CHAPITRE XXX
Succès divers. — Le congrès Mexicain.
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Don Calléjas, qui voulait livrer un assaut à Quantîa, le 19 février, fut obligé de le suspendre après un combat de six heures. Llano leva le siège d'Izucar , et joignit Calléjas le 3o mars : il battit dans sa marche quelques détachemens de guérillas 5 mais Morelos reçutégalement des renfortsàQuantla, et déploya pour défendre la ville tous les moyens et toutes les ressources de la tactique militaire.
Calléjas dit , dans une lettre datée de son camp
sons Quanlla, le i5 mars 1812, et adressé à im ami qui en donna copie à mon prieur : ce Nous :>^ précipiterons cette ville au centre de l'enfer , 35 quelques pemcs qu'il nous en coule. L'enlhou- 35 si-^sme de ces révolutionnaires est sans exemple ; 35 Morelos leur donne ses ordres d^un air inspiré, » prophétique ; et, quelqu^ils soient , ils sont tou- 33 jours aveuglément exécutés : nous entendons 33 souvent les habitans jurer qu'ils s'enseveliront 33 sons les ruines de la ville , plntôt que de la ren- 33 dre^ et, pour prouver qu'ils ne craignent pas le 35 péril , ils dansentméme autour des bombes prêtes 33 à éclater (42). 35
Quantla est situé dans une plaine : toutefois cette ville est un peu élevée et domine les environs. Elle fut mise en état de défense par Morelos ,/qui trouva tous les habitans^ ainsi que son armée, prêts à seconder ses desseins. Le siège, cependant, se faisait dans les règles 5 et les provisions commençant à manquer , Morelos ordonna une sortie , pour protéger les guérillas qui voulaient introduire des vivres dans la ville. D'après cet ordre, le prêtre N. Matamores , feld-maréchal et le colonel don Perdez, avec cent hommes à cheval, forcèrent la ligne espagnole, dans la nuit du 2.3 avril. Mais , le 27, les assiégés, unis aux guérillas, ayant attaqué, sans canon ^ le camp des Espagnols , furent vivement repoussés, et perdirent plus de mille hommes. Après un siège de soixante cinq jours, Morelos , la nuit du 2 mai, se décida à évacuer Quanlla, ce qu'on fit dans l'ordre suivant: Un corps d'infan- Iciie d'onze cents hommes composait Tavant garde, que suivaient trois cents cavaliers , précédant cinq mille lanciers et frondeurs Indiens ; la population de Qnantla était placée entre ces troupes • un corps de fusiliers formait V rrière garde.
A peine Caliéjas eut^il reçu Vayis delà retraite, qu'il ordonna l'attaque. Dans cette occasion, les uisorgcs, éprouvèrent de grandes pertes , surtout les habitans sans armes qui les accompagnaient. Quatre mille d'enir'eux périrent sur la route 5 Caliéjas prétendit dans son rapport à Ve'négas, quM n'avait perdu que vingt hommes et qu'une étendue de sept lieues était jonchée de cadavres Américains.
Morelos marcha cependant sur la ville de Chilapa , qu'il prit de vive force. Immédiatement après , il s'empara de Téhucan , a cinquante lieues environ de Mexico. Orizaba fut également obligée de se rendre aux indépendans , qui brûlèrent dans cette ville un magasin royal contenant des tabacs pour plusieurs millions. Morelos, le 2,5 novembre, fit le siège d'Antéquerra , capitale de l'intendance', J'Oaxaca , et la prit en cinq jours. Comme les gé-' iiéraux Palacios et Tenaco , les colonels Lopez et Armenta avaient été , dans cette ville , fusillés par les royalistes, Morelos fit exécuter, par représailles et à la même place, les généraux Gonzalès et Bonavia,les colonels Régul et Viilasante^ qu'on inhuma ensuite avec les plébéiens : tes r^^stes des chefs insurgés avaient été abandonnés sans sépultures 5 on les plaça dans un même cercueil , ils furent poités eu triomphe jusqu'à la cathédrale, et inhumés dans le même tombeau.
Acapulco ne tarda pas à tomber au pouvoir de Mondes , qui , alors , jeta plusieurs corps de guérillas , entre la Puebla , Xalapa et la Yera-Cruz, interceptant, par ce moy^n, toute communication directe ou régulière entre ce port et Mexico,
Tandis que le prêtre insurgé obtenait ces succès, ime partie des troupes de l'avocat Rayon , repous-
sées à Tattaque de Toluca , se perlèrent à Tenango, petite ville située sur une éniineuce , à liuil lieues environ à Touest de Mexico, et roccupèrent. Des batteries couvraient le haut de la montagne ; mais les royalistes , conduits par don A. Bustamente , les tournèrent , prirent la ville, en juin i8iî2, et fusillèrent tous les prisonniers qu'ils y firent.
La junte mexicaine se retira de Zullepec le 5o août, accompagna les troupes commandées par Rayon , et séjourna toujours dans la ville la plus voisine de cette armée. Mais , à dater de l'époque dont il s'agit, jusqu'à l'année suivante, l'historique de cette guerre offre peu de faits remarquables. Souvent , des deux côtés , le défaut de moyenç hostiles , surtout celui d'ensemble , et une égale lassitude , ayant produit des espèces de trêves, la " révolution des Mexicains fut obligée de demeurer stationnaire , comme celui qui en trace l'esquisse.
Yers la fin de 1812 , don J. M. Toledo , Tun des membres l'es plus actifs de cette députation que r Amérique envoya aux Cortès comme représentans du peuple, s'étant rendu à Washington , y rencontra le colonel Gniierrez, venu de Mexico pour implorer les secours des Etats-Unis. Toledo et lui enrôlèrent quelques Américains du Nord , disposés à aider leurs frères, et ils les emmenèrent dans les provinces internas occidentales, où leur nombre s'accrut de plusieurs guérillas.
Ils obtinrent d'tibord des avantages importans , et prirent même la capitale du Texas , Santantonio de Bojar^ mais Arredondo, commandant des provinces orientales, les battit en juillet 18 «3, et dispersa totalement ses troupes. Le représentant Toledo retourna aux Etats-Unis.
Le 20 décembre , même année , Morelos alta-
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( 154 ) qua Yalladolid, qui venait d'être renforcée d^ine division commandée par Llano : le général indépendant fut forcé de Lattre en retraite sur Pararan, a vingt heues de Yalladolid. Llano le poursuivit et 1 atteignit le 7 janvier 1814 - ie combat s'engagea une heure avant le point du jour , et, par une erreur bien fatale de Tarmée mexicaine , deux d« ses corps d'élite se trompant dans l'obscurité , combattirent l'un contre l'autre. Lorsque le jour parut ils reconnurent leur cruelle méprise 5 mais Il était trop tard : l'Espagnol profita de la surprise et de la consternation des insurgés, et les défit complètement. Matamoros , lieutenant général, tomba en son pouvoir avec environ sept cents hommes : Matamoros lui-même avait pris cinq, cents Espagnols un mois auparavant , et les avaient envoyés à Acapulco ; Moreîos les offrit en échange pour son r.mi 5 mais cette offre fut re jetée: Matamoros , avec les sept cents patriotes pris par les royalistes, furent assassinés dès le jour même... Morelos indigné, fit mettre à jnort , par représailles les cinq cents Espagnols prisonniers à Acapulco.
Eière d'une telle victoire , l'armée d'un roi , qui se trouvait alors mon camarade d'infortune eut plus d'activité , offrit bientôt quatre fortes divisions, expulsa peu à peu, de cette partie du Mexique, tous les indépendans , et reprit même Acapulco 5^ mais les fortifications en avaient préalablement été détruites parles habitans patriotes.
Liceaga parvint pourtant à se fortifier près dulac Chapula, d'où il repoussa plusieurs fois les royalistes. Morelos, Casteja , Rayon , le docteur Cos et quelques autres généraux, obtenant de nouveau des avantages partiels, ranimèrent l'espoir des partisans de l'insurrection , qui s'étendit, pour la troisième
( i55 ) fois , dans les deux intendances de Mexico et de Valladoiid.
A la junte nationale succéda un congres, qm commença ses sessions à Cliilpansuiigo , à trente lieues au' sud de Mexico , et s'assembla depuis à Harios , à quarante-cinq lieues de cette capitale. Ce congrès déclara le gouvernement du Mexique indépendant, et créa un pouvoir exécutif composé de Liceaga , N. Cos et Morelos, le général en chef.
Tout finira dans ce pays et dans bien d'autres , par obtenir Tindépendance, par être libre ; et moi?.,.— Consolez-vons par l'espérance du bonheur de vos frères ; car votre moiesi personnel... --Parbleu 5 je le sais bien, moi est l'alpha et l'oméga, la rédaction et le centre de l'univers pour l'égoïste.*.
— Le moi est haïssable, a dit Pascal : j'ajouterai que la civihtédoitle cacher et la religion l'anéantu'.
— Fort bien 5 mais si Pascal et vous, monsieur, eussiez été ainsi que moi , entre des griffes incpisitorales , pire que celle des jésuiteê qu'il n'aimait guerre et que vous n'aimez pas peut-être vous auriez dit sans doute : Seigneur protégez-mof/
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