‹ Mémoires de Billaud-Varennes, ex-conventionnelChapitre 70 sur 74 · CHAPITRE XXXY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXY

Le roi Joseph. — Note diplomatique.

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5> MoRENO - Daoiz , continue Calléjas, n'a pu agir contre les révoltés, parcequ'il lui manquait le cor[)s de troupes employé à l'escorte de l'argent que j'ai fait passer à Yéra-Cruz , en novembre dernier. ( Pourquoi le dénoncer alors ? ) Le brigadier dou Mijarez garde toujours ce corps nombreux , mal-

gré la promesse formelle de nous le renvoyer : quoique cet officier ait sous ses ordres une force considérable , force qui s'accroît chaque jour par les délacliemens qui se joignent à lui dans les lieux où il passe , et quoique les rebelles aient effectué leur retraite Je/ Pueuie-del-Rsyy il n'en veut pas moins conserver les troupes de Daoiz, comme une escorte pour lui-même...

» Y. E. recevra également la dernière dépêche de Miygarez, ainsi que ma réponse^ dans laquelle j'ordonne que les troupes soient envoyées sans nul retard pour protéger les villes d'Orizava et Cordova , où sont déposés les tabacs appartenant au Roi et formant aujourd'hui le principal trésor. Par une copie de mes ordres, V. E. verra mes observations sur le plan proposé par Miygarez ^ de construire sept forts dans l'espace de 22 lieues entre la Yéra- Cruz et Xalapa. J'entrevois que ces forts ne pouraient exister dans la saison des pluies, car la terre devient alors marécageuse , les troupes n'y pourraient tenir, et, de plus, si le plan de Migarez, était exécuté, tous les détachemens, ainsi disséininésà de grandes distances les uns des autres, seraient hors d'état de poursuivre les rebelles avec succès , ou d'arriver à lems pour protéger la côte, si elle éprouvait une attaque , comme on doit s'y attendre.

35 La nouvelle Orléans, d'après le bruit public, a déjà revu Toledo, accompagné des commissaires et des officiers de tous grades , nommés par le pre mier congrès pour une autre expédition que i'oî destine àenvahirlesprovincesintérieures.Onditqu Toledo n'a pas eu le courage de se mettre à la tête des troupes qu'il avait postées aux environs de Véra-Cruz, et qu'il est retourné, par Piedra de

ou

la

( i8o ) Boquiîla, au devant des renforls que lui envoie la nouvelle Orléans.

(( J'informerai aussi Y. E. que j'ai des nouvelles du nord de rz\mérique, relatives à l'arrivée de Josepk Bonaparte à Washington , à la conduite du peuple des Etats-Unis et à la politique de leur gouvernement , qui parait disposé à seconder la révolution dans nos contrées : on aie parle en outre des plaintes faites par don Onis , notre ministre, plaintes suivies d'une explication assez satisfaisante du président 5 ma lettre à don Onis, en réponse à la sience sur le même sujet, va être mise également sous les yeux de V. E. On ne peut se fier beaucoup au cabinet de Washington^ intéressé à une émancipation de ces provinces, et désireux d'y voir adopter un gouvernement modelé sur le sien. Je répète à V. E. qu'il est d'une absolue nécessité d'envoyer des croisières sur les côtes de Véra-Cruz, et des forces de terre, ainsi que des habillemensj ceux que l'on Tait ici coûtent fort cher et durent peu 5 Y. E. peut sans doute obtenir facilement 5 de l'Angleterre ce qui est nécessaire à cet égard : il faut au^si que nous soyons préparés convenablement^ dans le cas où la faction du nord de l'Amérique voudrait réaliser l'invasion qu'elle médite,

« Le commandement des provinces intérieures occidentales, don N. Arredondo , m'a informé dans une lettre, en date du i3 novembre i8i5, que sur les bords de la rivière Sabinas, comme »ur les frontières de ces provinces, il existe des baudt's de révoltés^ et ces nouvelles se rapportent pariaitcmcDi à celle du ministre Onis, Don Arredondo me prévient que les provinces de son comîiiaMuement sont sans déjtnstj et qu'il n'y peut remédier par ^es faibles ressources. Malgré tous le*

secours que je Im ai donnés, mali^ré Texlrume at* Ion lion que jo [)one à tous les détails, les dépenses (îe mon armée excèdent de beaucoiip les moyens <ln trésor : V. E. connaiua les mesures que j'ai du prendre. >5

( Outre Tin cohérence qui régne dans toute la lettre, traduite mot pour mot , il y a de l'obscurité dans la dernière plirase , et cependant, c'est une dépêche secrète. )

« Mais je ne puis faire cesser la position deplo^ rable de celle vice-royauté : depuis la r6?Vo/w^f0^2, Pautorité du roi est fort loin d eire soutenue avec vigueur, et le relâchement ga^>ne de jour en jour , toutes les classes de la société... Le fait suivant en est la preuve : Arredoudo avait besoin d'uii millier de fusils ; je ue pouvais les lui fournir, parce que ceux que Ton fabrique ici ne sufosenl pas même poiu' réparer nos pertes cq ce genre... En conséquence , j*ordonnai à don J. de la Gruz, commandant de la Nueva Gaiicia , qui avait reçu depuis peu quatre mille fusils , d'eu fournira Arrédondo; il n'a jamais exécuté mes ordres.

3> Dans cette situation , à moins que les frontières, ou la côte, surtout, ne soient promi)iement attaquées , que les Américains du nord ue se montrent ouvertement en faveur des> rebelles, ou que J. Bonaparte et son parti ue possèdent assez d'argent pour réaliser leur projet (47) , je ne vuis pas qu'on puisse craindre, pour le moment , que l'autorité du monarque soit renversée^ car, depuis l'emprisonnement de Morelos, à l'excepiiou du district de Puebla, où les chefs des rebelles se réunissent, tout le pays jouit d'un certain calme, Nous sommes touieibis entoures d'innombrables bandes qui, souvent, interceptent toute communication et qui arrêtent les travaux de îa culture ^

du commerce et des mines, si nécessaires à la prospériié de ces conliées. Ces bandes ne sont pas assez, fortes pour battre ou repousser des troupes régulières , enlever des convois, prendre des villes ; mais nous iiianqnons des forces nécessaires pour les détruire, quoiqu'elles soient souvent battues, liarcelées et punies sévèrement, lorsqu'elles se hasardent à tomber en notre pouvoir, comme les gazeites ci-jointes en instruiront V. E.

35 Dieu la conserve.

F. Gallëjas.

« Mexico, 3i décembre 181 5.

il:

Suit la note diplomatique du congrès mexicain , fldiesbe'edeTéhuacâu au général de r armée Espagnole :

ce Les hasards de la guerre ont mis entre vos mains, le 5 du mois courant, don Moreîos , lorsqu'il voulait protéger la retraite de la représentation nationale. Ces représentans avoueront qu'ils craignent que Y. E. ne veuille respecter ni la vie ^ ni Je caractère de cet illustre Américain : nous savons que Y. E. regarde cette guerre comme la révolte odieuse de q\ielques misérables , et non comme la volonté spontanée, générale d'un peuple qui se lève contre une longue tyrannie. Yous n'avez rien omis ^ rien négligé pour ne donner aux nalions civilisées que cette injuste idée de notre révolution, quoique la continuité de cette guerre, le cri universel et la persistance des peuples qui réclament leur liberté , contredisent sans ces$e luie semblable assertion.

y) Néanmoins ces rcprésenluns tralùraient kur lievoir , s'û ne pi iaunl Y. E. de con^crvei la précieuse vie Je Moielos , qiû est en même run des héros de T Amérique et l'un des membres du contzrès national : nous conjnrons V. E. au nom de cette nation et en considération des cruelles souffrances que cette 2;nerre nous a déjà causées, d'épargner les jours d'un guerrier célèbre et généreux,

y) INous vous faisons passer, ci-jointe, la proclamation que avons dernièrement fait circuler parmi les troupes du Mexique : nous croyons que Y. E. ;, qui , dans sa noie , du i4 dernier, au directeur P. Deiafonte , accordait la laveur de rindulto à don Rocainz , voudra bien écouter , dans ia présente occasion , la voix de la jnsiice et de rhumanlté ; nous espérons qu'elle cessera désormais de répandre le sang des habitans de ce pays : la désolation , la mort, régnent de toutes

parts..,

yy Nous avons constamment fait preuve de modération. Réfl-écliissez au crime que vous commettriez , en attentant à la vie de don Morelos : sa mort serait un funeste présage pour vous et pour votre parti. Songez aux hasards de la guerre! refléchissez aux vicis^iitudes humaines , à celles des empiresl Examinez notre position et nos ressources ! tremblez et craignez la vengeance !...

y> En vous montrant cruel , quel serait voire dspoir , si la fortun<î vous faisait tomber entre nos mains ? nos prisonniers auraienl-ils le droit d'itnplorer notre clémence ? voulez-vous nous forcer à nous repentir aujourd'hui de cette modéraûon que nous témoignâmes sans cesse ? songez en Bu que vous et soixante mille Espagnols répondez de la moindre injure qui serait faite à Morelos, Il est ch«r au-delà de toute expression aux fidèles Amé-

Ticams , et votre conduite envers lai ne pourra elre vue avec indifférence , même par ceux qui ne seraient que sinipks spectateurs de nos corn-

■ mis.

B. N- L. J, Sotero de Castenada , Pre'sident dn congrès,

>5 L. X. Alas ,

Président du gouvernement»

y> M. Ponce de Léon , Président de la Cour Suprême.

» Téhuacan, 17 novembre i8i5. »

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