CHAPITRE X
Tilsit. — Mittau. — Accueil brillant dans cette ville. — Départ pour Riga.
Ma femme eut le plaisir de trouver à Tilsit son oncle, le surintendant ecclésiastique Rappe, qui l'avait élevée dans son enfance, après la mort de ses parens. La joie de ce bon
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vieillard fut encore plus grande en voyant si inopinément dans ses bras son ancienne élève, et surtout en la voyant heureuse comme épouse et comme mère. Nous passâmes quelques jours très agréables dans sa société et dans celle de sa famille; mais la nécessité nous contraignit aussi de faire nos adieux à ce respectable ami. Dès que nous atteignîmes les frontières de la Courlande, je remarquai dans les auberges des dispositions toutes différentes de celles que j'avais observées jusqu'ici, et qui formaient un contraste bien frappant avec ce que j'avais vu dans la Poméranie et dans la Prusse. Ces dispositions me convinrent beaucoup ainsi qu'à ma famille ; nous fûmes bien surpris de voir que sous des toits de chaume on recevait les voyageurs dans des chambres tapissées ou proprement peintes, dans chacune desquelles se trouvait un lit propre, avec une couverture d'indienne ou de soie, des draps, des rideaux de fenêtre , des chaises rembourrées, et d'autres meubles de bon goût. Les aubergistes, qui nous reçurent partout très poliment, nous servirent, quand nous demandions quelque chose à manger , plusieurs plats choisis que l'on n'aurait pas pu s'attendre à trouver apprêtés avec plus de délicatesse dans