LES ACTRICES RÉUNIES
Reste à savoir si les valeurs de cette Compagnie seront cotées à la Bourse. ^
Un jeune auteur faisait la cour à une jeune actrice... pour un autre motif que le bon.
La jeune actrice ne dit ni oui ni non! Elle se contentait de sourire et de renvoyer l'amoureux au lendemain.
Au commencement du troisième mois, le vaudevilliste s'impatienta.
— Voyons, ma chère enfant, dit-il, expliquonsnous. Vous faut-il de l'or?
— Non.
— Voulez-vous que je vous mette dans vos meubles?
— Non.
— Alors, finissons-en ! Mettez-moi enfin dans les vôtres.
Deux amis se rencontrent dans un café aux environs de la Bourse.
— Comment vont les affaires? dit l'un.
— Très-mal ! répond l'autre d'une voix faible.
— Comme vous êtes pâle !
— J'ai perdu à la dernière liquidation toute ma fortune.
— L'argent ne fait pas le bonheur.
— C'est vrai ! le principal, c'est de rester un honnête homme !
— Et encore !
Dans la succession d'un acteur de la banlieue, on a trouvé les Mémoires âfun galant homme y dont nous extrayons le passage suivant :
u 19 février 1859. — J'ai été bien malheureux au-
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jourd'hui. Chaque jour, je perds une illusion! mes rêves! La comtesse F... ne manquait pas une représentation depuis trois mois... j'avais cru remarquer que je ne lui étais pas indifférent... Et moi, j'aimais cette femme d'un amour insensé... Après trois mois d'angoisses et de tortures, j'ai enfin osé me présenter chez elle... mon cœur battait avec violence. . . La femme de chambre m'a introduit dans le salon... meublé avec grand luxe... Au bout d'un quart d'heure d'attente, la comtesse parut... Qu'elle était belle!... Elle s'assit près de moi et mes genoux frôlaient sa robe... Je saisisses mains... Je tombai à ses genoux, que je couvris de baisers... enfin j'osai lever mes yeux sur elle, et mon regard rencontra le sien... Oh! ce fut un instant de douce félicité... Je pouvais me croire aimé... je me crus aimé... Eh bien, non! Cette femme ne m'aimait pas, car... je lui ai demandé cent francs, et elle me les a refusés !
— Voyez-vous ce jeune gas qui marche les deux pouces dans les entournures de son gilet ?
— Oui.
— Eh bien ! il est heureux. Hier, après une lutte
de six mois et quelques heures, il a enfin triomphé
de la résistance d'une femme mariée, d'une femme
du monde , je dirais même du meilleur monde , n'était la crainte de la compromettre.
Quand la pauvre victime se vit perdue, elle eut un moment de désespoir affreux.
— Oh! monsieur l s'écria-t-elle, je suis déshonorée ; vous êtes un misérable 1
— Calmez-vous... Calme-toi...
— Jamais ! Moi qui avais fait un serment solennel I
— Un serment ! à votre mari?
— Oh ! non, pas à lui.
On demandait à mademoiselle A...
— B... vous a donc quittée? .
— Lui? Mais, au contraire, c'est moi qui l'ai lâché.
— Pourquoi ?
— Que voulez-vous. . . il fallait bien que ça finisse. . , C'est un garçon impossible... une espèce d'original... il ne peut pas s'habituer à être trompé!
On causait d'un individu bien connu, qui a amassé quelques millions à la Bourse et ailleurs, en exécutant des tours de force sur cette corde roide qui est tendue entre la société et la police correctionnelle.
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— X,,. s'est retiré des affaires, disait- on, il se range... d'ailleurs, il se fait vieux... son fils va avoir treize ans.
— Treize ans! fit Barrière, mais alors il va bientôt faire sa première... escroquerie.
Un de nos plus aimables viveurs s'est marié la semaine dernière.
Ce garçon avait successivement dévasté tous les cœurs des théâtres , sans qu'il se fût arrêté plus de vingt-quatre heures à la même fleur, comme disent les poètes.
Mais il fallait faire une fin.
On le présenta dans une bonne maison bourgeoise. Il plut à la demoiselle ; on fit venir le notaire; on passa à l'église, et tout fut dit.
Le lendemain des noces, le jeune mari, qui avait déjà oublié la cérémonie de la veille, entra, le chapeau sur la tête et le cigare à la bouche, dans le boudoir de sa femme, l'embrassa tendrement et dit ;
— Adieu, ma chère enfant! quand nous rêverrons-nous ?
Parmi les gentilshommes de carton qui embellissent le trottoir du boulevard des Italiens, il en est
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un qui vit au jour le jour d'un rêve, d'une -espérance, d'un emprunt, d'une parole d'honneur donnée et oubliée en un tour de main.
On l'appelle : Don césar de mazas.
Cette fleur future des prisons cellulaires eut l'autre jour une affaire dite d'honneur, dans laquelle il déploya une énergie rare.
C'est lui-même qui raconte :
— Donc, disait-il, j'avais échangé ma carte avec un polisson, et j'attendais ses témoins. Comme^ il m'avait menacé de venir m'apporter des soufflets à domicile, je pris quelques précautions, et j'étais résolu de défendre mon domicile avec toute la vigueur que vous me connaissez! Je rentrai chez moi, et je dis à ma femme : <* Rentre dans ta chambre à coucher, et quoi que tu entendes , ne bouge pas. » Ma femme obéit. Ensuite je dis à ma belle -mère : «< Faites-moi le plaisir de rejoindre ma femme, et restez auprès d'elle. Dans une demi-heure quelqu'un viendra me voir... vous entendrez le bruit d'une lutte... ne bougez pas! » Ma belle-mère obéit. Vous comprenez qu'il fallait, avant tout, me débarrasser des femmes.
— C'est très-juste!
Don César de Mazas continua ainsi :
— Resté seul dans mon cabinet, je décrochai un
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sabre qui pendait au mur, je tirai la lame du four- , reau et je la mis sur la table ; puis je chargeai mes deux revolvers à huit coups. et je les plaçai également sur la table... Tôtai ma redingote qui aurait gêné mes mouvements dans un moment critique de la bataille... Ces préparatifs indispensables terminés, je sonnai ma bonne...
— Et vous l'envoyâtes auprès de votre femme !
— Je sonnai ma bonne, et je lui dis : Louise,
écoutez bien ceci : Si un étranger se présente et demande à me parler, vous direz... que je suis sorti !