conséquence , il campa son arniée sur un plateau , protégé d\in côté par une assez liante montagne, de Tauire par une rivière, où se trouvait un pont qu'il fit fortifier. Trois batteries vinrent couronner la montagne ^ deux aulies garnirent ses fiancs.
Calléjas divisa ses troupes en deux colonnes, dont l'une gravit la montagne et prit les batteries des patriotes, pendant que l'autre attaquait l'aile gauche, qui résista si vigoureusement , qu'elle la força de reprendre sa première position. Mais celte colonne, appuyée par des renforts, menaça à son tour la cavalerit; d'Iiidalgo, lorsqu'il cherchait à la couper 5 en profilant de son mouvement rétrograde. Ce général charga lui-même la cavalerie espagnole , qui, soutenue âes grenadiers, repoussa son attaque et lui tua beaucoup de monde. Une batterie dedix pièces couvrait le centre d'Hidalgo j Calléjas, en personne, à la tête de cinquante hommes, enleva ses canons, sans éprouver une bien vive résistance. Pendant cet avanrage, don Emparan attaqua la cavalerie des insurges et la mit en déroute. La consternation se répandit alors parmi les troupes d'Hidalgo, et les soldais européeus obtinrent la victoire dans cette affaire , qui eut lieu ^^ ^7/v^^^''^'-^ î8li,àel Fuente dcl Calderon, situé à dix lieues de Guadalasara,
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Calîcjas dépêcha immédiatement un déîachenieni commandé par le général Gruz^ pour reprendre San Blas; mais ce port se trouvait déjà rendit aux Espagnols, par l'effet du patriotisme d un curé de la ville ^ qui avait excité une contre -insurrection .
Hidalgo rallia le reste de sqs troupes, et marcha sur Zacatecas , où son artillerie fut remontée. Il y avait dans cette ville une fonderie de billon , au moyen de laquelle il fit frapper une monnaie ïïouvelle j toujours à Tefligie de Ferdinand , qui Be s'en doutait guère.
Bientôt il s'avança sur San-Luis , ou il forma différens corps de guérillas 5 puis, avec des troupes choisies, il se porta sur Sartillo, à deux cents Imies de Mexico , dans le gouvernement des provinces intérieures orieniales : \e gouverneur ciel nuém reyno de Léon , se déclara pour Hidalgo; CGwx del niievo Santender et de Coahuila prirent îa fuite, et celui du Texas fut arrêté par les indépendans.
A peu près à la même époque, une division s't vança sur Allamiia , près de Zacatecas , sous les ordres du général Arredondo , qui de concert avec don Calléjas, alors à San -Luis , suivit les traces d'Hidalgo. Le gouverneur des provinces intérieures occidentales envoya aussi des secours , commandés par N. Ochoa , pour couper la retraite à Hidalgo , qui paraissait vouloir pénétrer dans la Louisiane , y rassembler ses pardsans et les armer , afin de revenir dans son pays recommencer la guerre.
Don Y. Eli&ondo, chef d'an détac|iement de de patriotes , résolut , d'arrêter lui-m^me le généralissime , dans l'espérance d'obtenir ainsi son pardon des royalistes. Ayant admis dans ce corn-
plot Uranga , Eonogo , Menchara , Carrasco et beaucoup d'autres ofliciers doiii je regrette de ne pouvoir livrer aus^i les noms à la cëlébriré , il attaqua ^o^ générai à Ocaîica de Bajan . le 21 mars 1811. Hidalgo poursuivail j^a marche , ne pouvant soupçonner qu'il dût trouver des ennemis dans ses conqiatriotes ; il fut donc aisément vaincu ei arrêté ensuite ainsi que tons les officiers qui lui étaient restés fidèles. Cinquanie-trois d'enlr'eux se virent fusdler par ordre de leurs camarades , et dix autres 5 parmi lesquels se trouvait Balieza , jeune guerrier de dis oeuf ans , furent pareillement exécutés , le lendemain 27 juillet , avec rinlrépide Hidalgo : ce général, qui, préalablement, lut déponiilé de la prêtrise , mourut en brave : Qui sait conspirer sait mourir.