‹ Mémoires de BoulevardChapitre 16 sur 34 · II. — Haydn · texte numérisé non relu

II. — Haydn

Puisque ce grand musicien est en train de faire son trou à Paris, nous raconterons en quelle circonstance la Symphonie d' adieu fut composée.

L'empereur d'Autriche fit savoir à son maître de chapelle Haydn, que la situation de la cassette impériale ne lui permettait plus de garder sa chapelle.

Trente pauvres musiciens se trouvaient congédiés. Haydn demanda la faveur d'organiser uii dernier concert.

Toute la cour voulut assistera cette soirée d'adieux de la chapelle impériale.

L'empereur était au premier rang.

Haydn prit sa place à la tête des musiciens, donna le signal , et tout l'orchestre entonna une mélodie mélancolique; puis, après quelques mesures, les contre-bâssistes éteignirent leurs bougies et s'en allèrent ; à mesure que la symphonie s'avançait, les musiciens déposaient leurs instruments et quittaient la salle de concerts; la mélodie s'affaiblissait de plus en plus; et, à la fin, Haydn, demeuré à sa place, saisit un violon, et joua seul le motif que tout l'orchestre avait exécuté au commencement de la

LES CONCERTS POPULAÎRRS 107

symphonie. Puis, le grand mîdtre salua l'empereur et prit son'chapeau.

— Haydn! s'écria l'empereur, où ailez-voua t

— Sire! dit le compositeur, je vais rejoindre mes enfants.

^- Non, restez tous! fit l'empereur, votre départ laisserait un trop grand vide dans mon âme ! Ah ! si vous saviez ce que j'ai soufiert en voyant ces pauvres artistes s'éloigner les uns après les autres!

La tradition est restée en Allemagne ! Quand on joue la Symphonie d'adieu, les musiciens s'en vont un à un , et rien ne peut donner une Idée de l'impression que produit sur l'auditoire cette agonie d'une mélodie.

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